Le mot du directeur général

Le mois dernier, l’ACPM lançait son Programme de soutien aux membres (PSM), un atout qui vient enrichir la gamme de ses services d’assistance. Le PSM reconnaît que certains médecins vivent des difficultés; il cherche donc à les faire revenir sur la bonne voie. S’inscrivant dans le continuum des services de l’Association, le PSM a pour objectif d’analyser les facteurs qui ont contribué à des problèmes médico-légaux plus fréquents chez certains médecins que chez leurs pairs. Il permet aussi à ces médecins d’améliorer la qualité des soins qu’ils prodiguent ainsi que leur apport au système de santé.

Le Canada se place constamment dans les derniers rangs des sondages qui comparent l’état des soins de santé des pays les plus riches au monde; entre autres, il s’est classé neuvième parmi les 11 pays couverts par l’Enquête internationale 2016 du Fonds du Commonwealth sur les politiques de santé auprès d’adultes de 11 pays. Les résultats en matière de santé figurent toujours parmi les problèmes qu’éprouvent le système de santé canadien et l’ACPM travaille sans relâche à soutenir les médecins pour leur permettre de prodiguer les meilleurs soins possible.

Au cœur des nombreux défis de notre système de santé réside un manque de confiance. Les gouvernements, les patients et les médecins recherchent tous la même chose; par contre, ils ont souvent des priorités divergentes et des points de vue conflictuels. Les gouvernements doivent contenir les coûts tout en répondant aux demandes et aux attentes croissantes − en faire plus avec moins. Les patients, de leur côté, veulent avoir accès à des soins sécuritaires et de qualité quand ils en ont besoin. Les médecins et les autres professionnels de la santé, quant à eux, souhaitent des carrières valorisantes au sein de lieux de travail conviviaux pour pouvoir prodiguer des soins de grande qualité.

L’avenir de notre système de santé repose sur la façon de concilier les restrictions budgétaires et les besoins en matière d’accessibilité, de soutien et de sécurité des milieux de travail. Comment restaurer un climat de confiance entre gouvernements, défenseurs des intérêts des patients et médecins? Il n’y a pas de réponse simple à cette question, mais je crois que l’ACPM a un rôle important à jouer.

Depuis de nombreuses années, l’ACPM soutient ses membres aux prises avec des problèmes afin qu’ils puissent se concentrer sur la médecine. Le PSM porte cet engagement un peu plus loin en cherchant, sans porter de jugement, à redonner confiance aux médecins dans leur rôle unique. Je n’ai pas encore rencontré de professionnels de la santé cherchant sciemment à causer un préjudice; toutefois, nous savons tous que les choses ne se déroulent pas toujours comme prévu. Quand des problèmes médico-légaux se répètent et risquent de mener à une restriction ou à une révocation du permis d’exercice, le médecin en cause pourrait tirer parti de l’aide de l’ACPM.

Le PSM offre un soutien individualisé à certains membres; voilà donc, pour ces médecins, une occasion de poursuivre une pratique riche en sens. La prise de conscience est en effet la pierre angulaire de notre approche améliorée et le premier pas vers l’amélioration de soi. Lorsque les membres apprennent que leurs expériences ne ressemblent pas à celles de leurs pairs, ils peuvent alors commencer à cheminer vers des changements positifs. Ne rien faire ne constitue pas une solution viable.

Le PSM ne touchera qu’un petit nombre de membres, mais nous espérons que les avantages pour le système de santé, et même la population canadienne en général, seront importants. Les membres seront dirigés vers le PSM au moment opportun, et recevront un enseignement et du soutien individualisés, ainsi qu’un suivi continu. Quand un médecin en détresse peut retourner à la pratique avec confiance et satisfaction, tout le monde en sort gagnant.

Hartley Stern, MD, FRCSC, FACS