Bien-être des médecins

Gestion du stress et maintien de la santé

Perspective médico-légale sur la santé et le bien-être des médecins : Lever les obstacles au traitement des médecins

Publié initialement en octobre 2012
W12-006-F

Malgré de profonds changements de culture en médecine, un aspect semble perdurer : la capacité des médecins à mettre la santé et les besoins de leurs patients en priorité, souvent au détriment de leur propre santé.

Selon le mythe culturel traditionnel encore très vivace aujourd'hui, les médecins sont immunisés contre la maladie. Toutefois, la réalité est toute autre et les médecins ont autant de risques d'avoir des problèmes de santé que leurs patients. Une lourde pression s'exerce sur les professionnels de la santé lorsqu'ils tentent d'atteindre un équilibre entre les exigences de leur profession et la nécessité d'obtenir des soins pour eux-mêmes. Les questions de santé physique et mentale, les problèmes de dépendance à l'alcool et aux drogues peuvent être très réels et nuire à la capacité d'un médecin à exercer.

Lors de son assemblée annuelle en 2012 à Yellowknife, l'ACPM a réuni des conférenciers pour aborder la question de la santé et du bien-être des médecins.

Docteure Anna Reid, présidente de l'Association médicale canadienne, a souligné une étude récente qui a révélé qu'un médecin sur trois a le sentiment que sa journée de travail lui cause un stress inutile, et qu'un médecin sur quatre se dit déprimé. La docteure Reid a affirmé : « Notre système nécessite une approche nationale coordonnée du bien-être des médecins, afin que les connaissances soient partagées, que des études de recherche soient réalisées, que les médecins soient éduqués et que la prestation des services soit améliorée. Le nouvel Institut canadien pour la santé des médecins élaborera un programme pancanadien multilatéral de promotion de la santé et du bien-être des médecins basé sur leur cycle de vie. »

Directeur médical du Programme de santé des médecins à l'Association médicale de l'Ontario, le Dr Michael Kaufmann a apporté son point de vue à la discussion : « Quand nous sommes bien dans notre peau, nous véhiculons un message de santé, de bien-être et de résilience à nos patients de manière plus rapide, plus efficace et plus crédible », a-t-il fait remarquer. « Lorsque nous prenons soin de nous-mêmes et des nôtres, cela fait une différence pour nos patients en termes de soins ».

Le président et directeur général de l'ACPM, Dr John Gray, a loué le programme de santé pour les médecins qui leur fournit un moyen efficace d'obtenir une aide anonyme. Il a également souligné : « Il est important que nous fassions tout notre possible pour offrir des programmes de santé qui assurent la prise en charge efficace des médecins ».

Étant donné les exigences grandissantes supportées par les médecins, il est nécessaire de déployer tous les efforts possibles pour soutenir leur santé. Il faut mettre en œuvre des mesures équilibrées et efficaces, qui respectent les droits des individus à l'anonymat et fournissent des précautions raisonnables pour protéger la sécurité du public.

Les organismes de réglementation (Collèges) ont un rôle essentiel à jouer pour soutenir la santé des médecins, à la fois par le biais de leurs actions et par les démarches qu'ils permettent à d'autres de faire. Cependant, certains Collèges proposent des politiques qui imposeraient le signalement obligatoire des médecins ayant des problèmes de santé. Bien que ces politiques soient motivées par de bonnes intentions, l'ACPM pense que ce type de signalement obligatoire trop général pourrait avoir pour effet imprévu d'empêcher les médecins ayant un problème de santé de demander l'aide dont ils ont besoin.

Obstacles pour les médecins

De nombreuses raisons expliquent pourquoi les médecins sont réticents à demander de l'aide, la principale raison étant peut-être qu'ils peuvent s'inquiéter que leur état de santé puisse être divulgué à leur hôpital ou leur Collège s'ils reçoivent un traitement. Ce type de divulgation non intentionnelle peut avoir des effets délétères sur la réputation et la vie privée des médecins, particulièrement au sein des petites communautés, ou dans le contexte universitaire ou hospitalier. Cela peut également faire obstacle à leur capacité future à exercer et à gagner un revenu. Ces préoccupations peuvent conduire certains médecins à dissimuler leur état de santé.

