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Stress et problèmes médico-légaux : l’importance du soutien

Face à un problème médico-légal, n’hésitez pas à aller chercher de l’aide pour y voir plus clair et gagner en confiance.

Deux médecins en train de discuter dans un escalier.

2 minutes

Publié : mai 2026

Les renseignements présentés dans cet article étaient exacts au moment de la publication.

Apprendre qu’une plainte a été déposée contre soi, recevoir une lettre d’un organisme de réglementation ou entendre parler d’une possible poursuite : voilà des situations hautement déstabilisantes. Dans ces moments-là, il se peut qu’on se sente piqué·e au vif, voire qu’on remette en question son jugement, sa compétence ou son identité en tant que médecin.

Le stress causé par des problèmes médico-légaux est plus courant que ne le croient bon nombre de médecins. En fait, pendant leur carrière, la plupart des médecins feront face à une plainte, à une enquête ou à un problème judiciaire quelconque.

Des données tirées de l’indice de bien-être des médecins de l’ACPM en témoignent : les événements médico-légaux peuvent être un obstacle sérieux au bien-être. En 2025, 70 % des médecins détenant un permis d’exercice régulier qui avaient signalé un problème médico-légal dans l’année précédente traversaient une période de détresse ou de difficultés. Pour les résident·es et moniteur·rices cliniques (fellows), le pourcentage était de 61 %.

Ces données reflètent ce que bien des médecins savent déjà : les problèmes médico-légaux peuvent être lourds à porter.

Stress d’origine médico-légale : le poids du silence

Les difficultés médico-légales sont courantes. Pourtant, il est rare qu’on en parle ouvertement.

Certain·es médecins hésitent à parler de leur expérience, de peur que leurs collègues les perçoivent différemment. D’autres ont l’impression que les gens qui ne sont pas médecins (et même leurs proches) ne saisiraient pas toute la complexité de la situation. Résultat : bon nombre de médecins portent seul·es ce fardeau émotionnel.

Cette solitude n’est cependant pas une fatalité. Il peut être très salutaire de parler de ce qu’on vit à des proches ou à des collègues de confiance. En outre, se confier à quelqu’un qui comprend les réalités de la profession – en gardant les détails cliniques confidentiels, bien sûr – peut aider à réduire l’isolement et à s’ouvrir à d’autres perspectives.

Une culture de compassion – y compris envers soi-même

Quand on entend dire qu’un·e collègue fait l’objet d’une plainte ou d’une enquête, il peut être tentant de présumer que la situation était évitable.

Or, la compassion invite plutôt à faire une pause avant de tirer des conclusions hâtives. L’exercice de la médecine est complexe et souvent imprévisible. Les décisions cliniques peuvent avoir une tournure inattendue, même quand elles ont été prises sur la base d’un jugement éclairé, après mûre réflexion et avec les meilleures intentions.

Une fois cette réalité reconnue, la critique tend à faire place à la compréhension – un terreau propice au soutien entre médecins dans les moments difficiles.

Il est tout aussi important de faire preuve de compassion envers soi-même qu’envers les autres. Qu’est-ce que ça signifie en pratique? Prêter attention à son dialogue intérieur, qui peut parfois devenir trop sévère; faire une pause avant d’échafauder des scénarios catastrophes; ou se rappeler que sa compétence ou son mérite comme médecin ne se définissent pas par un seul événement difficile. C’est aussi se donner un espace de réflexion, ne pas tarder à aller chercher de l’aide et faire preuve d’autant de bienveillance envers soi-même qu’envers ses collègues.

En faisant montre de compassion envers vos collègues et vous-même, vous serez mieux outillé·e et accompagné·e dans ces moments qui, à n’en point douter, sont parmi les plus difficiles de votre carrière.

Dans le monde médical, la culture du perfectionnisme est très répandue et les attentes sont élevées. Quand des difficultés surviennent, l’autocritique n’est jamais bien loin. Or, faire preuve de compassion envers soi-même, ce n’est pas niveler par le bas ni se soustraire à ses responsabilités. C’est simplement reconnaître que la pratique médicale comporte une part d’incertitude, de complexité et de résultats défavorables, puis réagir à ces difficultés avec honnêteté, recul et compréhension, plutôt que de se critiquer sévèrement.

L’ACPM peut vous aider

Pour un·e collègue qui fait face à un problème médico-légal, un tout petit geste peut être très réconfortant. N’hésitez pas à lui tendre la main. Vous n’avez pas à trouver exactement les bons mots ni à résoudre le problème; l’essentiel est que cette personne sache que vous êtes là pour elle. En ce sens, le seul fait de reconnaître que la situation est difficile et d’écrire un court message de soutien peut avoir beaucoup d’impact.

Les médecins-conseils de l’ACPM parlent tous les jours avec des membres qui vivent ce genre de situation. Bon an mal an, l’Association répond à plus de 50 000 appels de médecins à la recherche de renseignements, de conseils et d’appui. Bien souvent, le seul fait de discuter d’un problème avec quelqu’un qui connaît bien le cadre médico-légal peut aider à faire la part des choses et à dissiper l’incertitude.

Si vous êtes vous-même aux prises avec un problème médico-légal, nous vous encourageons à vous confier à une personne de confiance ou à un·e médecin-conseil de l’ACPM. Nous sommes là pour vous aider. Parler des ennuis que vous vivez peut avoir plusieurs effets positifs : alléger un peu l’anxiété, mieux cerner les prochaines étapes à suivre et chasser l’impression de devoir porter seul·e le fardeau de vos difficultés.

Si vous vivez de la détresse en lien avec un événement médico-légal, notre Programme de soutien au bien-être peut vous offrir une aide additionnelle. Nous sommes à vos côtés.

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