![]() La communication s'avère essentielle lors du transfert de soins d'un patient
Un article d'intérêt pour les médecins qui transfèrent ou qui acceptent des patients Un homme de 38 ans est admis au service des urgences pour un saignement gastro-intestinal supérieur important. Comme on soupçonne la présence d'un ulcère gastroduodénal, le patient est dirigé vers le Dr A, chirurgien de garde. Celui-ci procède à une gastroscopie, mais n'arrive pas à identifier la source exacte de l'hémorragie. Il demande conseil au Dr B, chirurgien dans un hôpital de soins tertiaires situé à proximité. Selon le Dr B, le patient a probablement une lésion du bulbe duodénal avec saignement intermittent. Il suggère de procéder à une intervention chirurgicale. Le Dr A effectue une pyloromyotomie et une gastrotomie mais n'arrive toujours pas à poser un diagnostic définitif. Comme l'état du patient se détériore, le Dr A décide de transférer le patient à l'hôpital de soins tertiaires, où le Dr B. procède à une gastroscopie et pose un diagnostic préliminaire de lésion de Dieulafoy, une condition rare. Le Dr B n'étant pas de garde pendant la fin de semaine, il transfère les soins du patient au Dr C, un chirurgien sénior de garde. Ce dernier n'est toutefois pas informé par le Dr B du diagnostic, ni du plan de traitement. Au cours de la fin de semaine, le patient recommence à vomir du sang et son état se détériore subitement. Le Dr C prescrit une fluoroscopie au Gastrografin afin de déterminer la possibilité d'une fuite ou d'une perforation, mais n'ordonne pas une deuxième gastroscopie comme indiquée par le Dr B dans le plan de traitement. Le patient a malheureusement un arrêt cardiaque en salle de radiologie, et il n'est pas possible de le réanimer. L'issue judiciaire
Dans sa décision, le juge a noté qu'en raison du diagnostic qui avait été posé, du risque élevé pour le patient, et de la nature du plan de traitement, il y avait une forte probabilité que le patient nécessiterait une surveillance étroite et une chirurgie appropriée. Il incombait donc au Dr B de prendre toutes les mesures raisonnables nécessaires pour que l'anamnèse du patient soit communiquée au Dr C et pour que le plan de traitement soit suivi. En expliquant le fondement de sa décision, le juge a déclaré qu'en raison de ces omissions, le Dr B n'avait pas respecté la norme de diligence à laquelle on pouvait raisonnablement s'attendre d'un médecin prudent. Par ailleurs, il a indiqué que le Dr B avait envers le patient le devoir d'assurer sa sécurité pendant son absence. Il y a donc eu non seulement omission de la part du médecin, mais aussi manquement au devoir de diligence lors du transfert, devoir fondamental envers le patient. Le transfert de soins nécessite des mesures appropriées Ce cas souligne l'importance de la communication lors du transfert de soins à un autre médecin. Songez aux questions suivantes :
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