Sécurité des soins

Amélioration de la sécurité des patients et réduction des risques

Encore des problèmes téléphoniques

Publié initialement en hiver 1998 / révisé en janvier 2011 IL9830-3-F

Résumé

Un cas qui illustre l'importance d'obtenir suffisamment d'information au cours d'un appel téléphonique.

Un bébé de 10 mois a développé une fièvre et a été amené à l'hôpital où il a subi un examen complet, incluant une ponction lombaire. On a diagnostiqué une otite moyenne et commencé un traitement aux antibiotiques.

Il y a tout d'abord eu amélioration, mais environ une semaine plus tard, l'enfant a de nouveau développé une fièvre et, un samedi après-midi, a été amené à l'urgence de l'hôpital local où il a été vu par un pédiatre. Il y avait encore une inflammation de l'oreille et un antibiotique a été prescrit de nouveau.

Durant la soirée, les parents ont administré le médicament à l'enfant, mais après l'avoir ingéré, celui-ci a vomi un liquide rouge qui ressemblait à du sang. Les parents ont de nouveau appelé le médecin qui a relié le vomissement à l'infection de l'oreille.

Le lendemain, à midi, l'enfant a été ramené à l'hôpital : à ce moment, il était dans le coma et présentait des convulsions. Il souffrait d'une méningite. Le traitement a réussi à sauver la vie de l'enfant, mais il aura, de façon permanente, des séquelles neurologiques. Par contre, son espérance de vie n'est pas abrégée.

La poursuite a atteint l'étape du procès, où les parents ont allégué que l'enfant était léthargique lors de sa visite à l'urgence. Ils affirment qu'il était devenu de plus en plus « flasque » durant la soirée et qu'il avait été incapable de s'asseoir lorsqu'ils avaient tenté de lui administrer son médicament.

Le juge a conclu, à partir de l'opinion de médecins-experts, que si le médecin avait cherché à bien comprendre l'état de l'enfant durant l'appel, il aurait insisté pour le revoir. Le juge a affirmé que, pendant l'appel téléphonique, le médecin avait la responsabilité d'obtenir des parents les faits sur l'état de l'enfant et qu'il n'aurait pas dû se contenter qu'on lui rapporte un simple vomissement. Il a déterminé qu'on n'avait pas ici affaire à des parents qui réagissaient excessivement à chaque petite maladie et que le médecin aurait dû réagir de façon différente lorsqu'on lui a parlé de ce vomissement, avec ou sans présence de sang. Dans son jugement écrit, le juge déclare : « Je crois que si le Dr… avait posé des questions précises à Mme... pour savoir comment l'enfant dormait, s'il mangeait et quel était son état de conscience, on lui aurait parlé de sa léthargie et de son incapacité de s'asseoir ». Le juge a donné gain de cause aux demandeurs.

On retient de ce cas qu'il faut obtenir suffisamment d'information pendant un appel téléphonique de façon à pouvoir fournir un avis professionnel.


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