The Proportion of Birth Asphyxia Associated With Maternal Heart Rate Artifact During Electronic Fetal Monitoring in Labour
Résumé
Objectif : Estimer la proportion de cas d’asphyxie à la naissance liés à un accouchement prolongé en raison d’un artéfact de la fréquence cardiaque maternelle.
Méthodes : L’Association canadienne de protection médicale a réalisé une analyse rétrospective des dossiers médico-légaux conclus entre 2011 et 2020 et faisant état d’une asphyxie à la naissance ayant entraîné une encéphalopathie ischémique hypoxique, une paralysie cérébrale ou une mortinaissance dans le cadre d’un accouchement à terme. À l’aide d’une matrice de preuves permettant d’établir un lien entre la présence d’un artéfact de la fréquence cardiaque maternelle et un accouchement prolongé, trois expert·es indépendant·es ont analysé les deux dernières heures du monitorage électronique fœtal (MEF), par périodes de 10 minutes. Les expert·es ont également examiné la classification des tracés du MEF et les renseignements consignés au dossier, c’est-à-dire les valeurs de fréquence cardiaque maternelle, la présence d’un artéfact ainsi que les détails concernant le travail.
Résultats : Trente-quatre cas d’asphyxie à la naissance ont été repérés. De ce nombre, 13 cas (38 %) d’accouchement prolongé attribuable à la présence d’un artéfact de la fréquence cardiaque maternelle ont été recensés; dans 9 de ces cas (69 %), la présence de l’artéfact a été décelée au deuxième stade de l’accouchement. On a estimé que les accouchements étaient prolongés, en moyenne, de 44,2 minutes + 21,9 minutes. La proportion de périodes pour lesquelles des tracés anormaux ont été observés au MEF était plus faible dans les 13 cas d’accouchement retardés, comparativement aux 21 cas d’accouchements non retardés (14,7 % vs 47,3 % [RC de 0,19 (0,11 à 0,33) p < 0,002]). À l’inverse, la proportion de périodes durant lesquelles des artéfacts de la fréquence cardiaque maternelle ont été observés était plus élevée (62,9 % vs 5,4 % [RC de 29,8 (15,5 à 57,3) p = 0,002)]. Des valeurs de fréquence cardiaque maternelle ont été consignées dans 34 % et 30 % des dossiers, respectivement. D’après la revue des dossiers, les professionnel·les de la santé n’ont pas reconnu les artéfacts de fréquence cardiaque maternelle.
Conclusions : Ne pas reconnaître un artéfact de la fréquence cardiaque maternelle et, par conséquent, considérer à tort la fréquence cardiaque fœtale comme rassurante, en particulier au deuxième stade de l’accouchement, prolonge l’accouchement dans plus du tiers des cas d’asphyxie à la naissance. Il est possible d’éviter une telle issue clinique par de l’éducation et par l’utilisation d’outils technologiques permettant de déceler les artéfacts de fréquence cardiaque maternelle.
Référence
Oppenheimer L, Colussi M, Payant L, Honey L, Kiely D, Ji J, Yang Q, MacIntyre A, El Sherif R, Young K, Woods S, Garber GE. The proportion of birth asphyxia associated with maternal heart rate artifact during electronic fetal monitoring in labour. Journal of Obstetrics and Gynecology Canada. April 2026. https://www.jogc.com/article/S1701-2163(25)00374-3/fulltext