English

Risques liés aux médicaments


Les soins sécuritaires et les médicaments

Médicaments pour enfants


Groupe d'enfants souriantsLes enfants sont à risque accru d'événements iatrogènes médicamenteux pour plusieurs raisons :
  • Différences importantes au niveau de la surface corporelle, du poids et de la maturité des organes (p. ex. entre les nouveau-nés, les tout-petits et les adolescents);
  • Nécessité de calculer des doses individualisées en fonction du poids ou de la surface corporelle, de l'âge et de l'état clinique;
  • Immaturité des systèmes physiologiques chez les jeunes enfants qui a une incidence sur l'absorption, le métabolisme et l'excrétion d'un médicament;
  • Marge posologique limitée;
  • Absence d'information sur les indications et la posologie (attribuable, en partie, à l'absence d'études cliniques menées auprès d'enfants);
  • Incapacité des enfants à communiquer les effets indésirables d'un médicament;
  • Niveaux variables d'expérience chez les professionnels de la santé qui prodiguent des soins aux enfants.

L'Institut pour l'utilisation sécuritaire des médicaments du Canada (ISMP Canada) a identifié les cinq médicaments qui entraînent le plus souvent de graves événements iatrogènes médicamenteux chez les patients pédiatriques :  [REF]

Institut pour l'utilisation sécuritaire des médicaments du Canada, Bulletin/Collectif national, « Les cinq médicaments les plus souvent associés à des préjudices lors de la déclaration d'accidents/incidents liés à l'utilisation des médicaments chez des enfants ». Disponible au : http://www.ismp-canada.org/fr/dossiers/bulletins/BISMPC2009-06.pdf
  1. morphine
  2. chlorure de potassium
  3. insulin
  4. fentanyl
  5. salbutamol.

Parmi ces cinq médicaments, la morphine et le fentanyl sont responsables de plus de la moitié des événements iatrogènes médicamenteux.

Cas : Absence d'un zéro de gauche ou d'un signe décimal
Jeune enfant recevant des médicaments

Contexte

À la suite de son évaluation d'un nourrisson de six mois, une résidente pose le diagnostic de reflux gastro-œsophagien.

En fonction du poids et de la longueur du bébé, la résidente détermine que la posologie appropriée de Maxeran® (métoclopramide) est de 0,2 mg PO QID avant les boires. Toutefois, elle omet d'inscrire un zéro de gauche et un signe décimal avant le chiffre « 2 » sur l'ordonnance.

Résultat

Le pharmacien délivre le médicament conformément à de la dose de « 2 mg » indiquée sur l'ordonnance. Après avoir reçu six doses de 2 mg, le nourrisson développe une réaction dystonique qui nécessite une hospitalisation.

Pistes de réflexion

  • Comment la résidente aurait-elle pu éviter cette erreur d'ordonnance?

Suggestions

  • La résidente aurait dû revérifier soigneusement l'ordonnance avant de la donner au parent. Si elle avait effectué ce simple contrôle de sécurité, elle se serait probablement rendu compte de l'absence du signe décimal à la posologie indiquée.
  • L'utilisation régulière d'un zéro de gauche de sa part lui aurait peut-être fait remarquer l'absence du signe décimal sur l'ordonnance.

Leçons retenues

  • La rédaction d'ordonnances de médicaments et de prescriptions exige toute votre attention.
  • Toute ordonnance de médicaments et prescription doit être lisible.
  • Lorsque la posologie voulue comporte un signe décimal, assurez-vous d'insérer clairement celui-ci.
  • Utiliser un zéro de gauche avant un signe décimal pour les doses inférieures à un (p. ex. 0,2 mg).
  • Ne jamais utiliser un zéro à droite seul après un signe décimal (p. ex. 5 mg).
  • Revérifier soigneusement que l'ordonnance contient tous les éléments requis avant de la remettre à un parent ou à un adolescent.
Précédente
Suivante

Cas : Omission d'information critique sur une ordonnance
Femme tenant un bébé et parlant au téléphone cellulaire

Contexte

À la suite de l'évaluation clinique complète d'un nourrisson de 2 mois, un omnipraticien pose le diagnostic d'infection des voies respiratoires supérieures qui ne se guérit pas. Il entend prescrire une concentration de 125 mg/5 ml d'amoxicilline, 2,5 ml, ce qui équivaudrait à 62,5 mg, trois fois par jour pendant cinq jours.

