Obligations et responsabilités

Les attentes des médecins en exercice

À l’appui des médecins tuteurs et maîtres de stage

Publié initialement en décembre 2013
P1305-3-F


À la suite d'une évaluation ou d'un processus disciplinaire, les organismes de réglementation de la médecine (Collèges) peuvent identifier des médecins nécessitant une remédiation au moyen de cours ou de stages de perfectionnement. La remédiation exige la participation active d'un autre médecin qui accepte de superviser un collègue pendant une période de temps définie.

Dans le cadre de l'assistance qu'elle offre à ses membres, l'ACPM est témoin de situations où des médecins nécessitant une période de perfectionnement supervisée ont de plus en plus de difficulté à trouver un collègue qui veuille leur offrir de l'aide, une supervision ou du mentorat. La remédiation étant une condition importante pour conserver ou faire rétablir le permis d'exercice, le rôle des tuteurs s'avère critique pour les médecins.

L'ACPM reconnaît le rôle précieux des tuteurs et les avantages de la remédiation. Les médecins membres qui agissent comme tuteurs sont admissibles à l'assistance de l'Association dans l'éventualité de problèmes médico-légaux.

Tuteurs

Un tuteur est généralement un médecin chevronné qui supervise une période de perfectionnement exigée pour qu'un autre médecin puisse conserver ou faire rétablir son permis d'exercice. Le tuteur rencontre normalement le médecin selon un horaire prédéterminé, il peut observer les soins prodigués, relire les dossiers des patients, offrir des conseils au médecin et faire rapport au collège. La durée des périodes de perfectionnement varie, ce qui influe sur l'engagement de temps exigé des tuteurs.

La participation des médecins

Imaginez avoir besoin d'un tuteur et ne pas réussir à en trouver après avoir communiqué avec des dizaines de médecins! Bien que la supervision puisse approfondir l'expérience médicale et être valorisante sur les plans personnel et professionnel, les médecins ont exprimé plusieurs raisons expliquant leur réticence ou leur refus à assumer des rôles de supervision. La principale raison est l'engagement en termes de temps. Même lorsque les médecins s'intéressent au tutorat clinique, bon nombre d'entre eux sont déjà surchargés dans leur pratique. L'idée d'assumer des responsabilités supplémentaires peut être accablante. Parmi les autres raisons citées figurent le manque de clarté au sujet des rôles et des responsabilités du médecin et du tuteur, ainsi que l'absence d'outils de soutien à l'intention des tuteurs. Les médecins peuvent aussi avoir des préoccupations par rapport aux risques médico-légaux, à la rémunération et à l'obligation de travailler avec des médecins ayant un comportement difficile. Il s'agit de préoccupations légitimes qui doivent être examinées  au cas par cas. Pour les médecins qui acceptent d'agir comme tuteurs, plusieurs Collèges ont élaboré des critères précis fondés sur la spécialité médicale, l'expérience nécessaire et l'objectivité. 

Lorsqu'il n'est pas possible de trouver un tuteur

Lorsqu'un médecin ne réussit pas à trouver un tuteur et est incapable de répondre aux exigences de la remédiation, il est fort probable qu'il ne puisse exercer la médecine, ou du moins, l'exercer sans limitation. Il s'agit clairement de la perte d'un précieux professionnel de la santé, ce qui influe sur l'accès aux soins des patients. Par ailleurs, les médecins peuvent éprouver des niveaux élevés de stress du fait que leur carrière et leur gagne-pain sont menacés. 

Lorsqu'un tuteur est identifié et accepté, c'est parfois le médecin nécessitant une remédiation qui doit payer le temps du tuteur. Outre la possibilité de conflits d'intérêt évidents, le coût peut être élevé, sinon prohibitif.  

Assistance de l'ACPM

Si les médecins hésitent à participer à des rôles de supervision en raison de préoccupations médico-légales, les membres seront rassurés de savoir qu'ils sont généralement admissibles à une protection en matière de responsabilité professionnelle de l'acpm pour leur travail professionnel lié au tutorat.

Responsabilité collective

Les enjeux liés au tutorat clinique comportent de nombreuses facettes et exigent une approche multipartenariale. L'ACPM est d'avis que la remédiation est un moyen utile et précieux d'aider les médecins à respecter les normes cliniques et professionnelles attendues des Collèges. La remédiation peut offrir d'importants avantages aux médecins, aux patients et au système de soins de santé. Il ne faut pas que la remédiation échoue parce qu'un médecin ne peut trouver un tuteur.

Les Collèges peuvent jouer un rôle important dans l'identification de tuteurs en reconnaissant l'importance de leur contribution à la profession médicale et aux soins des patients. Citons en exemple les ententes entre le Collège des médecins du Québec et les universités visant à trouver des professeurs de médecine prêts à agir comme tuteurs. De telles ententes rehaussent l'action collective visant à améliorer la disponibilité de tuteurs.

L'ACPM appuie l'approche du tutorat clinique, selon laquelle un médecin travaille avec un collègue en vue d'une remédiation. Compte tenu du besoin au sein de la profession et des occasions de croissance et de défis, les médecins de toutes les spécialités devraient envisager ce rôle. L'ACPM est là pour orienter les membres ayant des questions en matière d'assistance et de protection liées au tutorat.


AVIS DE NON-RESPONSABILITÉ : Les renseignements publiés dans le présent document sont destinés uniquement à des fins éducatives. Ils ne constituent pas des conseils professionnels spécifiques de nature médicale ou juridique et n'ont pas pour objet d'établir une « norme de diligence » à l'intention des professionnels des soins de santé canadiens. L'emploi des ressources éducatives de l'ACPM est sujet à ce qui précède et à la totalité du Contrat d'utilisation de l'ACPM.