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Composer avec une plainte au Collège : Suggestions pour réduire l’anxiété

Publié initialement en avril 2013
W13-002-F

Les médecins qui font l'object d'une plainte déposée auprès de leur organisme de réglementation (Collège) ou d'une enquête sont en proie à de l'anxiété et au stress. En fait, tous les médecins pourraient trouver utile de bien comprendre la nature du stress associé au processus de plainte, puisque la plupart seront tôt ou tard confrontés à une plainte au Collège au cours de leur carrière.

Au fil des ans, l'ACPM a mené quelques sondages auprès de membres ayant fait l'objet d'une plainte. Ces sondages confirment que ces membres continuent d'être aux prises avec une importante anxiété, souvent supérieure à celle ressentie lorsqu'impliqués dans une action en justice.

Si la plainte progresse vers une évaluation complémentaire, le stress éprouvé par le médecin peut devenir encore plus intense, et se transformer en détresse. Les sondages révèlent également que plus la durée du processus du Collège s'allonge, qu'il s'agisse d'une plainte ou d'une enquête, plus le stress vécu par le médecin augmente.

Certains médecins ont du mal à gérer la situation, même si la plainte s'avère non fondée et que le résultat leur est favorable. De nombreux médecins s'inquiètent de la perception qu'il y a eu erreur ou admonestation. Les médecins ont rapporté s'être sentis trahis par les patients qui ont déposé une plainte. De nombreux répondants ont aussi admis des sentiments de honte et une hésitation à aborder le sujet avec leurs collègues, et même avec des membres de leur famille. Certains médecins ont présenté des troubles du sommeil ou de concentration, et certains ont même sombré dans la dépression. D'autres ont admis avoir perdu confiance en leurs habiletés et leur jugement cliniques, peu importe l'issue de la plainte. Certains ont rapporté avoir été carrément dévastés. Quelques-uns ont songé à quitter la médecine ou à modifier leur champ d'exercice pour réduire le risque de plaintes futures au minimum. Alors que les médecins peinent à continuer de travailler comme à l'habitude, les membres de leur famille peuvent également être touchés.

Il peut être utile de songer à l'issue de la plainte

Pour gérer le stress, les médecins doivent comprendre le processus de plainte, pour pouvoir remettre la plainte en contexte et garder une certaine perspective. Bien que toutes les plaintes doivent être prises au sérieux, parmi celles dont l'issue est connue, dans plus de 75 % des cas, le Collège (le syndic au Québec) n'y donnera pas suite ou y apportera une recommandation (p. ex., des stages de perfectionnement, un avertissement ou un conseil).

Il se peut que le Collège ait relevé des lacunes dans la pratique du médecin et qu'il voie la plainte en tant qu'occasion de perfectionnement pour le médecin. Certains Collèges demandent au médecin de rédiger un texte sur un sujet en particulier, tandis que d'autres pourraient demander au médecin de rencontrer son registraire. Un petit nombre de médecins pourraient devoir suivre un perfectionnement, comme de la formation sur la tenue de dossiers médicaux ou un cours en communication, si de nombreuses plaintes ont dégagé le besoin d'améliorer ses interactions avec les patients.

Un nombre infime de plaintes au Collège mènent vers une enquête sur l'exercice d'un médecin. Il est très rare qu'un Collège révoque ou suspende le permis d'exercice d'un médecin. Un peu plus de 1 % des médecins démissionnent, partent à la retraite ou limitent leur champs d'exercice volontairement. Dans 4 % des cas de l'ACPM mettant en cause une plainte au Collège, cette plainte est assortie d'une poursuite au civil.

Stratégies d'adaptation

Les médecins doivent garder à l'esprit qu'ils ne sont pas les seuls à vivre le stress émotionnel amené par une plainte au Collège. Ils doivent aussi reconnaître l'importance de prendre soin d'eux; voici quelques stratégies à retenir.

Rester en santé

Dormir suffisamment et bien manger permet aux médecins de conserver la force physique nécessaire pour composer avec le stress psychologique. L'exercice est également bénéfique. Il importe également que le médecin conserve une vie sociale et qu'il ne sombre pas dans l'isolement et le découragement. L'automédication ou l'augmentation de la consommation d'alcool sont aussi à éviter.

Analyser le problème objectivement

Le fait de voir la situation sous un angle objectif et avec franchise permettra au médecin de garder la plainte en perspective. Le fait de rester accroché sur l'objet de la plainte augmente le risque de commettre une erreur dans la vie professionnelle et personnelle; le médecin doit donc être conscient de ce qu'il fait et restreindre le temps qu'il consacre à s'inquiéter de la plainte, et prendre du temps pour se souvenir de ce qui va bien.

L'utilisation de la technique du meilleur ami consiste à se traiter soi-même comme nous traiterions notre meilleur ami. Si un médecin a commis une erreur, il devrait adopter une attitude aussi empathique que celle qu'il offrirait aux autres. Rien ne sert de juger. Ce qui importe avant tout, c'est d'apprendre de la situation et d'aller de l'avant.

Réagir de façon professionnelle pour s'améliorer

Le fait de savoir qu'ils ont réagi avec professionnalisme devant la critique peut réduire le stress des médecins. Ils devraient se concentrer sur ce qu'ils peuvent apprendre de la plainte et les façons d'intégrer ce qu'ils ont appris à leur exercice, leurs connaissances et leurs habiletés cliniques.

Chercher du soutien personnel

Les médecins n'ont pas à affronter seuls le processus de plainte. Il est conseillé de cultiver leur réseau et de conserver leurs relations avec leurs patients, leurs collègues, leur famille et leurs amis.

Chercher des ressources et de l'aide professionnelle

Au besoin, les médecins devraient également obtenir des conseils professionnels de leur omnipratricien ou songer à utiliser les services du programme de santé des médecins offert dans la plupart des provinces.

Une meilleure connaissance du sujet a entraîné la publication de nombreux livres et guides conçus pour aider les médecins. Également, les membres de l'ACPM ont accès à une section spéciale du site web sur le bien-être des médecins. L'Association a aussi publié l'article dans son site web (cmpa-acpm.ca), Comment les Collèges traitent-ils les plaintes et allégations d'inconduite professionnelle?

L'ACPM est là pour vous aider

Lorsqu'un membre appelle l'ACPM au sujet d'une plainte au Collège, des médecins-conseils, eux-mêmes médecins forts d'une riche expérience des questions médico-légales, répondent avec professionnalisme et collégialité. Ils expliquent le processus de plainte et passent en revue la réponse écrite du membre au Collège. Ils peuvent également aider le médecin à remettre la plainte en perspective et donner des stratégies d'adaptation et des indications pour traiter les enjeux dont il est question dans la plainte.

Reconnaître les signes de stress, offrir un soutien émotionnel et diriger les médecins vers les ressources en place font également partie des services offerts par les médecins-conseils. Que ce soit avec ses ressources en ligne ou des conseils confidentiels prodigués au téléphone, l'ACPM peut soutenir les médecins qui reçoivent une plainte au Collège. Appelez l'ACPM, au 1-800-267-6522.


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