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Conscience situationnelle


Que se passe-t-il autour de vous?

Savoir ce qui se passe autour de vous


Équipe de hockey sur une patinoire « Un bon joueur de hockey joue là où se trouve la rondelle. Un excellent joueur de hockey joue là où la rondelle ira. »
– Wayne Gretzky

La conscience situationnelle est estimée être l'une des habiletés non techniques les plus importantes d'un médecin.

La conscience situationnelle renvoie à la perception et à la compréhension d'une personne quant à l'information dynamique présente dans son environnement. Il est question de se tenir au courant de ce qui se passe autour de soi ainsi que d'anticiper les actions nécessaires possibles.

La conscience situationnelle par l'équipe consiste en « des connaissances axées sur la tâche et sur l'équipe détenues par tous les membres de l'équipe, ainsi que de la conscience collective de la situation qui se déroule. »  [REF]

Parush A., Campbell C., Hunter A., Calder L., Frank J., Worthington J., Abbott, C., Conscience de la situation et sécurité des patients. Pour un complément d'information, acheminer un courriel à canmeds@royalcollege.ca. (Ce projet éducatif a été financé par l'ACPM.)

Trois panneaux indicateurs, chacun énonçant une composante de la conscience situationnelleLa conscience situationnelle englobe trois activités :

  1. obtenir de l'information;
  2. comprendre l'information;
  3. penser plus loin.

L'industrie aérienne s'est avérée une riche source d'apprentissage en matière de conscience situationnelle.

Vue latérale d'un avion écrasé

L'approche de gestion de l'équipage

Vol 401 de la Eastern Airlines

Un soir en 1972, le vol 401 de la Eastern Airlines, en route de New York à Miami, s'est écrasé dans les Everglades, en Floride. Cent un passagers et membres de l'équipage ont perdu la vie. Quelques-uns d'entre eux ont survécu.

Le capitaine, le premier officier et le mécanicien de bord étaient tous hautement qualifiés et chevronnés. Une enquête de l'accident a révélé que l'équipage, occupé à tenter de régler un problème avec le train d'atterrissage, ne s'est pas rendu compte que l'appareil n'était plus sur le pilote automatique.

À l'insu de l'équipage, l'appareil effectuait une lente descente au sol. Un contrôleur aérien a demandé si tout allait bien, sans alerter l'équipage de la faible altitude de l'avion. Lorsque l'équipage s'en est rendu compte, il était trop tard.

Une enquête a conclu qu'un piètre leadership et un travail d'équipe inadéquat au sein de l'équipage, vraisemblablement jumelés à la fatigue, ont contribué à l'écrasement.

Par la suite, l'industrie aérienne a élaboré l'approche de « gestion des ressources en équipe », qui vise à assurer que le travail de résolution de problèmes soit partagé parmi les membres de l'équipage de conduite, que les tâches soient déléguées et qu'il y ait toujours une personne qui pilote l'aéronef.

Vue arrière d'un avion écrasé

Vol 232 de la United Airlines

Un autre incident survenu en 1989, le vol 232 de la United Airlines en route de Denver à Chicago, constitue un exemple classique d'une approche de gestion de l'équipage réussie.

Le réacteur monté à l'arrière du fuselage tombe en panne et des fragments de métal coupent toutes les conduites hydrauliques principales de l'avion, de sorte qu'il ne peut être contrôlé de manière conventionnelle.

Par le passé, une telle situation aurait entraîné un écrasement et le décès probable de toutes les personnes à bord. Or, l'équipage a su réagir à l'urgence de façon disciplinée, assurant une utilisation efficace de toutes les ressources disponibles afin de naviguer jusqu'à un terrain d'aviation.

Bien qu'il n'ait pas été possible de ralentir suffisamment l'avion, qui s'est rompu au moment de l'impact, 184 des 295 passagers ont survécu.

L'industrie aérienne a subséquemment apporté d'importantes améliorations liées à la sécurité dans la conception des moteurs et des systèmes de contrôle.

Songez au rôle des facteurs humains et de la conscience situationnelle dans les cas suivants liés aux soins de santé.

Cas : Altération des voies respiratoires d'un patient en traumatologie
Image floue d'un jeune homme en motocyclette

Contexte

Un homme de 22 ans impliqué dans un accident de motocyclette subit une grave lacération au cou, et la trachée est atteinte.

À son arrivée à l'hôpital à 1 h, le patient est alerte et bien orienté, et ses signes vitaux sont : P 110, R 20, TA 130/70, score de Glasgow 15 et Sa02 98 % sous oxygénothérapie à faible débit.

L'urgentologue appelle le téléavertisseur de l'anesthésiologiste de garde, et apprend que le médecin arrivera dans 20 minutes. Pendant ce temps, le patient demeure alerte et bien orienté.

Contexte – suite

L'urgentologue suit le protocole d'induction de l'anesthésie à séquence rapide (sédation et paralysie). Plusieurs tentatives d'intubation avec stabilisation de la colonne cervicale échouent. Un tube endotrachéal est inséré correctement après sept minutes.

Le personnel s'éloigne du patient pour qu'un cliché radiologique antéropostérieur du thorax et du cou soit effectué. Pendant ce temps, la saturation en oxygène diminue considérablement, après quoi on découvre que le tube endotrachéal s'est délogé de la trachée.

Le patient subit un arrêt cardiorespiratoire.

Résultat

Bien que le personnel ait réussi à réanimer le patient après plusieurs minutes, il a subi d'importantes lésions au cerveau attribuables à une hypoxie.

Pistes de réflexion

  • L'urgentologue a-t-il évalué correctement les problèmes qui pouvaient se présenter pendant la prise en charge des voies respiratoires?
  • L'équipe connaissait-elle l'état du patient en tout temps?
  • Tous les membres de l'équipe ont-ils planifié leurs interventions?
  • L'urgentologue et cette équipe étaient-ils conscients de la situation en général?
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Cas : Une femme de 76 ans subit un arrêt respiratoire
Image floue d'une femme âgée sur une civière en mouvement

Contexte

Une femme de 76 ans se disloque la hanche dans un accident de voiture.

L'équipe orthopédique traitante souhaite effectuer une réduction fermée le plus tôt possible. Le moniteur clinique en orthopédie prescrit une sédation avec un narcotique et de la benzodiazépine par voie intraveineuse.

La somnolence s'installe rapidement chez la patiente. Une infirmière initie une oxygénothérapie et installe un moniteur de saturation en oxygène.

Contexte – suite

Deux étudiants en médecine décident d'observer l'intervention de réduction, effectuée par le moniteur clinique qui est assisté d'un résident. À la suite de deux tentatives de réduction infructueuses, le moniteur clinique prescrit une nouvelle dose de médicaments afin de détendre davantage la patiente. Le moniteur clinique tente de réduire la hanche pendant que le résident stabilise le bassin.

Tous les membres de l'équipe se concentrent sur la réduction.

Plusieurs minutes plus tard, l'un des étudiants en médecine porte son regard vers la tête de la civière et remarque que la patiente ne respire plus.

Pistes de réflexion

Comment cet incident aurait-il pu être évité?
  • L'équipe a-t-elle suffisamment évalué la possibilité d'une altération de la fonction respiratoire chez cette patiente aînée?
  • L'équipe a-t-elle surveillé l'état de la patiente en tout temps?
  • Le moniteur clinique et le personnel se sont-ils rendu compte qu'il y avait un problème avec la respiration de la patiente?
  • Tous les membres de l'équipe ont-ils planifié leurs interventions?
  • Le moniteur clinique et l'équipe de soins ont-ils fait preuve d'une conscience situationnelle?
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