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Risques liés aux médicaments


Les soins sécuritaires et les médicaments

Les médicaments et les personnes âgées


Deux mains en cuillêres tenant divers types de pilules d'ordonnanceComme c'est le cas chez les enfants, les patients âgés présentent des défis uniques en ce qui a trait à la prescription et à l'administration de médicaments, peu importe le milieu de soins.

Lorsque vous prescrivez des médicaments à des personnes âgées, il y a lieu de tenir compte des facteurs suivants liés au patient :

  • changements physiologiques liés au vieillissement qui peuvent avoir une incidence sur l'absorption, la distribution, le métabolisme et l'élimination du médicament, et qui, à leur tour, peuvent prédisposer les patients âgés aux effets secondaires des médicaments et aux interactions médicamenteuses;
  • comorbidités multiples, souvent de nature chronique;
  • déficits cognitifs;
  • capacités fonctionnelles réduites, y compris les troubles de la vue et de l'ouïe;
  • polypharmacie.

Étagère remplie à la pharmacie

Médicaments à risque élevé

L'Institut pour l'utilisation sécuritaire des médicaments du Canada (ISMP) a identifié les médicaments suivants comme présentant un risque élevé pour les personnes âgées :
  • warfarine
  • insuline
  • opioïdes
  • digoxine.

L'ACPM a effectué une analyse des événements indésirables (accidents au Québec) associés aux médicaments survenus dans ses dossiers médico-légaux portant sur des patients âgés de 65 ans et plus. L'analyse a révélé les problématiques suivantes :

  • omission ou insuffisance de l'évaluation d'un patient avant de prescrire un médicament;
  • exécution d'ordonnance ou administration incorrecte d'un médicament prescrit par un autre professionnel de la santé (p. ex., un timbre de fentanyl est appliqué tous les jours au lieu de toutes les 72 heures en raison d'une erreur de transcription liée à un problème de lisibilité de l'ordonnance);
  • ordonnance ou administration d'une dose incorrecte de médicament (p. ex., du méthotrexate est prescrit tous les jours au lieu d'une fois par semaine pour le traitement d'une polyarthrite rhumatoïde);
  • délai ou omission de prescrire ou d'administrer un médicament indiqué;
  • ordonnance d'un médicament comportant des contre-indications relatives, la plupart du temps dans le contexte d'une allergie ou d'une utilisation non indiquée par le fabricant;
  • évaluation inadéquate des effets secondaires;
  • omission d'une surveillance régulière des taux sériques de médicaments ou d'autres mesures d'efficacité.

L'omission de documenter la discussion entourant le consentement aux médicaments figurait aussi dans les dossiers analysés.

Cas : Sédation d'un patient âgé
Homme âgé

Contexte

Un homme de 79 ans souffrant d'une cholélithiase symptomatique se voit prescrire un analgésique narcotique par voie intramusculaire (IM) pour la douleur en attendant sa chirurgie. Les antécédents du patient incluent des déficits cognitifs, l'anxiété, le trouble panique, ainsi que le trouble obsessivo-compulsif, pour lesquels il prend des antipsychotiques et un anxiolytique.

Le patient devient très agité et le médecin prescrit des antipsychotiques et des anxiolytiques supplémentaires au besoin. Au cours des 12 prochaines heures le patient reçoit des doses excessives des deux sédatifs.

En dépit de l'administration de ces médicaments, le patient demeure agité par moments, et des moyens de contention s'avèrent nécessaires.

Le patient développe une pneumonie et une insuffisance respiratoire. À la demande de la famille du patient, aucune mesure de réanimation n'est pratiquée.

Le patient décède deux jours plus tard.

Résultat

Une action en justice s'ensuit.

Les experts étaient d'avis que, bien que l'anxiété, l'agressivité et le comportement perturbateur du patient aient contribué à la complexité de la situation, les doses excessives d'antipsychotiques et d'anxiolytiques avaient contribué au décès du patient.

Suggestions

Des investigations supplémentaires visant à identifier la cause de l'agitation intense du patient auraient dû être effectuées avant d'administrer les doses excessives de médicaments.

Leçons retenues

  • Lorsque l'état mental d'un patient se détériore, il est important d'investiguer les causes possibles de la détérioration avant de prescrire des moyens de contention chimiques ou physiques.
  • Préciser la dose maximale recommandée dans le cadre de l'ordonnance du médicament.
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Cas : Évaluation inadéquate d'une patiente âgée
Femme âgée debout devant un bureau de réception

Contexte

Une femme âgée diabétique se présente à une clinique sans rendez-vous se plaignant de dysurie et de pollakiurie.

La femme souffrait de diverses maladies et prenait de multiples médicaments y compris du Diabeta (glyburide), du Cozaar (losartan), de l'Adalat (nifédipine) et du Coumadin (warfarine).

À la suite de son évaluation, le médecin de la clinique pose le diagnostic de cystite et prescrit un antibiotique quinoléique par voie orale.

Le lendemain, la patiente a une réaction hypoglycémique et est traitée au service d'urgence.

Résultat

Une plainte est déposée à l'organisme de réglementation de la médecine (Collège).

Le Collège conclut que le dossier médical du médecin de la clinique est incomplet puisqu'il ne comporte pas la liste des nombreux médicaments que la patiente prend à la maison. N'importe lequel de ces médicaments pouvait entraîner une éventuelle interaction médicamenteuse avec la quinolone, dont l'hypoglycémie.

De plus, comme la patiente s'est présentée avec une infection urinaire non compliquée, la quinolone n'était pas l'antibiotique de premier choix.

Pistes de réflexion

  • Lorsqu'il évaluait la patiente, qu'aurait dû faire le médecin pour prévenir la survenue de cet événement iatrogène médicamenteux?

Suggestions

Le médecin aurait dû passer en revue les comorbidités de la patiente ainsi que les médicaments qu'elle prenait à la maison afin d'identifier toute interaction médicamenteuse possible avant de prescrire un antibiotique.

Leçons retenues

  • Au moment de prescrire un nouveau médicament à un patient âgé, il est important de tenir compte des interactions médicamenteuses possibles avec les autres médicaments que prend le patient.
  • Le fait de documenter une liste complète des médicaments actuels du patient dans son dossier médical favorise la revue des interactions possibles avec les nouveaux médicaments.
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