Obligations et responsabilités

Les attentes des médecins en exercice

Pour aider les patients à prendre des décisions éclairées

Publié initialement en avril 2014
W14-004-F

Les médecins jouent un rôle important lorsqu'il s'agit d'aider les patients à comprendre leur diagnostic ainsi que les traitements qui leur sont offerts. Les renseignements que les médecins fournissent aux patients, et le dialogue qui s'ensuit, constituent des éléments essentiels de la discussion entourant l'obtention d'un consentement éclairé.

Le fait d'aider le patient à comprendre les conséquences du plan de soins et de l'encourager à participer au processus décisionnel permet de consolider les échanges et le partenariat entre le médecin et le patient. Une telle approche encourage également le patient à adhérer à son plan de traitement.

Considérations médico-légales liées au consentement

Une analyse des dossiers de l'Association a démontré que les questions liées au consentement éclairé contribuent fréquemment aux problèmes médico-légaux. Entre 2008 et 2013, 21 % de tous les dossiers de l'ACPM s'étant traduits en une action en justice comportaient un problème quant à l'obtention d'un consentement éclairé. 

Pour éviter ce genre de situation, les médecins devraient favoriser une culture de communication visant à aider les patients à bien saisir tant le diagnostic que les traitements qui leur sont offerts.

Pour que le consentement au traitement soit considéré valide, le patient doit recevoir une explication adéquate de la nature du traitement et du résultat attendu, ainsi que des risques importants et des solutions de rechange possibles. Les patients devraient également être conscients de ce que peut signifier pour eux l'absence de traitement.

Information et prise de décisions

Il peut être difficile, compte tenu du rythme frénétique du milieu des soins de santé d'aujourd'hui, de trouver le temps d'expliquer un diagnostic et les choix de traitement qui s'y rattachent. Cependant, les médecins ont l'obligation de fournir aux patients l'information qui leur permet d'évaluer les choix qui leur sont présentés. Les patients peuvent alors prendre des décisions judicieuses sur les soins qu'ils veulent recevoir et accorder un consentement éclairé après avoir bien compris ce que les divers traitements possibles impliquent.

En établissant un dialogue constructif avec le patient, le médecin crée un contexte propice à un processus décisionnel efficace qui s'avère essentiel pour des soins axés sur le patient. Le patient devient ainsi informé et responsable, ce qui lui permet de gérer activement son problème de santé et le plan de traitement qui y est associé. Cette approche en matière de communication, reconnue comme étant une prise de décision partagée, donne souvent de meilleurs résultats pour la santé du patient. Elle considère en effet que celui-ci est l'expert en ce qui a trait à sa vie et aux conditions qui lui sont propres.1 Cette approche favorise par ailleurs l'élaboration d'un plan reflétant la compréhension des points de vue du patient, de son mode de vie, de son vécu culturel et de ses objectifs en matière de soins de santé. Dans ce modèle de communication, les renseignements cliniques sont échangés plutôt qu'imposés unilatéralement. Ceci encourage une véritable discussion du problème de santé du patient, de ses choix de traitement, des résultats attendus et des incertitudes.

Comme la plupart des patients recherchent la transparence et l'occasion d'examiner les choix qui leur sont présentés, il importe de valoriser une approche favorisant la compréhension et l'adhésion au traitement chez le patient.

Favoriser la prise de décisions chez le patient

Les médecins voudront adopter les mesures suivantes pour aider les patients à bien comprendre les renseignements qui leur sont présentés et appuyer la prise de décisions éclairées.

  • Déterminer comment le patient préfère recevoir l'information (p. ex., présentation, niveau d'information, validation des connaissances antérieures)
  • Tenir compte des valeurs culturelles et des croyances du patient, ainsi que de son niveau de littératie en santé.
  • Demander au patient si un membre de sa famille, un ami ou un autre professionnel de la santé devrait participer à l'échange d'information.
  • Adapter l'échange d'information aux circonstances et à la gravité du diagnostic (p. ex., l'information risque-t-elle de désemparer indûment le patient?)
  • Examiner avec le patient le niveau de risque qu'il considère acceptable.
  • Écouter les idées, inquiétudes et attentes du patient à l'égard de sa santé, et y répondre.
  • Présenter au patient des sources crédibles d'information sur son problème de santé ou le diriger vers de telles sources (bibliothèque de l'hôpital, ressources web, dépliants, etc.).
  • Utiliser des outils d'aide à la décision pouvant servir à mieux faire comprendre la situation au patient pour lui permettre d'évaluer les possibilités qui lui sont offertes.
  • Utiliser une approche par étapes, accordant ainsi au patient la possibilité de bien assimiler l'information avant de prendre une décision.

