Sécurité des soins

Amélioration de la sécurité des patients et réduction des risques

Fin de vie : Des soins empreints de compassion pendant la pandémie de COVID-19

Une patiente alitée portant un masque à oxygène.

Publié : Juin 2020
Les renseignements présentés dans cet article étaient exacts au moment de la publication
20-09-F

Enjeux

  • Il peut être compliqué de prodiguer des soins de fin de vie aux patients atteints de la COVID-19 ou d’autres affections en raison des mesures de santé publique liées à la pandémie et de la pénurie de ressources.
  • Les demandes d’aide médicale à mourir posent des défis uniques qui nécessitent une attention particulière pendant la crise de COVID-19.

En bref

  • La planification préalable des soins revêt une importance cruciale pour les patients vulnérables; ces derniers risquent en effet de subir de graves complications à la suite de la COVID-19, vu qu’il est probable que leur état de santé se détériorera rapidement et qu’ils ne seront plus aptes à consentir.
  • Les directives visant à prévenir la propagation de la COVID-19 et l’accès limité aux ressources, telles que les médicaments, l’équipement, ainsi que les médecins et établissements en soins palliatifs, peuvent vous empêcher de respecter les plans de soins de fin de vie déjà établis. Il est donc essentiel de bien communiquer avec les patients, les décideurs remplaçants et les membres de la famille et de faire preuve de souplesse.
  • Bien que certaines règles relatives aux évaluations virtuelles et à la signature des demandes d’aide médicale à mourir par des témoins aient été temporairement assouplies, les garanties juridiques et restrictions légales restent en vigueur. Demeurez au fait des dernières directives diffusées dans votre province ou territoire et demandez conseil à l’ACPM avant de donner suite à une demande.

Ce qu’il faut savoir

Planification préalable des soins

  • La planification préalable des soins a pour objet de veiller à ce que les patients reçoivent les soins de fin de vie qu’ils désirent. La planification préalable des soins réduit la probabilité de conflits avec les membres de la famille, ou entre les décideurs remplaçants et l’équipe soignante, en permettant de faire comprendre les préférences des patients quand ces derniers ne sont plus en mesure de consentir aux soins.
  • Les discussions préliminaires sur les directives concernant les soins revêtent une grande importance pour les patients vulnérables qui risquent de subir de graves complications résultant de la COVID-19, vu qu’il est probable que leur état clinique se détériorera rapidement et qu’ils ne seront plus aptes à consentir.
  • Il est bon d’encourager les discussions sur la planification préalable des soins avec les patients atteints de maladies chroniques multiples, ainsi qu’avec ceux ayant une maladie susceptible de menacer leur pronostic vital et qui sont probablement en fin de vie. Vous pouvez revenir sur le sujet au besoin et veiller à ce que les souhaits du patient soient consignés aussi clairement que possible.
  • Les décisions difficiles concernant le fait de ne pas entreprendre ou d’arrêter des soins en raison d’une pénurie de ressources peuvent provoquer des conflits avec les patients ou les familles. Lorsqu’il n’est pas possible d’arriver à un consensus, on peut envisager des mécanismes de résolution des conflits, ainsi que des discussions sur l’impact des cadres de référence en matière d’éthique et des protocoles d’affectation des ressources en soins intensifs dans le contexte des soins de fin de vie. Pour en savoir plus, consultez Planification préalable des soins : au cœur des soins de fin de vie axés sur le patient

