Le mot du directeur général

L’intelligence artificielle : Pour de meilleurs soins

En repensant à mes 40 ans de carrière et aux nombreux progrès technologiques dont j’ai été témoin, je suis optimiste quant à l’impact potentiel de l’intelligence artificielle (IA) sur la capacité des médecins à prodiguer des soins de qualité. Je reconnais aussi qu’il y a un certain nombre d’inconnues entourant l’IA, ce qui soulève des incertitudes chez les médecins et les patients.

À l’ACPM, nous parlons souvent de l’importance de la confiance dans la prestation des soins. Si nous voulons réaliser les avantages de l’IA, il sera essentiel d’être convaincus de la fiabilité de cette technologie. Il reviendra aux patients de concéder que l’IA aide les médecins à prendre les bonnes décisions, et aux médecins de croire aux résultats fiables de cette technologie. Il est plus facile d’établir de solides liens de confiance lorsque l’approche à l’IA est la même que celle utilisée pour les nouveaux dispositifs médicaux et les nouveaux médicaments; c.-à-d. au moyen d’essais rigoureux et d’approbations fondées sur des données probantes – et lorsque l’on y ajoute l’empathie que les médecins apportent dans les soins.

Présentée dans le cadre de la récente assemblée annuelle et conférence de l’ACPM, la séance d’information a permis de brosser un tableau des utilisations possibles par les médecins et autres professionnels de la santé des technologies d’IA pour améliorer l’efficacité et l’efficience des soins. Notre conférencier d’honneur, le DDavid Naylor, professeur de médecine et président émérite de l’Université de Toronto et l’un des plus éminents penseurs canadiens sur ce sujet, a présenté ses idées sur l’utilisation actuelle et future de l’IA en médecine. Dans mon allocution, j’ai tenu à souligner que malgré tous les efforts déployés, les technologies d’IA peuvent entraîner des problèmes médico-légaux pour certains de nos membres et que l’ACPM s’est engagée à aider les médecins de façon proactive pour répondre à tout problème éventuel.

D’abord, nous sommes déterminés à améliorer la sécurité des soins et nous avons hâte de travailler avec l’industrie, les gouvernements, les organismes de réglementation, les organisations médicales et d’autres partenaires pour nous assurer que le potentiel de croissance de l’IA est pleinement exploité et que les risques inhérents sont évités. Grâce à notre expérience des questions médico-légales, nous pouvons contribuer de façon importante à l’élaboration des lois, règlements et politiques nécessaires.

Nous savons aussi que le changement peut être difficile. C’est pourquoi les programmes de formation et les conseils de l’ACPM aident les médecins à explorer et à appliquer les outils d’aide à la décision activés par l’IA en sachant qu’une utilisation appropriée de ces outils renforce la prestation de soins de qualité.

Enfin, en cas de problèmes médico-légaux découlant de l’utilisation de l’IA, nous continuerons de fournir aux médecins des conseils et une aide dignes de confiance, y compris face aux plaintes auprès des Collèges et aux litiges civils.

L’IA n’en est qu’à ses débuts dans le domaine de la santé; il reste encore beaucoup à faire pour en assurer l’évolution et la généralisation, notamment en s’assurant que les cadres juridiques et réglementaires nécessaires sont en place. En regardant vers l’avenir, nous devrions être enthousiastes et réalistes quant à ce que l’IA peut et ne peut pas faire, et ne pas perdre de vue la question clé : « Cette technologie permettra-t-elle d’améliorer les soins aux patients? » Dans l’affirmative, nous avons la responsabilité de l’adopter de façon réfléchie, sachant que l’ACPM sera là pour fournir, à tous ses membres, le soutien dont ils ont besoin.

Hartley Stern
MD, FRCSC, FACS, IAS.A