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Risques liés aux médicaments


Les soins sécuritaires et les médicaments

Opioïdes


Pilules d'ordonnance bleuesSelon l'ISMP Canada, les narcotiques, ou opioïdes, représentent la classe de médicaments la plus fréquemment citée lors de la survenue d'événements iatrogènes médicamenteux qui entraînent un préjudice.[REF]
Colquhoun, M., Koczmara, C., Greenall, J. "Implementing system safeguards to prevent error-induced injury with opioids (narcotics): An ISMP Canada Collaborative", Healthcare Quarterly (Octobre 2006) Vol.8, numéro spécial. p. 36.

Étude de l'ACPM

Une analyse effectuée par l'ACPM des actions en justice mettant en cause des opioïdes prescrits par des médecins a révélé qu'un nombre important de patients sont décédés, alors que d'autres ont souffert de dommage cérébral hypoxique.

Parmi les facteurs qui augmentent le risque d'événements iatrogènes médicamenteux liés aux narcotiques, notons les suivants :

  • la multiplicité de produits et de concentrations;
  • les différentes voies d'administration (p. ex. orale, sous-cutanée, intraveineuse, intrathécale transdermique);
  • la gamme de formes posologiques (comprimés, liquides, timbres), dont certains sont assortis de suffixes susceptibles de porter à confusion;
  • la libération chronocontrôlée (p. ex. à libération immédiate [IR], à libération soutenue [SR], à libération prolongée [XR]);
  • les noms qui se prononcent et qui s'écrivent de façon semblable (p. ex. morphine contre hydromorphone);
  • les emballages et les étiquettes semblables;
  • les problèmes mécaniques liés aux pompes à perfusion et aux pompes d'analgésie contrôlée par le patient (ACP);
  • la nécessité d'une surveillance accrue du patient.

L'étude de l'ACPM a identifié les préoccupations spécifiques suivantes :

  • surveillance insuffisante des signes vitaux, de l'état respiratoire, de l'oxymétrie et/ou du niveau de conscience chez les patients à risque élevé de dépression respiratoire;
  • problèmes d'ordonnance entraînant l'administration d'une dose plus puissante;
  • instructions incomplètes fournies au moment du congé.

Cas : Ordonnance inappropriée d'un opioïde
Pharmacienne vérifiant une ordonnance

Contexte

Un garçon de 14 ans atteint de mononucléose infectieuse se plaint de difficulté à avaler en raison de son mal de gorge. L'omnipraticien prescrit des timbres transdermiques de fentanyl à raison de 25 mcg/heure. Il recommande également une admission à l'hôpital si le médicament n'a aucun effet dans les quatre heures.

Bien que la pharmacienne questionne la posologie, elle ne communique pas ses préoccupations à l'omnipraticien puisqu'elle éprouve souvent de la difficulté à joindre ce médecin. Elle avise plutôt la mère de surveiller son fils de près à la suite de l'application du timbre de fentanyl.

Conformément aux instructions de la pharmacienne, la mère surveille son fils jusqu'à ce qu'il s'endorme.

Le lendemain matin, elle constate qu'il ne répond pas aux stimuli.

Les manœuvres de réanimation échouent.

Résultat

Le rapport du coroner attribue la cause du décès à un arrêt respiratoire consécutif à l'utilisation de fentanyl.

Pistes de réflexion

  • Qu'est-ce qui aurait pu être fait différemment pour prévenir cet événement iatrogène médicamenteux?

Suggestions

  • L'omnipraticien aurait dû confirmer la bonne posologie, notamment s'il ne connaissait pas bien le médicament.
  • Il aurait été utile que la pharmacienne communique avec l'omnipraticien pour discuter de ses préoccupations liées à la posologie.

Leçons retenues

  • Toujours tenir compte des facteurs liés au patient, telles les comorbidités, qui peuvent influer sur la posologie ou exiger une surveillance accrue en cas d'effets néfastes des opioïdes. Dans ce cas, l'hypertrophie des amygdales du garçon, qui pouvait potentiellement entraîner une obstruction des voies aériennes, s'avérait le facteur contributif.
  • Fournir des renseignements adéquats au patient ou aux membres de la famille au sujet des risques et des effets néfastes possibles des opioïdes prescrits, ainsi que des actions à prévoir.
  • Répondre aux appels de pharmaciens qui cherchent à obtenir des éclaircissements relatifs à vos ordonnances.
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Cas : Ordonnance d'une dose élevée de morphine
Pilules jaunes

Contexte

Un patient de 65 ans se plaint que le Tylenol 3 n'est plus efficace pour maîtriser une douleur chronique associée à l'arthrose.

L'omnipraticien prescrit du MS Contin (sulfate de morphine à libération soutenue), 60 mg par voie orale, deux fois par jour.

Sept jours plus tard, le patient présente une insuffisance respiratoire.

Le patient répond bien au traitement.

Résultat

Les experts étaient d'avis que les doses élevées de narcotiques et possiblement une maladie pulmonaire sous-jacente causée par le tabagisme figuraient parmi les multiples facteurs qui ont contribué à l'insuffisance respiratoire.

Pistes de réflexion

  • Quels sont certains des facteurs liés au patient dont il faut tenir compte avant de prescrire un opioïde tel le MS Contin?

Suggestions

Les experts conseillent aux médecins de tenir compte des facteurs suivants liés au patient lorsqu'ils prescrivent un opioïde :
  • l'âge;
  • le poids;
  • le niveau de douleur;
  • les comorbidités;
  • les antécédents d'utilisation d'analgésiques;
  • la possibilité que le patient ait acquis une tolérance aux opioïdes;
  • la possibilité que le patient ait une maladie pulmonaire préexistante ou une affection osseuse qui influe sur la fonction respiratoire.
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