Accessibilité des ressources nécessaires aux soins de fin de vie

  • Les ressources nécessaires aux soins de fin de vie, telles que l’équipement de protection individuelle, les soins infirmiers, les perfusions intraveineuses, ainsi que les agents anesthésiques et paralysants, peuvent être exceptionnellement limitées. Le cas échéant, il peut être possible de composer avec ces situations en travaillant en consultation avec la santé publique, les hôpitaux, les établissements de soins palliatifs et les autorités régionales en matière de santé afin d’élaborer des pratiques conformes aux ressources prévues et aux directives d’urgence provinciales ou locales qui sont régulièrement mises à jour.
  • Les directives visant à prévenir la propagation de la COVID-19, ainsi que l’accès limité aux ressources dans les hôpitaux et les établissements de soins de longue durée, peuvent entraîner des changements dans la prestation des soins de fin de vie; p. ex. les soins pourraient être prodigués à domicile plutôt que dans un centre de soins de longue durée. La famille et les amis risquent par ailleurs de ne plus pouvoir être présents en raison des exigences en matière de distanciation physique. Faites preuve de transparence et de soutien auprès des patients, des décideurs remplaçants et des familles en ce qui concerne les limites et les solutions appropriées, y compris les soins et le soutien virtuels.

Aide médicale à mourir

    • Compte tenu des difficultés additionnelles qui sont associées à la prestation de l’aide médicale à mourir pendant la pandémie de COVID 19, nous encourageons les membres à communiquer avec l’ACPM pour obtenir des conseils médico-légaux personnalisés.
    • Lorsque l’aide médicale à mourir est considérée comme un service non urgent, certains hôpitaux pourraient en restreindre l’accès. Les patients pourraient ainsi devoir se tourner plutôt vers l’aide médicale à mourir offerte en milieu communautaire et, le cas échéant, subir des évaluations virtuelles.
    • Il peut être plus difficile, compte tenu des ressources limitées et de l’imposition d’une distanciation physique, de se conformer aux exigences légales, y compris celle voulant que deux témoins indépendants signent une demande d’aide médicale à mourir. L’intervention virtuelle des témoins est une option que l’on peut envisager, pourvu que les exigences légales soient respectées.
    • Des défis particuliers se posent dans le cas d’une aide médicale à mourir où le médecin n’est pas présent et où le patient doit s’administrer lui-même des médicaments par voie orale. Il est alors impératif d’effectuer une évaluation minutieuse, au cas par cas, qui tienne compte des exigences légales et des normes réglementaires.
    • Il est possible de réduire la période de réflexion préalable à l’administration de l’aide médicale à mourir, mais seulement si deux praticiens conviennent que cela serait acceptable en raison de l’imminence du décès ou du fait que le patient risque de ne plus être apte à consentir. La décision de réduire ce délai de réflexion doit s’inscrire dans le cadre de ce critère, et non pas se fonder sur la crainte qu’une aide médicale à mourir ne soit plus disponible à une date ultérieure en raison de contraintes de ressources.
    • Si la prestation d’une aide médicale à mourir est reportée jusqu’à ce que l’urgence de santé publique de la COVID-19 soit passée, il faudra probablement réévaluer l’admissibilité du patient à ce moment-là. Pour en savoir plus, consultez L’aide médicale à mourir : Où en sommes-nous maintenant?

Vision d’avenir

Les conversations sur les soins de fin de vie peuvent être difficiles pour les patients, leur famille et les professionnels de la santé, en particulier dans le cadre d’une urgence de santé publique. Lors de la planification de tels soins pendant la pandémie de COVID-19, pensez aux soutiens supplémentaires que vous pourriez proposer à vos patients et à leurs familles. Discussions about EOL

Demeurez à l’écoute de vos propres besoins émotionnels lorsque vous prodiguez des soins de fin de vie en ces temps difficiles. L’ACPM est là pour soutenir les membres en détresse. Communiquez avec l’ACPM, parlez avec un collègue en qui vous avez confiance ou faites appel au programme de santé des médecins de votre province ou territoire pour essayer d’atténuer l’accablement et le stress que vous ressentez.

Autres ressources

Suggestions de lecture


AVIS DE NON-RESPONSABILITÉ : Les renseignements publiés dans le présent document sont destinés uniquement à des fins éducatives. Ils ne constituent pas des conseils professionnels spécifiques de nature médicale ou juridique et n'ont pas pour objet d'établir une « norme de diligence » à l'intention des professionnels des soins de santé canadiens. L'emploi des ressources éducatives de l'ACPM est sujet à ce qui précède et à la totalité du Contrat d'utilisation de l'ACPM.