À la fin de 2024, l’ACPM comptait 3 274 radiologistes diagnostiques parmi ses membres (code de travail 45).
Le graphique ci-dessous présente une comparaison des tendances observées sur 10 ans dans les dossiers médico-légaux ciblant ces spécialistes et l’ensemble des membres de l’ACPM.
Quels sont les risques relatifs d’un problème médico-légal en radiologie diagnostique?
- Radiologie diagnostique, plaintes au Collège (n = 808)
- Radiologie diagnostique, actions civiles (n = 634)
- Ensemble des membres de l’ACPM, plaintes au Collège (n = 49 331)
- Ensemble des membres de l’ACPM, actions civiles (n = 13 582)/li>
Entre 2015 et 2024, les taux de plaintes au Collège (p < 0,0001) étaient significativement inférieurs chez les radiologistes diagnostiques que chez l’ensemble des membres de l’ACPM.1
Par ailleurs, au cours de la même période, les taux d’actions civiles (p < 0,0001) étaient significativement supérieurs chez ces spécialistes que chez l’ensemble des membres de l’ACPM.
Par rapport aux autres radiologistes diagnostiques, quel est le risque de vous faire citer dans des dossiers médico-légaux?
Pourcentage de radiologistes diagnostiques, fréquence des dossiers sur 5 ans
| Aucun dossier |
78,4 |
| 1 dossier |
17,0 |
| 2 dossiers ou plus |
4,6 |
Pourcentage de radiologistes diagnostiques, fréquence des dossiers sur 1 an
| Aucun dossier |
94,1 |
| 1 dossier ou plus |
5,9 |
Sur une période de 5 ans (2020 à 2024)2, 5 % des radiologistes diagnostiques ont été cité·es dans au moins 2 dossiers (y compris les actions civiles, les plaintes au Collège et les plaintes intrahospitalières). Ces spécialistes comptaient plus de dossiers que 95 % des autres médecins de la même spécialité.
Annuellement, près de 6 % des radiologistes diagnostiques ont été cité·es dans 1 dossier ou plus en moyenne.
Les sections suivantes présentent les résultats tirés des 463 dossiers d’actions civiles, de plaintes aux Collèges et de plaintes intrahospitalières conclus par l’ACPM entre 2020 et 20243, et visant des radiologistes diagnostiques.
Quelles sont les plaintes le plus souvent émises par les patient·es et les critiques le plus couramment formulées par l’expertise médicale?4 (n = 463)
| Erreur de diagnostic |
54 |
53 |
| Interprétation erronée des résultats d’un test |
51 |
36 |
| Évaluation déficiente |
16 |
7 |
| Connaissances ou compétences insuffisantes |
12 |
14 |
| Omission de réaliser un test ou une intervention |
11 |
8 |
| Comportement non professionnel |
9 |
2 |
| Tenue de dossiers inadéquate |
9 |
14 |
| Processus de consentement inadéquat |
8 |
4 |
| Préjudice associé à la prestation de soins de santé |
7 |
5 |
| Surveillance ou suivi inadéquats |
6 |
3 |
Des plaintes sont souvent déposées lorsque des patient·es ou leur famille s’inquiètent qu’un problème soit survenu lors de la prestation de soins. Ces plaintes ne sont pas toujours appuyées par l’opinion de l’expertise médicale. Il arrive que l’expertise n’ait pas de critiques à formuler quant aux soins prodigués, ou que ses critiques n’aient aucun lien avec les allégations des patient·es. Il se peut également qu’un même dossier contienne plus d’une plainte ou critique de l’expertise médicale.
Erreurs de diagnostic. Un diagnostic manqué, retardé ou erroné était l’élément le plus fréquemment en cause à la fois dans les plaintes de patient·es (54 %) et les critiques de l’expertise médicale (53 %). Sur les 199 actions civiles, l’expertise médicale a critiqué une erreur de diagnostic dans 65 % (129) des dossiers. Voici les critiques formulées par l’expertise médicale à ce sujet :
- Interprétation erronée des résultats d’un test diagnostique. La proportion d’allégations (51 %) dépassait de 15 points de pourcentage la proportion de conclusions confirmées par l’expertise médicale (36 %). Il arrive qu’une anomalie soit subtile, ambiguë ou inférieure au seuil de détection, ce qui peut entraîner des écarts entre l’interprétation prospective et l’examen rétrospectif. Par exemple, un radiologiste avait considéré à tort comme étant bénin un nodule mammaire observé à l’échographie chez une jeune patiente. La mammographie et la biopsie subséquente avaient donc été retardées, et cette dernière avait ensuite confirmé un cancer du sein avancé.
