Obligations et responsabilités

Les attentes des médecins en exercice

Lorsqu'il faut compter sur le personnel hospitalier

Un article écrit par des médecins, pour des médecins
Publié initialement en mars 2008
IL0810-2-F

Résumé

Les médecins peuvent compter sur le personnel hospitalier pour que chacun exécute les tâches respectives à leur fonction, mais ils doivent tout de même faire preuve de prudence.

Un article d'intérêt pour tous les médecins

Les médecins et les autres professionnels de la santé travaillant en milieu hospitalier comptent souvent les uns sur les autres lorsqu'ils donnent des soins aux patients. Par conséquent, lorsqu'un patient subit un préjudice découlant de ces soins, tous les professionnels de la santé impliqués risquent d'être nommés dans l'action en justice qui peut s'ensuivre. Les tribunaux examineront si chaque professionnel de la santé a rempli toutes ses obligations, si l'un d'eux y a manqué et si le préjudice en a découlé. Deux cas provenant des dossiers de l'Association viennent illustrer certains des principes qui se rattachent à de telles situations.

Cas no 1

Un pédiatre demande l'analyse des gaz capillaires d'un bébé né prématurément à 25 semaines. Pour augmenter la circulation périphérique, l'infirmière place le pied du bébé dans de l'eau qu'elle pense être tiède. Elle s'aperçoit par la suite que le pied est rouge, que des vésicules apparaissent plus tard et que la peau se desquame. Le pédiatre est informé de la situation. D'après son diagnostic, le bébé a subi des brûlures du deuxième degré sur trois à cinq pour cent de sa surface corporelle. Le médecin prescrit des liquides pour compenser les pertes, un narcotique pour la douleur, des antibiotiques et une physiothérapie. L'enfant est transféré aux soins d'un plasticien pour le traitement des brûlures. En bout de ligne, le bébé demeure avec un ongle très déformé au gros orteil, et aucun ongle aux autres orteils. Il a également des cicatrices considérables sur la surface dorsale des orteils et du pied.

En grandissant, l'enfant devient conscient de l'apparence de son pied et en est gêné. Une action en justice est intentée au nom de l'enfant, alléguant que la supervision et les soins du pédiatre étaient inadéquats et qu'il y a eu faute professionnelle de la part de l'infirmière. L'hôpital a dû régler cette cause avec le patient au nom de l'infirmière, le médecin ayant été libéré de l'action.


Cas no 2

Un patient subit une angiographie et une angioplastie effectuées par un radiologiste interventionnel pour le traitement d'un syndrome du vol de l'artère sous-clavière. La sonde normalement utilisée dans cet établissement n'est pas disponible, et celle qui est employée provient d'un fournisseur différent. Une fois le ballonnet avancé, il ne peut être correctement gonflé. La manipulation ne réussissant pas, le médecin questionne l'infirmière précisément au sujet de la gaine protectrice du ballonnet. L'infirmière lui répond que la gaine a été retirée, mais qu'elle est tombée au sol.

Dix jours après l'intervention, le patient retourne à l'hôpital se plaignant de douleurs au cou et à la tête. Une échographie révèle la présence d'un corps étranger dans la carotide interne droite. La gaine est retirée de l'artère au moyen d'une chirurgie, mais l'intervention est suivie de complications et le patient reste avec une cicatrice importante.

Un expert témoignant pour le compte du radiologiste déclare que la responsabilité de veiller à ce que l'équipement soit préparé adéquatement pour une intervention relève principalement de l'infirmière. Il est également noté que l'infirmière n'a pas informé le médecin qu'elle n'avait pas pu trouver la gaine qu'elle croyait avoir laissé tomber par terre. En dépit de cet oubli, l'expert estime que le fait que le médecin n'ait pas poussé davantage son investigation est un facteur contributif dans cette cause. L'ACPM a dû régler cette action au nom du médecin, et l'assureur de l'hôpital au nom de l'infirmière.

Le premier cas confirme le principe juridique voulant qu'un médecin est en droit de s'attendre à ce que les autres professionnels de la santé, y compris les membres du personnel hospitalier, s'acquittent correctement de leurs fonctions.

Le deuxième cas sert d'exemple des risques pouvant survenir lorsqu'une équipe travaille dans un milieu qui ne lui est pas familier ou avec de l'équipement qu'elle ne connaît pas bien. Dans cet exemple particulier, tous les membres de l'équipe avaient une part de responsabilité dans la détermination du mode d'emploi correct de la nouvelle sonde qu'ils ne connaissaient pas bien.


En bref

  • Chaque membre de l'équipe doit faire preuve de responsabilité et de responsabilisation, car il peut être tenu de rendre compte de son rôle dans l'équipe.
  • Les professionnels de la santé devraient considérer qu'il existe des risques associés au travail dans un nouvel environnement, avec du nouvel équipement ou avec de nouveaux membres d'une équipe.

AVIS DE NON-RESPONSABILITÉ : Les renseignements publiés dans le présent document sont destinés uniquement à des fins éducatives. Ils ne constituent pas des conseils professionnels spécifiques de nature médicale ou juridique et n'ont pas pour objet d'établir une « norme de diligence » à l'intention des professionnels des soins de santé canadiens. L'emploi des ressources éducatives de l'ACPM est sujet à ce qui précède et à la totalité du Contrat d'utilisation de l'ACPM.