En réalité, il prescrit 125/5 ml trois fois par jour, soit deux fois la dose recommandée pour le poids du nourrisson.

Après le départ de la mère, le médecin constate son erreur de posologie et il informe la mère.

La mère dépose une plainte à l'organisme de réglementation de la médecine (Collège) par la suite.

Résultat

Le Collège recommande au médecin de peser les nourrissons et les enfants avant de prescrire des médicaments afin d'éviter les erreurs médicamenteuses à l'avenir.

Pistes de réflexion

  • Pourquoi le poids d'un nourrisson ou d'un enfant revête-t-il une si grande importance en ce qui a trait à l'ordonnance de médicaments?
  • Comment cette erreur d'ordonnance aurait-elle pu être évitée?

Suggestions

  • La détermination de la posologie selon le poids est une composante intégrale des soins pédiatriques. Afin de calculer la posologie appropriée d'un médicament, il est nécessaire de connaître le poids actuel du bébé. Cela est particulièrement important chez les jeunes enfants en raison de l'immaturité de leurs organes.
  • Le médecin aurait dû calculer la posologie d'amoxicilline en fonction du poids et de l'âge du bébé.
  • Le médecin aurait dû revérifier soigneusement l'ordonnance avant de la remettre à la mère plutôt que d'attendre qu'elle n'ait quitté le cabinet avec le bébé.

Leçons retenues

  • Obtenir le poids de l'enfant avant de prescrire tout médicament.
  • Déterminer la posologie appropriée du médicament en fonction du poids, de l'âge et de l'état clinique de l'enfant.
  • Utiliser les proportions mg/kg ou mg/m2 pour calculer la posologie.
  • Revérifier que l'ordonnance contient tous les éléments requis avant de la remettre à un parent ou un à adolescent.
Précédente
Suivante

Mesures de sécurité fondées sur l'expérience de l'ACPM

Les experts dans les dossiers médico-légaux conclus sont d'avis que certains événements indésirables (accidents au Québec) liés aux médicaments peuvent être prévenus si le médecin :
  • fait des recherches sur les médicaments qu'il ne connaît pas bien;
  • calcule la posologie du médicament d'après le poids actuel du patient;
  • rédige l'ordonnance d'une écriture lisible;
  • revérifie le calcul de la posologie du médicament;
  • réduit la dose progressivement avant d'arrêter le médicament, lorsque ceci est indiqué;
  • étiquette clairement les médicaments;
  • documente l'administration d'un médicament;
  • fournit des instructions claires au patient lorsqu'une ordonnance existante est modifiée;
  • surveille l'efficacité du médicament, identifie les effets indésirables possibles ou réévalue l'état de l'enfant avant de renouveler une ordonnance.

Collage de mots

Suggestions en matière de gestion des risques

D'après les opinions formulées sur la gestion des risques par les experts dans les dossiers médico-légaux analysés de l'ACPM, les médecins devraient se poser les questions suivantes :
  • Ai-je calculé les doses individuelles en fonction du poids de l'enfant ou de sa surface corporelle et de son état clinique?
  • Des ouvrages de référence sur les médicaments ou des algorithmes de traitement sont-ils facilement accessibles et l'information présentée est-elle actuelle et claire?
  • Les recommandations formulées par le consultant sont-elles claires, particulièrement lorsque des doses fractionnées du médicament sont indiquées?
  • Ai-je vérifié le médicament, le calcul de la posologie, la concentration de la solution et la voie d'administration du médicament?
  • Ai-je tenu compte des préoccupations d'autres professionnels de la santé à l'égard de la posologie d'un médicament?
  • Ai-je rédigé mes ordonnances de façon lisible?
  • Si un changement est requis pour une ordonnance existante, rédigée à la main ou à l'ordinateur, ai-je apporté la correction conformément aux principes établis en matière de tenue des dossiers?
  • Ai-je surveillé l'efficacité du médicament, identifié les effets indésirables potentiels ou réévalué l'état de l'enfant avant de renouveler l'ordonnance?
  • Mes dossiers médicaux sont-ils précis et à jour, et comportent-ils des notes contemporaines?