La communication avec le patient en cas de préjudiceView this page in english
Divulgation d'événements indésirablesPDF VersionIntroductionTerminologieFoire aux questions
 
La divulgation: la voie à suivre First things first: Attend to clinical carePlanification de la divulgation initialeRencontre de la divulgation initialeAnalyseDivulgation subséquenteListe de vérification pour la divulgation

CONSEIL IMPORTANT
DE L’ACPM :

Depuis de nombreuses années, l’ACPM encourage ses médecins membres à discuter dès que possible avec leurs patients de l’occurrence et de la nature de résultats cliniques défavorables, y compris les événements indésirables. Toutefois, ce conseil a parfois été confondu avec la recommandation de l’ACPM de limiter les communications directes avec les patients après qu’une action en justice ait été entamée. Si un patient a amorcé une action en justice, toute communication avec lui ou sa famille doit être effectuée par l’entremise d’un conseiller juridique désigné par l’ACPM pour vous aider.

Si vous prenez connaissance d’une action en justice, vous devez toujours pour vous assurer de recevoir de l’aide.

 

 


Introduction

L’importance de limiter les préjudices et de fournir d’autres
soins dont pourrait bénéficier le patient

Après un événement indésirable, les
patients ont des besoins cliniques

Répondre aux besoins cliniques. Évaluer et corriger les problèmes de sécurité. Remédier au préjudice ou le limiter. Songer à qui devrait continuer la prestation des soinsLa principale priorité à la suite d'un événement indésirable consiste à prendre soin cliniquement du patient et de le rassurer que l'on répond à ses besoins.

Prenez en compte les étapes suivantes :

Évaluer et corriger tous les problèmes de sécurité en cours concernant le patient ou toute autre personne

Rendez le milieu sécuritaire. Veillez à protéger votre patient, les autres patients et le personnel si un risque immédiat subsiste en matière de sécurité (p. ex., remédiez à tout risque biologique ou problème lié au matériel). Vous aurez peut-être besoin de l’aide d’autres intervenants de votre environnement clinique, y compris de celle de la direction ou de la gestion.

Essayer de remédier au préjudice ou d’en limiter la portée pour le patient

Après un événement indésirable, vous devriez vous préoccuper avant tout des soins à donner au patient. Occupez-vous de tous les problèmes de santé immédiats et urgents. Soyez présent pour votre patient - il a besoin de savoir que vous vous consacrez totalement à ses soins et à ses besoins.

Évaluer si vous êtes la bonne personne pour continuer la prestation des soins

Selon la qualité et la durée de votre lien professionnel avec le patient, le présent état clinique et la disponibilité de vos collègues et d’autres ressources, il serait peut-être préférable de laisser autres personnes continuer la prestation des soins.

Transférez les soins à un autre médecin dans les cas suivants :

  • Le patient en fait la demande ou le préfère;
  • L’état du patient nécessite des soins que vous ne pouvez pas fournir;
  • Vous êtes d’avis que votre propre état émotif pourrait nuire à la prestation des soins requis à ce moment.

Posez-vous les questions suivantes :

  • Avez-vous l’expertise nécessaire pour fournir les soins subséquents dont votre patient a besoin?
  • Quelle pourrait être la perception de votre patient si d’autres complications survenaient malgré vos compétences et les efforts déployés?
  • Dans les circonstances, votre propre état émotif et votre niveau de stress pourraient-ils nuire à la prestation de soins adéquats?

Les raisons justifiant le transfert à un autre médecin devraient être discutées avec votre patient afin qu’il n’ait pas l’impression d’être abandonné. Ainsi, votre patient comprendra que cette mesure est prise pour son bien. Il pourrait aussi s’avérer utile de présenter au patient le médecin qui s’occupera de lui. Facilitez le transfert en discutant des détails cliniques avec votre collègue, ainsi qu’en remplissant et remettant les dossiers médicaux.

Les administrateurs et les autres médecins ont un rôle important à jouer afin de faciliter l’accès opportun aux soins, notamment en ce qui a trait aux investigations cliniques, aux traitements, aux consultations et aux transferts. D’autres médecins peuvent considérablement aider le patient et la profession en prenant en charge ces situations souvent difficiles.

Se préparer à l’avance

Anticipez les prochains soins dont le patient aura besoin en fonction de son état clinique actuel. Lorsque cela est possible et n’entraîne pas de retards importants, il peut s’avérer utile de prendre provisoirement des dispositions pour obtenir les investigations, les traitements, les consultations et les transferts appropriés avant d’en discuter avec le patient. Expliquez au patient quelles sont vos recommandations pour traiter son état actuel, y compris les autres traitements possibles ainsi que les risques et les avantages d’autres investigations et traitements. Il s’agit d’une discussion visant à obtenir un consentement éclairé sur les soins subséquents. Répondez à toutes les questions liées aux traitements proposés. Cette discussion pourrait mener à la modification du plan suggéré.

