Obligations et responsabilités

Les attentes des médecins en exercice

Le médecin performant en matière de sécurité : les soins sécuritaires au premier plan

Publié initialement en mai 2015
P1502-3-F

Les médecins s’efforcent de prodiguer des soins de qualité à leurs patients. Comment peuvent-ils accomplir cet objectif de façon sécuritaire?

Au cours des dernières années, de grands progrès ont été réalisés en vue de comprendre les attributs et les compétences des médecins qui mettent la sécurité au premier plan lorsqu’ils prodiguent des soins. Les facultés de médecine, les associations médicales, les organismes de réglementation (Collèges) et l’ACPM, parmi d’autres organismes, s’emploient à cultiver ces qualités et à promouvoir la sécurité des soins de santé.

Êtes-vous performant en matière de sécurité?

Les incidents liés à la sécurité des patients peuvent se produire même en présence de rigoureux protocoles de sécurité. Or leur probabilité – ainsi que la possibilité de préjudices chez les patients et de problèmes médico-légaux pour les médecins – est réduite lorsque la sécurité constitue une priorité. Les médecins performants en matière de sécurité assimilent avec succès les pratiques de sécurité et, ce faisant, deviennent des modèles pour autrui.

Les médecins peuvent contribuer à une culture de sécurité au travail en qualité de professionnels de la santé, de chefs de file, d’apprenants et de pairs. Au niveau organisationnel, cela signifie appuyer une culture où toute personne est à l’aise d’exprimer ses préoccupations liées à la sécurité. Au sein d’équipes, les médecins appuient la sécurité des soins lorsqu’ils travaillent en collaboration avec d’autres professionnels de la santé, clarifient les rôles et les attentes, évitent les comportements intimidants, communiquent de façon efficace et favorisent les relations interpersonnelles positives.

Les médecins peuvent aussi adopter et promouvoir diverses pratiques (p. ex., l’utilisation méthodique de listes de vérification de sécurité) afin de prévoir, de reconnaître et de gérer les situations qui accroissent les risques auxquels sont exposés les patients. La performance en matière de sécurité fait appel à la réflexion critique et à la conscience situationnelle; les médecins performants à cet égard reconnaissent les distorsions de la pensée qui risquent d’influer sur leur processus décisionnel. Ils prennent soin d’eux en s’occupant de leur santé, en évitant la fatigue et en gérant le stress. De tels médecins cherchent constamment à améliorer leurs connaissances théoriques et pratiques en participant à des activités de développement professionnel. Enfin, ils reconnaissent la survenue d’un incident lié à la sécurité des patients ou d’un incident évité de justesse et y réagissent adéquatement. Ils divulguent la situation au patient de façon appropriée, tirent des leçons de l’expérience afin d’améliorer leur propre rendement et appuient les changements du système qui s’imposent pour éviter les récurrences.

Conscience situationnelle :

La perception et la compréhension qu’a une personne au sujet de l’information dynamique dans son environnement. Elle consiste à surveiller ce qui se passe autour de soi et d’anticiper les actions qui pourraient s’avérer nécessaires.

Approches sécuritaires des soins aux patients

Les moyens privilégiés par les médecins pour travailler avec leurs patients et leur prodiguer des soins peuvent aussi contribuer à la sécurité. À titre d’exemple, les médecins peuvent adopter des approches précises visant à accroître la participation du patient à ses soins, notamment en écoutant activement le patient et sa famille, en répondant aux préoccupations du patient, en lui fournissant de l’information de la façon dont il préfère la recevoir et en évaluant attentivement son niveau de littératie en santé. Aider le patient à comprendre les répercussions du plan de soins et l’engager dans le processus décisionnel consolident les échanges et le partenariat entre le médecin et le patient. Cela peut aussi améliorer la sécurité des soins.

Par ailleurs, les médecins devraient être conscients des influences culturelles pouvant influer sur les soins. Un manque de compétence culturelle peut miner la sécurité des patients et les résultats de santé dans leur ensemble.1 Afin de prodiguer des soins sécuritaires sur le plan culturel, les médecins doivent établir avec les patients et leur famille une relation de confiance qui reconnaît et qui respecte les différences individuelles.

Compétence culturelle :

Les attitudes, les connaissances et les habiletés nécessaires pour prodiguer des soins de santé efficaces à des patients d’origines culturelles diverses. Il s’agit de démontrer que les enjeux culturels qui influent sur la santé d’un patient vous intéressent et que vous êtes prêt à tenir raisonnablement compte de ses valeurs sans porter de jugement.