Information à transmettre – privilégier la qualité par rapport à la quantité

Compte tenu de l'expansion des ressources offertes en ligne, il n'a jamais été aussi facile pour les patients d'obtenir des renseignements sur la santé. Cependant, toutes les sources d'information médicale ne devraient pas être considérées comme étant de même qualité. Tout en encourageant les patients à participer à leurs soins, les médecins devraient leur proposer des sources fiables donnant des renseignements exacts. Si un patient se présente en possession de renseignements incomplets ou inexacts, il est important que le médecin passe les faits en revue avec lui, corrige les renseignements erronés et réponde aux questions qu'il peut soulever.

Un médecin peut, par exemple, remettre au patient un dépliant portant sur son problème de santé ou lui proposer des outils d'aide à la décision en matière de santé qui sont fondés sur des données probantes et que l'on retrouve de plus en plus souvent en ligne, destinés tant aux cliniciens qu'aux patients. Ces outils permettent aux patients d'examiner les renseignements à leur convenance, à l'extérieur du cabinet médical. Il existe des bases de données en ligne pour les outils d'aide à la décision qui sont reconnues comme étant perfectionnées et répondant à des critères internationaux convenus. Le collaboratif International Patient Decision Aid Standards (IPDAS), par exemple, a établi des sources fiables d'information et une liste de vérification servant à déterminer la qualité des outils d'aide à la décision pour les patients.2 Bien que ces outils puissent aider les patients à prendre les bonnes décisions, ils ne devraient être considérés qu'à titre de compléments et non de remplacement à la discussion entourant le consentement.

Ces outils offrent des renseignements visant à améliorer la qualité des décisions, tout particulièrement lorsqu'une situation complexe requiert une évaluation des multiples choix de traitement. Leur but est de fournir de l'information pouvant soutenir les patients dans leurs décisions, tout en respectant leurs valeurs et leurs circonstances. Plutôt que de noyer le patient d'informations, les meilleurs outils d'aide à la décision sont précis et servent à rationaliser les choix médicaux. 

Consentement éclairé – fondé sur une discussion et des renseignements précis et utiles

Les patients ont tout intérêt à obtenir des renseignements sur leur diagnostic et l'éventail des traitements possibles, ainsi qu'à participer à une discussion constructive sur leur plan de soins. Malgré d'importantes contraintes, les médecins doivent allouer suffisamment de temps pour aider les patients à obtenir et clarifier les renseignements sur leurs problèmes de santé.

L'échange d'information peut prendre diverses formes et être appuyé par une variété d'outils et de ressources. Dans tous les cas, l'objectif est de favoriser la compréhension et la prise de décisions chez le patient. 

Les patients ont le droit de prendre des décisions sur leur propre santé et de poser des questions sur les traitements qui leur sont proposés. Pour leur part, les médecins sont bien placés pour orienter les patients dans le dédale des innombrables sources d'information qui leur sont offertes de nos jours.  

Bien que certains patients choisissent de participer activement aux décisions concernant leur traitement, d'autres dépendent complètement de leur médecin pour leur faire des recommandations. Quel que soit l'engagement des patients dans la prise de décisions, le médecin a le devoir de collaborer avec ces derniers pour obtenir un consentement éclairé. 

Suggestions de lecture :


1Godolphin, William, « Shared Decision-Making, » Healthcare Quarterly, août 2009. Consulté en ligne en mars 2014 : www.longwoods.com/content/20947

2 Site web du collaboratif International Patient Decision Aid Standards (IDPAS) (en anglais). Consulté en ligne en mars 2014: http://ipdas.ohri.ca/what.html
 


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