![]() Les difficultés du diagnostic d'une hémorragie sous-arachnoïdienne Le diagnostic d'une hémorragie sous-arachnoïdienne (HSA) peut s'avérer difficile, même lorsqu'un patient présente des symptômes classiques. Points à retenir
Dans le cadre d'une analyse de ses dossiers médico-légaux liés à une hémorragie sous-arachnoïdienne, conclus entre 1998 et 2010, l'ACPM a dénombré 44 dossiers dont 30 (68 %) étaient des actions en justice. Les 14 autres étaient des plaintes déposées auprès d'un organisme de réglementation de la médecine (Collège) ou d'un hôpital, ou des menaces d'action.
L'analyse révèle trois problématiques récurrentes :
Un homme de 61 ans, ayant des antécédents d'hypertension et de tabagisme, reçoit un coup de poing sur le côté gauche de la tête lors d'une agression. Il ne perd pas conscience et ne remarque qu'un léger mal de tête et une sensibilité à la tempe gauche. Douze heures après l'incident, il présente une céphalée sévère soudaine au côté gauche, associée à une paresthésie du bras droit et de la jambe droite ainsi qu'à des vomissements intermittents. Trente-six heures après l'apparition de la céphalée, il se présente à l'urgence d'un hôpital communautaire. Ses signes vitaux sont normaux, tout comme les résultats d'un examen neurologique détaillé et d'une investigation visant à déceler un méningisme. La céphalée disparaît à la suite de l'administration intraveineuse de métoclopramide et le patient reçoit son congé après avoir obtenu un diagnostic de commotion cérébrale. Le lendemain, il revient à l'urgence avec des symptômes semblables. Les résultats de l'examen neurologique sont toujours normaux et des antiémétiques ainsi que des liquides lui sont administrés par voie intraveineuse. Il reçoit un diagnostic de syndrome viral et de commotion cérébrale possible et son congé lui est accordé. Le soir suivant, le patient se présente de nouveau à l'urgence en raison d'une céphalée persistante. Il est alors pris en charge par un neurologue. Le matin suivant, une tomodensitométrie révèle une hémorragie sous-arachnoïdienne et le patient est transféré dans un autre hôpital sous les soins d'un neurochirurgien. De la nimodipine lui est administrée et une angiographie révèle trois petits anévrismes qui sont ligaturés lors d'une intervention chirurgicale ce soir-là. Trois jours après l'intervention, le patient devient confus et présente une pronation du côté droit. Une nouvelle angiographie par tomodensitométrie indique un vasospasme diffus. En dépit d'un traitement vigoureux, le patient demeure avec des déficits importants sur le plan cognitif et moteur. Un an plus tard, une action en justice est intentée, alléguant que le délai dans le diagnostic et le traitement ont contribué au résultat défavorable. Les seules parties nommées dans l'action sont les médecins du service d'urgence qui ont examiné le patient à sa première et à sa deuxième visite. Opinions des experts Les deux parties ont retenu des experts en neurologie, en médecine d'urgence et en neurochirurgie. Les experts du demandeur ont maintenu que :
Les experts de la défense ont observé que :
À la suite d'un long procès, le juge a conclu que les deux urgentologues n'avaient pas respecté la norme de pratique. Toutefois, le tribunal s'est rangé à l'avis des experts de la défense en convenant qu'une intervention chirurgicale et médicale effectuée plus tôt n'aurait pas indéniablement réduit le risque d'un vasospasme. L'action a donc été rejetée pour motif d'absence de lien de causalité. La causalité est l'action de causer un dommage ou un préjudice (action qui produit un effet). Pour déterminer la causalité en droit, le demandeur doit prouver l'existence d'un lien ou d'une relation de causalité entre l'allégation du manquement à une obligation (ou l'allégation d'une faute professionnelle au Québec) et le dommage ou le préjudice subi.
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