Oxytocin Use During Labour: An Analysis of Canadian Medico-legal Obstetrical Case Files (2020–2024) [en anglais – résumé en français]
Oxytocin Use During Labour: An Analysis of Canadian Medico-legal Obstetrical Case Files (2020–2024)
Résumé
Objectif : Nous avons utilisé une base de données médico-légales canadienne pour examiner les tendances relatives à l’utilisation de l’ocytocine pour le déclenchement et l’accélération du travail, ainsi que pour explorer les facteurs qui peuvent être associés aux issuesdéfavorables maternelles ou néonatales.
Méthodes : Cette étude qualitative descriptive repose sur une analyse thématique des dossiersmédico-légaux conclus entre 2020 et 2024. Nous avons recensé 43 dossiers d’obstétrique qui faisaient état de l’utilisation d’ocytocine et dans lesquels les critiques formulées par l’expertise médicale ciblaient spécifiquement la gestion de ce médicament. Deuxchercheuses ont effectué, de manière indépendante, une analyse thématique desrésumés de cas et des rapports de l’expertise médicale; une équipe interprofessionnelle s’est réunie à plusieurs reprises durant le processus pour éclairer les travaux.
Résultats : Quatre types de mésusage de l’ocytocine se dégagent des critiques formulées par l’expertise médicale : défaut de réduire la dose ou d’en interrompre l’administration en cas de tachysystolie utérine ou de tracés anormaux ou atypiques de la fréquence cardiaque fœtale; administration malgré la présence manifeste de contre-indications; reprise non sécuritaire de l’administration après un ralentissement de la fréquence cardiaque fœtale; et augmentation injustifiée de la dose. La surveillance materno-fœtale insuffisante a fait l’objet de critiques dans tous les dossiers. Trois problèmes interreliés (enjeux liés aux professionnel·les de la santé, problèmes de communication et limites systémiques) ont souvent été observés simultanément. Dans l’ensemble, 70 % des dossiers concernaientdes grossesses à faible risque, et le taux de morbidité maternelle s’élevait à 16 %. Dans 93 % des dossiers, on a observé des issues néonatales catastrophiques qui, selon lesexpert·es, étaient souvent attribuables à une hypoxie intrapartum prolongée exacerbée par le mésusage de l’ocytocine.
Conclusion : Au Canada, les dossiers médico-légaux liés à l’utilisation de l’ocytocine mettent enévidence des tendances récurrentes quant au mésusage de ce médicament, qui pourrait être prévenu. Il ne s’agit pas d’erreurs isolées, mais bien de problèmes cumulatifs dansl’ensemble des salles de naissance. Ces observations confirment la nécessité d’intervenir pour améliorer la sécurité de l’ocytocine administrée pendant le travail (p. ex. protocolesrigoureux d’utilisation de l’ocytocine; amélioration de la conscience situationnelle et des compétences en matière de surveillance fœtale; ainsi que voies de communication fiables et procédure claire d’intensification des soins).
Référence
El Sherif R, Barbosa K, Bentz JA, Darling R, Ji J, Garber G, Dy J. Oxytocin Use During Labour: An Analysis of Canadian Medico-legal Obstetrical Case Files (2020–2024). Journal of Obstetrics and Gynaecology Canada, 2026; 48. https://www.jogc.com/article/S1701-2163(26)00301-4/fulltext