Être membre du Conseil de l’ACPM – Conversation avec les docteurs Bryan Callaghan et Jeanne McNeill

Publié initialement en septembre 2016
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Deux membres chevronnés du Conseil de l’ACPM, les docteurs Bryan Callaghan d’Ottawa et Jeanne McNeill de Moncton, viennent tout juste de terminer leur dernier mandat de conseiller. Perspective ACPM s’est entretenue avec eux au sujet de leur expérience.

Bryan, vous siégez au Conseil de l’ACPM depuis 1993. Comment l’idée de soumettre votre candidature vous est-elle venue?

On m’avait invité, à titre d’expert pour le compte du contentieux provincial, à analyser certains dossiers médico-légaux et j’avais trouvé cette expérience captivante. En 1993, le Dr Robert Robson m’a demandé si je souhaitais poser ma candidature à un poste de conseiller. L’ACPM estimait alors que l’ajout d’un chirurgien plasticien permettrait d’apporter une nouvelle perspective aux questions entourant le consentement éclairé. À cette époque, la chirurgie plastique se démarquait par la fréquence élevée de demandes d’assistance. Cette situation et mes intérêts personnels envers l’ACPM ont été les facteurs qui m’ont poussé à soumettre ma candidature.

Jeanne, vous êtes devenue membre du Conseil en 2007. Quelles sont les principales raisons qui vous ont poussée à soumettre votre candidature?

Le Dr Peter Fraser, ancien président de l’Association et conseiller du Nouveau-Brunswick, m’a pressentie pour le remplacer à la fin de son mandat. Puisque je savais que l’ACPM avait pour mission d’assurer la protection des médecins, j’ai pensé que ce poste me conviendrait bien.

Qu’espériez-vous accomplir dans votre rôle de conseiller?

Bryan : D’entrée de jeu, mon objectif était de communiquer des renseignements sur le risque avec les membres de mon domaine de spécialité, de façon à les aider à améliorer leur pratique. Fort heureusement, je suis devenu une sorte d’ambassadeur auprès de mes collègues plasticiens, chargé de leur transmettre des renseignements sur la responsabilité professionnelle qui amélioreraient leur pratique. J’estimais qu’il s’agissait là d’une superbe occasion et je crois que mes collègues ont apprécié mes efforts.

Jeanne : Je souhaitais faire tout ce que je pouvais pour venir en aide aux membres, pour m’assurer de bien représenter leurs intérêts et pour faire ma part, dans la mesure du possible, dans tout ce que le Conseil avait à accomplir.

À quoi vous attendiez-vous de votre expérience au Conseil? De quelle façon votre rôle vous a-t-il surpris?

Bryan : Je n’avais aucune idée de ce que cela représentait. C’est vrai, je n’en savais absolument rien! Contrairement à de nombreux conseillers qui avaient déjà tenu des postes au sein de leur association médicale provinciale, mon expérience se résumait à mon travail en milieu hospitalier. Je n’avais aucune idée préconçue quant à ce que me réservait ce poste. Je partais réellement à la découverte. Ce fut somme toute une expérience extrêmement enrichissante. J’y ai appris beaucoup plus que ce que j’y ai apporté.

Jeanne : Puisque j’avais participé à des activités politiques entourant la médecine pendant la majeure partie de ma carrière, j’estimais être assez bien préparée pour siéger à ce genre de réunions et pour y accorder le temps requis. Ce qui m’a surprise, dans une certaine mesure, c’est le dévouement sans bornes des conseillers envers les membres de partout au Canada et leur passion à faire tout en leur pouvoir pour leur venir en aide. Je n’y ai jamais perçu de partisannerie. Lorsqu’une question était soulevée au Conseil, tous les conseillers tentaient réellement d’en considérer les conséquences pour l’ensemble des membres du Canada, peu importe le domaine ou le type de pratique.

Quelle est, selon vous, la valeur du rôle de membre du Conseil?

Bryan : Ce rôle m’a permis d’apprendre à connaître les rouages de la gestion et de la gouvernance d’une organisation qui joue un rôle si crucial pour les médecins du Canada. La connaissance de ces aspects de l’Association ne peut être acquise par la seule lecture de Perspective ACPM ou des conversations avec des collègues. La seule façon d’y parvenir, c’est d’obtenir un poste au Conseil. L’expérience acquise à titre de conseiller est d’une valeur inestimable. Rien ne s’y compare, à mon avis, car elle permet aux médecins d’obtenir un accès aux coulisses et de participer à la gouvernance d’une grande organisation comme l’ACPM. Il s’agit tout simplement d’une occasion en or.

