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Biais cognitifs


Influences sur le raisonnement

Biais cognitifs courants


Le recours à une gamme de stratégies peut contribuer à éviter bon nombre de biais cognitifs. [REF]
Scott, I., « Errors in clinical reasoning: causes and remedial strategies, » BMJ, Vol. 339, p. 22-25.
 Voici quelques exemples de biais courants ainsi que des stratégies visant à les résoudre.

Cliquez sur chaque image et défilez vers le texte en-dessous pour en apprendre davantage sur chacun des biais cognitifs courants et sur de meilleures façons de penser.

Ancre d'un bateau Panneau indiquant « Fermé »Une main tenant une loupeZèbre
 
Gros plan du visage d'une femme portant sur le front une étiquette indiquant: « migraine »  Femme médecin examinant un jeune homme coiffé à la mohawk Gros plan d'un médecin croisant les bras Un cube rouge parmi de multiples cubes blancs

Ancrage

Centrer l'attention sur un symptôme, un signe, un élément d'information ou un diagnostic en particulier au début du processus du diagnostic sans apporter de corrections en fonction d'autres possibilités - soit en manquant d'en tenir compte ou en les ignorant.

Exemples

1. Une femme de 48 ans atteinte d'une ostéoporose avérée se présente avec une lombalgie sévère suite à une journée de jardinage vigoureux. Une radiographie simple révèle une fracture vertébrale par tassement. Son médecin attribue la fracture à son ostéoporose.

Le défaut du médecin d'envisager d'autres diagnostics entraîne un retard dans le diagnostic d'un carcinome métastatique.

Le médecin s'est « ancré » au diagnostic d'ostéoporose plutôt que d'établir un diagnostic différentiel en vue d'expliquer la fracture.

2. Un homme de 22 ans se présente pendant la saison de la grippe avec nausées, vomissements et douleurs abdominales. Le patient n'a pas de diarrhée. L'abdomen est souple avec présence de sensibilité légère diffuse, sans douleur à la détente brusque de la paroi abdominale et les bruits intestinaux sont normaux.

Le patient reçoit un diagnostic de gastro-entérite puisque le médecin centre son attention sur les vomissements et minimise l'importance de la douleur abdominale et de l'absence de diarrhée. Le patient reçoit son congé.

Une appendicite est diagnostiquée deux jours plus tard.

De meilleures façons de penser

  • Recueillir suffisamment d'information.
  • Établir un diagnostic différentiel.
  • Envisager la pire éventualité.
Réévaluer le diagnostic si :
  • de nouveaux signes ou symptômes apparaissent;
  • l'évolution naturelle de la maladie présumée n'est pas observée chez le patient sans traitement et son état ne s'améliore pas;
  • l'état du patient ne s'améliore pas tel que prévu.
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Conclusion prématurée

L'acceptation sans réserves d'un diagnostic initial et le défaut de rechercher des renseignements qui remettront en question le diagnostic provisoire ou encore d'envisager d'autres diagnostics.

Exemple

Un patient se présente avec une céphalée intense d'apparition soudaine et des vomissements suite à un banquet. Le patient croit que les symptômes résultent d'une intoxication alimentaire.

Comme l'examen neurologique s'avère normal, le médecin accepte le diagnostic provisoire du patient.

L'état du patient se détériore et une rupture d'anévrisme cérébral est éventuellement diagnostiquée.

De meilleures façons de penser

  • Recueillir suffisamment d'information.
  • Établir un diagnostic différentiel.
  • Identifier tout symptôme alarmant et investiguer de façon appropriée. Envisager la pire éventualité – ce que vous voulez éviter de manquer.
  • Envisager une consultation avec un collègue ou un spécialiste.
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Satisfaction par rapport à la recherche

Lorsqu'une anomalie est décelée, interrompre la recherche sans tenter d'en identifier d'autres.

Exemple

Un patient traumatisé est admis en toute urgence à la salle d'opération pour une lacération de la rate. Bien qu'il survive à la chirurgie, il continue de se plaindre d'une douleur abdominale basse aigüe.

Trois jours après la chirurgie, une fracture pelvienne est diagnostiquée. Cette fracture avait été constatée à l'examen radiologique initial lorsque le patient est arrivé au service d'urgence mais elle avait été oubliée en raison du traumatisme splénique.

De meilleures façons de penser

Après avoir identifié une anomalie, demandez-vous s'il n'y a pas autre chose qui se passe.

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S'éloigner du concept du zèbre

Si c'est rare, il ne peut pas s'agir de cela – le fait de s'éloigner d'un diagnostic rare.

Exemple

Une femme de 28 ans qui prend des contraceptifs oraux se présente avec une douleur au mollet après avoir fait une chute au travail. Son omnipraticien pose le diagnostic de foulure du muscle du mollet.

La patiente décède deux jours plus tard d'une embolie pulmonaire massive.

Bien que la foulure d'un muscle à la suite d'une blessure soit un diagnostic plus courant, dans ce cas, c'est un diagnostic de thrombophlébite profonde (TPP) qui aurait dû être posé.