- Connaissances ou compétences insuffisantes au regard de la portée de l’examen interprété. Par exemple, une radiologiste dont la formation était principalement axée sur l’IRM n’avait pas décelé une masse rénale à la tomodensitométrie. Cette omission avait entraîné un retard dans le diagnostic d’un cancer de la glande surrénale. L’expertise médicale a critiqué la capacité de la radiologiste à interpréter la tomodensitométrie ainsi que son non-respect du protocole relatif à l’obtention d’un deuxième avis.
- Anamnèse ou évaluations générales lacunaires, notamment l’omission de tenir compte des renseignements déjà consignés dans le dossier d’un·e patient·e, comme les antécédents médicaux, les indications cliniques ou les images antérieures ou actuelles. Par exemple, l’expertise médicale a critiqué le rapport d’échographie rédigé par un radiologiste pour une patiente atteinte d’un cancer du sein, car il ne faisait état d’aucune comparaison avec les examens antérieurs, ne précisait pas l’évolution des lésions et n’établissait aucun lien avec les éléments pertinents du dossier médical.
- Omission de réaliser un test ou une intervention, comme une imagerie diagnostique complémentaire ou une demande de consultation dans un centre spécialisé. Par exemple, l’expertise médicale a reproché à une radiologiste de ne pas avoir recommandé une imagerie avec contraste pour examiner davantage et repérer une densité anormale observée à la radiographie thoracique. Cette omission a entraîné un retard dans le diagnostic d’un cancer du poumon.
- Tenue de dossiers inadéquate et renseignements trop peu détaillés dans un rapport d’imagerie, comme les découvertes fortuites, les signes de masse ou un examen de la colonne vertébrale. Par exemple, un radiologiste a omis de consigner la découverte fortuite d’une masse thoracique observée à la tomodensitométrie abdominale, ce qui a retardé le diagnostic de cancer et le traitement subséquent.
Quels sont les motifs de consultation les plus fréquents associés aux soins prodigués par les radiologistes diagnostiques? (n = 463)
- Cancers et néoplasmes (p. ex. du sein, des méninges, du poumon, du côlon, du système hépatobiliaire) (142)
- Troubles musculosquelettiques (p. ex. arthropathies comme les arthralgies et les troubles des tissus mous; maladies de la colonne vertébrale comme la sténose spinale) (66)
- Injuries (e.g. wrist, hand, ankle, foot) (64) Lésions (p. ex. au poignet, à la main, à la cheville, au pied) (64)
- Troubles gastro-intestinaux (p. ex. cirrhose, cholécystite, appendicite) (41)
- Troubles cardiovasculaires (p. ex. anévrisme cérébral, embolies) (33)
- Troubles génito-urinaires (p. ex. calcul rénal ou urétéral, hydronéphrose) (32)
La fréquence des motifs de consultation cités dans les dossiers médico-légaux reflète vraisemblablement les pratiques des radiologistes diagnostiques et ne témoigne pas nécessairement du risque élevé des affections en cause. Parmi les autres motifs de consultation fréquemment relevés dans les dossiers mettant en cause des radiologistes diagnostiques figuraient les troubles périnataux, du système nerveux central, respiratoires et endocriniens.
Quels sont les principaux facteurs associés à un préjudice grave5 dans les dossiers médico-légaux? (n = 463)

Facteurs liés aux patient·es6
- Âge > 65
- Présence de troubles cardiovasculaires (p. ex. anévrisme cérébral, dissection aortique, embolie pulmonaire)
Facteurs liés aux médecins7
- Évaluation déficiente
- Omission de recommander une imagerie de suivi ou de demander une consultation auprès d’un·e autre spécialiste alors qu’une anomalie ambiguë avait été signalée
- Interprétation erronée des résultats d’un test
Facteurs liés au système7
- Procédures administratives inadéquates dans l’établissement ou le cabinet (p. ex. le dossier de santé électronique n’était pas accessible pour permettre la consultation du rapport préliminaire rédigé par le radiologiste)
Facteurs liés à l’équipe7
- Omission de communiquer des résultats graves, urgents ou inattendus
- Mauvaise coordination des soins
Aide-mémoire pour réduire les risques
D’après l’étude des dossiers de l’ACPM par l’expertise médicale, les radiologistes diagnostiques peuvent gérer les risques comme suit :
- Procéder à un examen approfondi et systématique des images, et les comparer avec toute autre étude d’imagerie antérieure disponible pour assurer une interprétation exacte et repérer toute évolution entre les examens. Chercher activement à obtenir le contexte clinique en consultant le dossier de santé électronique ou en communiquant directement avec la ou le médecin traitant·e. Veiller à ce que les conclusions du rapport d’imagerie concordent avec les antécédents et les renseignements cliniques de la ou du patient·e. Penser à recommander un suivi approprié lorsque les résultats d’imagerie et les renseignements cliniques ne concordent pas entièrement.