L’ACPM compte plus de 350 employés. Nous gérons d’importants actifs et un fonds de réserve d’envergure consacré aux compensations et autres dépenses associées, ce qui constitue le volet affaires de nos activités, mais celles-ci comptent également un volet clinique traitant du caractère sécuritaire des soins médicaux. Le travail au sein de cette organisation est fascinant. Nous sommes choyés de pouvoir assumer un rôle dans la gouvernance de l’Association.

Jeanne : Je crois que ce que j’apprécie dans mon rôle de membre du Conseil, c’est qu’il me force à me dépasser pour le bien de l’ensemble des membres, à m’engager plus à fond pour être à la hauteur de la responsabilité qui m’a été accordée par ceux-ci. Je suis d’avis que ce rôle nous permet à tous, médecins et conseillers, de nous rendre pleinement compte de la richesse et de l’importance de ce que nous pouvons apporter à l’Association.

Une fois de plus, que dire du professionnalisme et de l’intégrité de l’organisation… Il est édifiant de constater l’ampleur du travail et des efforts qui sont nécessaires pour offrir aux médecins la protection dont ils ont besoin pour exercer au mieux de leurs capacités et les encourager à le faire. Il s’agit d’un poste emballant et il me peine de le quitter.

Comment avez-vous personnellement tiré parti de votre rôle à titre de conseiller?

Bryan : Les occasions d’apprentissage que m’a offertes l’ACPM sont ce dont je suis le plus fier. On m’a permis de donner une multitude de présentations à des collègues de ma spécialité dans le cadre d’assemblées annuelles et de forums; ainsi, j’ai été en mesure de me faire le porte-parole de nos progrès en matière de gestion des risques. Au cours de mes mandats à titre de conseiller (non pas que je souhaite m’en attribuer le mérite), ma spécialité (chirurgie plastique) est passée du niveau de fréquence le plus élevé en matière de demandes d’assistance à un niveau parmi les plus modestes. J’estime que ce résultat est attribuable aux efforts d’éducation et de gestion des risques déployés par l’ensemble de l’organisation, et j’ai eu l’honneur d’y participer. Je tire donc une grande fierté de ma participation aux efforts qui ont permis, au fil des ans, une certaine amélioration du rendement au sein de ma spécialité.

Jeanne : Je crois que les gens de notre région nous considèrent comme une ressource. Au cours des quelques dernières années, j’ai eu de nombreuses conversations avec des collègues qui sollicitaient mon opinion, qui me demandaient des conseils quant à de nouvelles façons de procéder, qui cherchaient à connaître les dernières nouvelles de l’ACPM… J’ai été en mesure de leur communiquer des renseignements qui, je l’espère, ont facilité un tant soit peu leur pratique, ce que j’ai trouvé très enrichissant.

Deuxièmement, j’espère que les renseignements que j’y ai acquis m’ont permis d’améliorer ma propre pratique. Je sais toutefois pertinemment que mes interactions avec les éminents médecins au Conseil et l’excellent personnel de l’ACPM m’ont encouragée à devenir une meilleure personne et un meilleur médecin.

Si l’on vous demandait de faire part aux autres membres des avantages d’un poste au Conseil de l’ACPM, que leur diriez-vous et qu’auriez-vous souhaité que l’on vous dise à ce sujet à l’époque?

Jeanne : J’aurais aimé savoir combien cette expérience est enrichissante… J’aurais sûrement postulé 15 ans plus tôt. Ce fut pour moi une expérience extraordinaire. J’inciterais les médecins intéressés à contribuer aux activités d’une organisation médicale de premier plan, œuvrant au nom des médecins et à l’amélioration de la sécurité des soins de santé au Canada, de briguer un poste au Conseil.

Bryan : D’abord et avant tout, je leur dirais qu’ils peuvent faire bouger les choses. Je crois qu’ils ne pensent pas être en mesure, en tant que nouveaux conseillers, de contribuer de façon substantielle aux activités d’une grande organisation structurée, plus que centenaire, alors que c’est tout le contraire. Lorsque vous faites partie du Conseil, votre voix s’ajoute à celles de 29 de vos collègues pour assurer la gouvernance de cette organisation; c’est donc une occasion en or.