Le mot du directeur général

Frais émoulu de la faculté de médecine, j’ai choisi de travailler quelque temps en soins primaires avant de poursuivre un programme de formation en chirurgie. Mes collègues résidents étaient, eux, passés directement à cette formation après leurs études. Il va sans dire que mes connaissances et mes compétences techniques accusaient quelque retard par rapport aux leurs.

Mes débuts ont été difficiles et je songeais à abandonner lorsque le Dr Bernie Langer, directeur du département de chirurgie, m’a pris à part pour me dire que j’étais trop dur envers moi-même. Il m’a aussi affirmé que je deviendrais un bon chirurgien.

La conversation n’a duré que cinq minutes, mais elle a changé ma vie. Depuis, j’ai souvent repensé au Dr Langer. Il a fait preuve d’un leadership certain, mais pas comme nous l’entendons habituellement – car il n’était ni un PDG prenant une décision de financement, ni un chercheur annonçant les résultats d’une étude importante.

Le Dr Langer a plutôt démontré un leadership d’une manière plus fondamentale. Il a remarqué que j’avais des problèmes et il m’a rassuré, me redonnant ainsi confiance par ce geste. Je pense que c’est une ligne de conduite propre à tout bon chef de file en soins de santé : montrer la voie à suivre. Un chef de file conçoit une vision; son entourage se la communique, puis fait en sorte qu’elle se matérialise. Lorsqu’un chef de file constate qu’une personne vit un échec, il l’aide à devenir plus résiliente; quand il la voit réussir, il la félicite. Il fait preuve, tous les jours, d’empathie, de compassion et de souci à l’égard de la prestation de soins sécuritaires de grande qualité.

Ce style de leadership semble maintenant plus essentiel que jamais. La profession est en effet aux prises avec une image publique qui laisse croire que les médecins accordent plus d’importance à leurs intérêts financiers qu’aux soins des patients. Parallèlement, les médecins doivent répondre à des situations de plus en plus complexes, et ils se demandent pourquoi si peu du soutien qu’il leur faut et qu’ils méritent ne leur est accordé.

Voilà pourquoi nous devons cultiver l’aspect humain du leadership en cette ère marquée par l’épuisement professionnel et des besoins toujours croissants. L’ACPM propose de nombreuses façons de promouvoir un leadership efficace. Lors de l’assemblée annuelle et de la séance d’information de cette année, nous discuterons de certains changements systémiques requis pour répondre à l’épuisement professionnel et accroître le bien-être des médecins.

Je vous incite donc à y assister. Je vous invite aussi à penser aux façons dont vous pouvez faire preuve de leadership – que ce soit par des marques d’empathie ou des observations – et à faire le maximum pour aider vos collègues à s’épanouir. Comme le Dr Langer m’en a donné la preuve il y a longtemps, un simple geste peut changer la vie d’un patient, d’un collègue ou d’un étudiant. Il n’en tient qu’à vous de prendre le temps de remarquer ce qui se passe autour de vous, de vous en soucier et de montrer la voie.

Hartley Stern
MD, FRCSC, FACS, IAS.A