Restez en étroite communication avec le patient et, si ce dernier y consent, avec sa famille afin de les tenir au courant de l’état clinique du patient, des résultats des autres investigations et de la progression des traitements subséquents.

Les patients ont des besoins émotionnels à la suite d’un événement indésirable - Fournir un soutien émotionnel

La survenue d’un mauvais résultat imprévu créera du stress chez votre patient et sa famille.

Les patients doivent ressentir qu'on les écoute. La perception que le médecin ou tout autre professionnel de la santé fait fi de leurs préoccupations, notamment si un événement indésirable survient subséquemment, est souvent à la source d'une plainte.Les patients et leurs familles peuvent éprouver toute une gamme d’émotions à la suite d’un événement indésirable, quelqu’en soit la cause. La plupart du temps, ils sont préoccupés par ce qui peut être fait pour améliorer la situation immédiate et par ce que le futur leur réserve. La surprise que crée un événement indésirable peut faire place à de la frustration, de la méfiance et de la colère. Certains patients peuvent se replier sur eux-mêmes. Ils peuvent se sentir vulnérables et être préoccupés par l’accessibilité aux soins à venir. Les familles et même les patients peuvent, à tort, éprouver un sentiment de responsabilité ou de culpabilité en regard de ce qui s’est produit.

Ces sentiments peuvent être amplifiés si le patient se sent abandonné ou a l’impression que les professionnels de la santé manquent d’empathie ou dissimulent les faits.

Afin d’offrir les meilleurs soins possibles, il faut essayer de répondre aux besoins émotionnels du patient et de sa famille :

  • Assurez-vous que vos patients savent qu’ils peuvent compter sur vous. L’objectif consiste à favoriser la guérison et à rétablir la confiance. Acceptez le fait que dans certains cas les patients et les familles peuvent demander qu’un autre médecin prenne la relève.
  • Tenez compte des besoins et des souhaits du patient, et prenez les mesures nécessaires pour lui offrir rapidement de l’aide et du réconfort. Outre vos efforts, les soins d’une infirmière, d’un travailleur social, d’un conseiller spirituel, d’un psychiatre ou d’un psychologue pourraient être utiles.
  • Offrez un soutien émotionnel pendant et après la période de soins.

Certains hôpitaux et établissements de soins ont élaboré des programmes de soutien officiels à l’intention des patients qui ont subi des résultats défavorables de toute sorte, dont les événements indésirables. La réussite de ces programmes repose sur des facteurs importants comme la diffusion de l’existence et de l’importance de ces programmes aux professionnels de la santé, la mise en place d’un processus de déclenchement simple, et la continuité du suivi et du soutien auprès du patient après le congé.

Documentation d’un événement indésirable

IMPORTANT : Après avoir pris connaissance d??un événement indésirable, ne modifiez jamais de quelque façon que ce soit les données existantes dans le dossier médical ou ce qui a été écrit auparavant.Le dossier médical constitue un outil important pour documenter les soins en cours et pour orienter les soins subséquents à prodiguer au patient. Il s’agit aussi d’une preuve importante si les soins font l’objet d’une plainte ou d’une action en justice entamée souvent plusieurs mois ou années plus tard.

Documentez méthodiquement les informations suivantes dans vos notes d’évolution :

  • La condition médicale actuelle;
  • Les discussions liées au consentement, les options offertes et les décisions prises par votre patient concernant les investigations cliniques, les traitements et les consultations ainsi que les justifications;
  • Tous les soins prodigués.

Si vous jugez que l’information dans le dossier médical n’est pas complète

Il peut s’avérer nécessaire d’ajouter de l’information au dossier médical si vous jugez qu’il n’est pas assez complet ou qu’il est incorrect. Ajoutez l’information pertinente dans un « addenda » aux notes d’évolution afin de fournir des précisions aux autres professionnels de la santé sur les soins prodigués. Un addenda devrait être clairement indiqué en tant que tel, daté et signé. Il devrait être factuel. Évitez d’élaborer des hypothèses ou de remettre en question des soins déjà prodigués. N’employez pas un langage intéressé et ne blâmez pas d’autres personnes.

Haut de la page

<<PRÉCÉDENTE | SUIVANTE>>

 

 
Avis d'exonération de responsabilité/Modalités d'utilisation
Le matériel didactique fourni ne sert qu'à des fins éducatives générales et ne constitue d'aucune façon des conseils professionnels, médicaux ou juridiques ni une « norme de diligence » professionnelle ou légale à l'intention des professionnels de la santé au Canada. Des divergences dans l'exercice de la médecine existent et peuvent s'avérer appropriées. Les suggestions présentées ne doivent pas être interprétées comme des règles à suivre en matière de prestation de soins aux patients et de communication avec les patients. L'emploi du matériel didactique de l'ACPM est assujetti aux dispositions susmentionnées ainsi qu'à de l'ACPM.