- Intégrer des outils d’aide à la décision clinique et des lignes directrices fondées sur des données probantes à son flux de travail afin d’améliorer l’exactitude et l’uniformité des diagnostics. Penser à utiliser les technologies disponibles (p. ex. systèmes de comptes rendus structurés, outils de classification normalisés et applications validées d’assistance par l’IA) pour appuyer son jugement clinique dans le but d’étayer l’interprétation et de réduire la variabilité. Participer à des programmes d’apprentissage et d’évaluation entre pair·es, à la fois comme apprenant·e et enseignant·e.
- Avoir conscience des principaux facteurs cognitifs qui peuvent nuire à l’interprétation, comme l’inattention, les distractions, le biais de satisfaction de recherche et le biais d’ancrage. Suivre une liste de vérification ou adopter une méthode d’analyse systématique, particulièrement pour la lecture des images de traumatologie, de stadification du cancer et en coupe transversale. Reconnaître que des facteurs comme la fatigue et le travail après les heures normales peuvent nuire à l’exactitude de la lecture d’images, et recourir à des mécanismes de surlecture ou de deuxième lecture.
- Relire son rapport diagnostique afin d’en assurer l’exhaustivité et la clarté, y compris l’utilisation appropriée du système provincial de déclaration et de classification des données. Utiliser un langage précis et clair pour décrire les variantes normales, les découvertes fortuites et toute mesure de suivi recommandée.
- Veiller à ce qu’un système fiable soit en place pour faciliter la réception en temps opportun, l’évaluation efficace ainsi que la gestion et le suivi appropriés des résultats d’examen, y compris la communication de ceux-ci aux patient·es ou autres médecins.
- Établir, consigner et suivre de manière systématique un protocole en boucle fermée afin d’assurer la communication en temps opportun des résultats graves, urgents ou inattendus à la ou au médecin le plus responsable. Lorsqu’une découverte a été omise puis relevée ultérieurement, envoyer promptement un addendum en plus de communiquer directement avec les personnes concernées.
Limites
Les nombres qui figurent dans ce rapport sont tirés des données médico-légales de l’ACPM. Les dossiers médico-légaux de l’ACPM ne représentent qu’une faible proportion de l’ensemble des incidents liés à la sécurité des patient·es. De nombreux facteurs peuvent inciter une personne à intenter une poursuite ou à déposer une plainte, et ces facteurs varient grandement en fonction du contexte. Ainsi, bien que les dossiers médico-légaux de l’ACPM puissent constituer une précieuse ressource pour la détermination de thèmes importants, ils ne peuvent pas être considérés comme représentatifs de l’ensemble des incidents liés à la sécurité des patient·es.
Maintenant que vous connaissez les risques liés à votre travail…
Limitez les risques médico-légaux grâce aux ressources de l’ACPM.
- Ressources éducatives de l’ACPM :
Vos risques médico-légaux vous préoccupent? Visitez le Programme de soutien aux membres.
Vous voulez en savoir plus?
Pour toute demande de données, écrivez à [email protected].
Ce rapport de recherche a bénéficié de l’apport du Dr D’Arcy Little et des Dres Tanya Chawla et Ania Kielar. L’ACPM est reconnaissante de leur contribution aux travaux de recherche de l’Association.
Notes
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Les médecins n’ont pas l’obligation de signaler les plaintes au Collège à l’ACPM, et ne le font que sur une base volontaire. Par conséquent, il n’est pas possible de brosser un portrait complet de ce type de dossiers au Canada.
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En moyenne, un dossier médico-légal est ouvert deux à trois ans après un incident lié à la sécurité des patient·es. Ainsi, il est possible qu’un nouveau dossier médico-légal concerne un incident survenu il y a quelques années.
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Les concepts et les thèmes abordés dans ce rapport reposent sur les résumés cliniques anonymisés et les avis d’expert·es tirés des dossiers médico-légaux ciblant la spécialité médicale concernée.
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Par expertise médicale, on entend les médecins expert·es qui interprètent les problèmes cliniques, scientifiques ou techniques liés aux soins prodigués et qui émettent une opinion à leur égard. Ces médecins ont habituellement une formation et une expérience semblables à celles de leurs collègues ayant prodigué les soins à évaluer.
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Comprend les préjudices graves pour les patient·es ainsi que le décès. Selon le glossaire du service de recherche de l’ACPM, un préjudice grave pour les patient·es est défini comme une intervention nécessaire à la survie ou une intervention médicale ou chirurgicale majeure, entraînant une diminution de l’espérance de vie, ou causant, de façon permanente ou temporaire, une perte fonctionnelle ou un préjudice majeurs.
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Les facteurs liés aux patient·es regroupent toutes les caractéristiques ou les affections médicales présentes au moment de la consultation médicale, ou tout événement survenant durant la consultation.
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D’après l’opinion d’expertes et d’experts.