Quant à la question de savoir si l'on fait suffisamment pour lever les obstacles empêchant les médecins d'obtenir de l'aide à titre confidentiel, l'ACPM a souligné une série d'actions recommandées pour palier aux lacunes existantes. Ces recommandations débutent par des suggestions aux membres de la profession médicale qui, pour leur part, devraient encourager leurs collègues à obtenir le traitement dont ils ont besoin. Selon le Dr Gray, « Un conseil amical donné au moment où celui-ci peut faire une différence est préférable au fait de se retrouver dans la situation délicate qui consiste à signaler un collègue à un hôpital ou un Collège. Tous les membres de notre profession doivent soutenir et promouvoir les options thérapeutiques disponibles pour nos collègues et encourager les médecins à demander le traitement dont ils ont besoin ».

Collèges

Les Collèges jouent un rôle en assurant la sécurité du public. Pour remplir ce rôle, ils doivent recueillir certains renseignements. L'ACPM encourage vivement les Collèges à concentrer leurs efforts uniquement sur la collecte d'informations pertinentes à leur mandat réglementaire. Par exemple, un Collège pourrait demander à un médecin s'il a un problème médical pouvant avoir un impact sur sa capacité à exercer, plutôt que de lui demander s'il a déjà eu ce type de problème.

L'ACPM estime que les Collèges devraient encourager les médecins à l'auto-déclaration de problèmes médicaux. Les Collèges devraient également fournir l'assurance que ce type de renseignements sera traité de manière appropriée et en toute confidentialité.

Hôpitaux et autres établissements de santé

L'ACPM estime que les hôpitaux devraient s'abstenir de recueillir et d'utiliser les renseignements personnels sur la santé des médecins. Les Collèges sont mieux placés pour entreprendre la collecte, l'utilisation et la protection des renseignements sur les médecins dont l'état de santé peut nuire à leur capacité à exercer. Les Collèges possèdent l'expertise pour prendre des décisions fondées sur les données probantes en ce qui concerne la pratique d'un médecin et peuvent communiquer ces exigences au médecin et à l'établissement de santé de manière plus efficace.

Les hôpitaux, cliniques et autres établissements de santé jouent un rôle important en créant un milieu de travail sécuritaire dans lequel les médecins peuvent continuer à exercer dans le cadre des directives établies par le programme de santé des médecins ou par le Collège.

Pouvoirs publics

L'ACPM est d'avis que les pouvoirs publics peuvent soutenir plus efficacement les programmes qui mettent à disposition des options de traitement. Les frais associés au retour d'un médecin expérimenté et compétent à la pratique régulière sont largement inférieurs à ceux liés à la perte, ne serait-ce que d'un seul médecin, par une communauté.

L'ACPM est d'avis que les pouvoirs publics peuvent soutenir plus efficacement les programmes qui mettent à disposition des options de traitement. Les frais associés au retour d'un médecin expérimenté et compétent à la pratique régulière sont largement inférieurs à ceux liés à la perte, ne serait-ce que d'un seul médecin, par une communauté.

L'ACPM et le bien-être des médecins

Par le biais de son rôle principal qui consiste à fournir des conseils et de l'aide aux médecins faisant face à des problèmes médico-légaux, l'ACPM comprend les défis auxquels les médecins sont confrontés, ainsi que le poids que ces défis font peser sur leur santé et leur bien-être.

Visionnez la webémission de la séance d'information de l'ACPM sur le bien-être des patients.

L'ACPM a publié des documents liés à ce sujet, notamment :  « Renseignements personnels sur la santé des médecins : à l'appui de la sécurité du public et de la vie privée des particuliers » et « Les médecins atteints d'infections transmissibles par le sang : vers la compréhension et la gestion des risques » , accessibles à partir de cmpa-acpm.ca. Le site web de l'ACPM comporte également une rubrique sur le bien-être des médecins qui fournit plus de renseignements et de liens vers des ressources à leur l'intention.


AVIS DE NON-RESPONSABILITÉ : Les renseignements publiés dans le présent document sont destinés uniquement à des fins éducatives. Ils ne constituent pas des conseils professionnels spécifiques de nature médicale ou juridique et n'ont pas pour objet d'établir une « norme de diligence » à l'intention des professionnels des soins de santé canadiens. L'emploi des ressources éducatives de l'ACPM est sujet à ce qui précède et à la totalité du Contrat d'utilisation de l'ACPM.