Sécurité des soins

Amélioration de la sécurité des patients et réduction des risques

Regard perçant sur les objets piquants et tranchants

Un article écrit par des médecins, pour des médecins
Publié initialement en mars 2004 / révisé en avril 2008
IL0410-1-F

Résumé

Il est important d'utiliser de bonnes méthodes d'élimination pour le matériel comme les objets piquants et tranchants.

 

Un article d'intérêt pour les médecins qui élaborent les procédures

Comme c'est le cas pour tout matériel utilisé dans un cabinet médical, un récipient pour objets piquants et tranchants n'est utile et sécuritaire que si l'on s'en sert correctement. Le cas suivant démontre le danger d'employer une méthode inappropriée pour la mise au rebut de tels objets.

Un médecin prescrit à des patients une intraveinothérapie administrée à son cabinet par des infirmières autorisées. Ces infirmières sont les employées d'une clinique dont le médecin est propriétaire.

Un jour, une infirmière insère un cathéter intraveineux, retire l'aiguille et maintient une pression sur le cathéter et sur le site de la ponction veineuse. Elle jette l'aiguille dans le récipient pour objets piquants et tranchants, mais ne l'entend pas réellement tomber au fond. Tout en maintenant une pression sur le site de la ponction veineuse, elle fixe le cathéter, commence la perfusion intraveineuse, puis cherche rapidement l'aiguille autour d'elle. Comme elle ne la trouve pas, elle conclut que celle-ci se trouve dans le récipient.

Une fois l'intervention terminée, le patient remet ses chaussures, qu'il avait placées sous la chaise, et rentre chez lui. Le lendemain, il téléphone à la clinique pour se plaindre qu'une aiguille se trouvant dans sa chaussure lui a piqué le pied. Le patient rapporte l'aiguille en cause dans un sac de plastique. À l'examen de son pied, on découvre en effet une plaie punctiforme. Le patient entame alors une poursuite, réclamant des dommages-intérêts pour l'anxiété dont il a souffert du fait qu'il ne connaissait pas l'origine de cette aiguille.

On a demandé à d'autres médecins effectuant des interventions semblables à leur cabinet d'émettre une opinion sur ce cas. Aucun n'a pu appuyer la procédure suivie. Le personnel infirmier n'a pu non plus appuyer cette procédure de l'infirmière. Par conséquent, le cas a été réglé hors cour en faveur du patient et le paiement a été fait par l'ACPM au nom du médecin membre.

Les leçons à tirer de cet incident sont les suivantes :

  • Il est important de confirmer que le matériel mis au rebut dans un récipient a été inséré adéquatement dans celui-ci. La recherche superficielle d'un article manquant sera probablement considérée comme une mesure inadéquate.
  • Un médecin n'est pas tenu d'effectuer la procédure personnellement pour être considéré responsable d'un résultat défavorable. Le principe de la « responsabilité du fait d'autrui » impute la responsabilité à l'employeur de la personne qui a causé un préjudice. On s'attend donc à ce que l'employeur a donné une formation adéquate à ses employés et que ces derniers effectuent leurs tâches avec la diligence appropriée.

 


AVIS DE NON-RESPONSABILITÉ : Les renseignements publiés dans le présent document sont destinés uniquement à des fins éducatives. Ils ne constituent pas des conseils professionnels spécifiques de nature médicale ou juridique et n'ont pas pour objet d'établir une « norme de diligence » à l'intention des professionnels des soins de santé canadiens. L'emploi des ressources éducatives de l'ACPM est sujet à ce qui précède et à la totalité du Contrat d'utilisation de l'ACPM.