Apprentissage, amélioration, développement personnel

L’apprentissage des compétences liées à la sécurité et leur intégration à la pratique ne se font pas nécessairement de façon automatique. Il faut en effet encourager et cultiver ces compétences.

Des organismes tels le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada (CRMCC) et le Collège des médecins de famille du Canada (CMFC) insistent de plus en plus sur la formation médicale axée sur les besoins des patients et sur les compétences que doivent avoir les médecins pour répondre à ces besoins. L’approche par compétences met l’accent sur l’évaluation du rendement et l’autovérification de la qualité plutôt que sur le modèle de formation traditionnel axé sur le temps (c.-à-d., le nombre d’heures consacrées aux programmes de résidence).

À compter de 2015, le Cadre des compétences CanMEDS du CRMCC intégrera des jalons pour chacun des rôles CanMEDS (c.-à-d., expert médical, communicateur, collaborateur, leader, promoteur de la santé, érudit et professionnel). Ces jalons refléteront les habiletés attendues des médecins à des moments précis de leur formation et permettra de mieux définir, tant pour les apprenants que pour les évaluateurs, le moment où un apprenant est prêt à passer à l’étape suivante de sa formation. À l’avenir, des jalons seront intégrés du début jusqu’à la fin de la pratique de tout médecin.

Les médecins sont aussi susceptibles de connaître les compétences liées à la sécurité décrites par l’Institut canadien pour la sécurité des patients. Ces compétences précisent les connaissances, habiletés et attitudes des médecins performants en matière de sécurité dans les domaines suivants : la contribution à une culture de sécurité des patients, le travail en équipe, la communication, la gestion des risques associés à la sécurité, les facteurs humains et environnementaux et la divulgation des incidents liés à la sécurité des patients.2

Ressources éducatives

L’ACPM a, elle aussi, renouvelé sa programmation éducative afin de cibler davantage la sécurité aux niveaux du professionnel de la santé et du système. Ces efforts sont en voie d’être intégrés aux ressources actuelles de l’Association, soient l’apprentissage en ligne et les articles éducatifs. De plus, les conférences régionales et les symposiums offerts par l’Association de 2015 à 2017 mettront l’accent sur des conseils pratiques liés aux soins sécuritaires, notamment le diagnostic, les ordonnances, la communication efficace entre les professionnels de la santé et les écueils à éviter dans le cadre des communications électroniques et des dossiers médicaux électroniques. En effet, les membres de l’ACPM savent que la meilleure protection pour les médecins et leurs patients consiste avant tout à prévenir les préjudices chez les patients.

Les ressources en ligne tel le Guide des bonnes pratiques de l’ACPM acquièrent de plus en plus d’importance à titre d’outils d’apprentissage. Le guide présente des façons de penser et d’agir qui, de l’avis de l’ACPM, aident les médecins à prodiguer des soins sécuritaires. Il met l’accent sur de nombreux aspects non cliniques de l’exercice de la médecine qui contribuent à des résultats positifs chez les patients, notamment la communication, le travail d’équipe, les processus de diagnostic, les facteurs cognitifs et environnementaux, les enjeux culturels et les limites propres à la relation médecin-patient.

Si le développement professionnel s’avère important pour performer en matière de sécurité, il ne constitue pas une panacée. La participation à des séances éducatives et l’accumulation de crédits de développement professionnel continu aident les médecins à se tenir à jour, mais ce n’est peut-être pas suffisant. Pour améliorer les soins, les médecins doivent réfléchir à leur pratique et mettre en œuvre leurs apprentissages. La formation doit être interactive et continue, et elle se fera vraisemblablement de plus en plus au point des soins à l’aide d’outils d’aide à la décision clinique – en autres mots, elle sera intégrée à la pratique quotidienne.

 
 

Références

  1. 1. The Hospital for Sick Children, « Introduction to clinical cultural competence », Cultural competence E-learning modules series, 2013 (diapositive 10)
  2. 2. L’Institut canadien pour la sécurité des patients, Les compétences liées à la sécurité, août 2009. Consulté le 10 mars 2015. http://www.patientsafetyinstitute.ca/French/toolsresources/safetyCompetencies/Documents/Les%20Comp%C3%A9tences%20li%C3%A9es%20%C3%A0%20la%20s%C3%A9curit%C3%A9%20des%20patients%20%C3%89dition%20originale.pdf

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