Lessons learned from Canadian family physicians deprescribing medications in older adults – a five-year retrospective review of medico-legal cases
Résumé
Contexte : Les incidents liés à la sécurité des patient·es attribuables aux médicaments sont particulièrement courants chez les personnes âgées. Pour réduire les préjudices découlant de la prise de médicaments, il est essentiel de passer en revue et d’optimiser le schéma thérapeutique, ce qui passe notamment par la déprescription. La déprescription vise à alléger le fardeau thérapeutique en réduisant la dose des traitements médicamenteux qui ne procurent plus de bienfaits cliniques nets, voire en interrompant ces traitements, ou encore en optant pour des solutions de rechange plus sûres. Dans la présente étude, nous nous sommes appuyé·es sur une base de données pancanadienne de dossiers médico-légaux pour cibler des moyens d’améliorer les pratiques de déprescription en soins primaires chez les personnes âgées.
Méthodes : Nous avons mené une analyse rétrospective sur cinq ans (2018-2022) de dossiers médico-légaux conclus au Canada, qui portaient sur des cas de déprescription et mettaient en cause des médecins de famille et des personnes âgées de 65 ans et plus. Sur la base des dossiers que nous avons analysés, nous avons créé des exemples de cas qui reflètent des aspects à améliorer en matière de déprescription ainsi que des exemples de soins qui, malgré le dépôt d’une plainte ou d’une action en justice, ont été prodigués adéquatement (collectivement, les dossiers médico-légaux).
Résultats : Nous avons ciblé 31 dossiers médico-légaux, parmi lesquels 29 avaient fait l’objet d’une expertise médicale. Les expert·es ont cerné certains aspects à améliorer en lien avec la déprescription : il y a notamment lieu de procéder à des évaluations pour déterminer si la déprescription s’impose, de diminuer la dose graduellement et de façon sécuritaire en misant sur une approche multidisciplinaire (qui comprend entre autres de la surveillance et un suivi), de bien communiquer avec les patient·es et les personnes autorisées à prendre des décisions en leur nom, et de consigner l’information au dossier clairement et adéquatement. Dans bien des dossiers, l’expertise médicale a explicitement confirmé que ces mesures avaient été respectées; n’empêche que dans la moitié des cas, elle s’est montrée critique à l’endroit des soins liés à la déprescription.
Conclusions : Comme en témoignent les dossiers médico-légaux analysés, il y aurait plusieurs moyens d’améliorer les pratiques de déprescription en soins primaires : il convient notamment d’évaluer de façon exhaustive la personne soignée pour que la déprescription repose sur des décisions éclairées, et aussi de communiquer clairement les plans de traitement aux personnes responsables de la prise de décisions. L’analyse des dossiers confirme également qu’à l’instar de la relation médecin-patient·e, le processus de réduction de la polypharmacie est complexe et que des plaintes peuvent être déposées même quand ce processus est mené selon les règles de l’art.
Référence
Smith JD, Sadowski CA, Lee JY, Bernard C, Casey GM, Larivière, KE, Zhang C, Garber GE. Lessons learned from Canadian family physicians deprescribing medications in older adults – a five-year retrospective review of medico-legal cases. BMC Geriatrics. Décembre 2025. https://link.springer.com/article/10.1186/s12877-025-06894-6