De meilleures façons de penser

Les étudiants en médecine se font dire : « Lorsque vous entendez un bruit de sabots, pensez à un cheval et non à un zèbre », ce qui s'avère habituellement un conseil judicieux. Or, lorsque vous envisagez le pire des diagnostics et que vous le confirmez ou l'excluez, les chances de poser un diagnostic erroné sont réduites.

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Effet de boule de neige (élan diagnostique)

Les étiquettes diagnostiques peuvent suivre le patient. Si tout le monde y croit, il doit s'agir de cela!

Exemple

Les infirmières au service d'urgence vous demandent de voir Mlle Leduc et de lui donner rapidement son congé. Elles expliquent qu'elle vient souvent à l'urgence et qu'elle est à la recherche de narcotiques.

Ce soir, Mlle Leduc se présente de nouveau avec une douleur abdominale. Heureusement, vous faites une anamnèse complète et un examen physique détaillé et vous posez le diagnostic de grossesse ectopique avec rupture.

De meilleures façons de penser

  • Évaluer les patients de façon appropriée.
  • Décider consciemment d'élaborer un diagnostic ou un diagnostic différentiel indépendamment des étiquettes que d'autres ont pu appliquer.
  • Il peut être utile de prendre une « pause de réflexion » pour réévaluer le diagnostic différentiel.
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Erreur d'attribution

Une forme de stéréotype : le fait d'expliquer l'état du patient en fonction de sa disposition ou de sa personnalité plutôt que de chercher une explication médicale valide.

Exemple

Un homme sans abri en état d'ébriété se présente avec un important ulcère sur la surface plantaire de son pied droit. Puisqu'il est d'apparence malpropre et négligée, et sans souliers, vous présumez que l'ulcère est d'origine traumatique et que les chances d'amélioration sont faibles étant donné son mode de vie.

Des investigations supplémentaires révèlent qu'il n'est pas ivre mais plutôt diabétique.

Grâce à une thérapie et un soutien appropriés, le patient est en mesure de gérer son diabète et de guérir l'ulcère à son pied.

De meilleures façons de penser

Chaque patient et chaque professionnel de la santé est une personne unique.

Malheureusement, il arrive que nous ayons des préjugés à l'égard de patients souffrant de certaines maladies, notamment une maladie psychiatrique, ou d'une dépendance à la drogue ou à l'alcool.

Évitez de stéréotyper un patient en fonction, entre autres, de la culture, du sexe, de la maladie ou l'incapacité, ou de l'orientation religieuse ou sexuelle.

Reconnaissez qu'il se peut que vous n'ayez pas le meilleur rapport avec un patient en particulier et portez une attention spéciale à l'incidence de cette réalité sur votre prise de décisions et votre jugement.

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Soumission à l'autorité

Éviter d'être en désaccord avec un « expert ».

Exemple

L'hôpital dans lequel vous travaillez à titre d'étudiant en médecine est à court de lits. Le résident sénior vous envoie à l'unité des soins médicaux pour donner son congé à un patient de 67 ans admis le jour précédent avec une MPOC. On vous dit que l'état du patient s'est amélioré et qu'il peut « rentrer chez lui » et faire un suivi auprès de son omnipraticien.

Lorsque vous arrivez au chevet du patient, les membres de la famille vous prennent à part et expriment leurs sérieuses préoccupations face à la décision de donner congé au patient.

Vous décidez de réexaminer le patient et vous constatez qu'il souffre d'une légère détresse respiratoire. Vous prenez ses signes vitaux et le patient a maintenant une température de 39 C.

Préoccupé, vous téléphonez au résident, qui vous dit que c'est à l'omnipraticien de s'en occuper.

Que devriez-vous faire maintenant?

De meilleures façons de penser

Tous les membres d'une équipe doivent pouvoir s'exprimer et tout membre de l'équipe devrait prendre respectueusement la parole s'il a des préoccupations par rapport à la sécurité d'un patient.

Pour un complément d'information, vous référer à parler franchement.

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Heuristique de disponibilité

Des diagnostics récents ou frappants chez les patients reviennent à l'esprit plus facilement (c.-à-d. qu'ils sont davantage disponibles) et sont surestimés lors de l'évaluation de la probabilité du diagnostic actuel.

Une heuristique est un raccourci mental.

Exemple

Pendant la saison de la grippe, il se peut que vous soyez porté à croire que tout patient présentant une fièvre et des myalgies a la grippe.

De manière semblable, vous pouvez interpréter tout naevus brun clair de contour irrégulier comme un éventuel mélanome après avoir été surpris par un diagnostic inattendu de mélanome à la suite d'une biopsie récente. Cela peut entraîner des biopsies inappropriées de lésions bénignes sur le plan clinique.

De meilleures façons de penser

  • Soyez conscient de l'influence de diagnostics récents sur votre acuité diagnostique.
    • D'une part, surveillez les symptômes alarmants et les symptômes ou les signes incompatibles avec un diagnostic courant et moins sérieux.
    • D'autre part, évitez de multiplier les investigations ou de prodiguer un traitement agressif en fonction d'un récent diagnostic inattendu chez un autre patient.
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