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Sécurité culturelle


Respecter les patients et leur famille

Trouver le juste équilibre


  • Les médecins ne sont pas tenus d'offrir un accommodement absolu dans toutes les situations, mais plutôt un accommodement raisonnable à la diversité culturelle.
  • Bien que les médecins reconnaissent que les normes professionnelles varient entre les pays et les cultures, ils doivent respecter les normes de pratique canadiennes.
Médecin parlant à un couple

Il est certainement louable de respecter l'€™origine culturelle de chacun des patients et de planifier les soins en conséquence; cependant les médecins doivent rechercher un bon équilibre entre le respect des autres cultures et la qualité des soins prodigués.

Par exemple, dans certaines cultures, toutes les questions liées à la santé mentale, à la sexualité, au VIH, au cancer et à la réanimation sont taboues. Cependant, dans la pratique médicale canadienne, on reconnaît qu'il est approprié d'aborder diverses questions délicates, dont l'orientation sexuelle, lorsqu'il est clair que ces questions sont médicalement pertinentes pour l'établissement du diagnostic ou la préparation du plan de traitement.

  • Pour réduire les risques d'allégation de discrimination, expliquez les motifs pour lesquels vous devez aborder ces questions délicates.
  • Le médecin ne doit pas éviter de parler de certains aspects de la santé du patient parce que cela le met mal à l'aise pour des raisons culturelles.
  • Si les croyances non scientifiques du patient peuvent l'amener à faire des choix nuisibles à sa santé, cherchez à l'éduquer de façon respectueuse et avec sensibilité.
  • Prodiguez des conseils au patient et prenez des décisions de traitement basées sur des fondements et des principes médicaux solides.

Cas : Rejet d'une allégation de discrimination
Gros plan sur la main d'un jeune homme tenant des pilules

Contexte

Un spécialiste de la douleur met fin à la relation avec un patient de sa pratique après avoir appris que ce dernier vendait certains médicaments qui lui avaient été prescrits.

Le patient a porté plainte au Collège, alléguant qu'il y avait eu discrimination en raison de son invalidité.

Résultat

Le Collège n'a trouvé le médecin coupable d'aucun écart de conduite. En effet, celui-ci avait soigneusement documenté son évaluation et les conseils qu'il avait prodigués. Le patient avait également signé un contrat de traitement incluant une mise en garde selon laquelle toute transgression pouvait entraîner la fin de la relation médecin-patient.

Le Collège a estimé que le médecin avait agi conformément à la clause finale du Code de déontologie en mettant fin à la relation thérapeutique pour une raison légitime.

Leçons retenues

  • S'il est nécessaire de mettre fin à une relation avec un de vos patients, interrogez-vous sur la « légitimité » de vos raisons. (Consultez les lignes directrices du Collège ou communiquez avec l'ACPM pour obtenir des conseils.)
  • Documentez toute discussion que vous avez avec le patient.
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Cas : Respect du choix discutable du patient
Jeune femme en détresse

Contexte

On trouve une femme de 45 ans qui erre dans le hall de réception d'un hôtel; elle est dévêtue et interpelle bruyamment les autres clients. À l'hôpital, l'évaluation révèle qu'elle est en état de psychose aiguë et mentalement inapte (incompétente). Selon son mari, elle est consciente de son état mental et, croyant connaître les causes de sa maladie, elle a décidé de prendre des vitamines et des bains purifiants.

Pistes de Réflexion

Quelles sont les considérations importantes que vous devez prendre en compte?

Suggestions

Le médecin prudent doit prendre en compte la norme de pratique pour cette situation clinique et veiller à ne pas renoncer à sa responsabilité d'informer la patiente ou son décideur remplaçant de cette norme. Il est important d'avoir un échange respectueux avec le décideur remplaçant de la patiente pour lui expliquer que ses choix n'ont aucun fondement scientifique, et pour lui expliquer les modes de traitement médical conventionnels, même s'il existe une différence culturelle.

Leçons retenues

Les médecins ont l'obligation professionnelle de traiter les patients selon la norme de pratique reconnue. Il peut être inacceptable d'adopter d'emblée un point de vue erroné sans discussion. Le médecin prudent doit tenter de comprendre le point de vue du décideur remplaçant et de lui expliquer quels sont les modes de traitement conventionnels appropriés et leurs fondements scientifiques. Dans ce cas précis, après avoir reçu une explication, le mari a accepté le mode de traitement indiqué.
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Cas : Accommodement raisonnable pour un traitement
Femme âgée portant un voile

Contexte

Une femme de 68 ans très pieuse subit une évaluation juste avant le début d'une période de jeûne. Depuis 10 ans, elle souffre de diabète de type II mal maîtrisé et traité au moyen d'hypoglycémiants oraux et d'une diète. Elle est accompagnée de son petit-fils de huit ans qui agit comme interprète. Le diabète de la patiente est mal maîtrisé et lorsque vous lui exposez les importants risques qu'elle encourt si elle jeûne et ne prend pas ses médicaments en temps opportun, elle refuse de renoncer à son jeûne.

Pistes de Réflexion

Comment vous adresseriez-vous à la patiente dans ce cas?

Est-il approprié de vous fier à son petit-fils de huit ans comme interprète?

À quelles autres ressources feriez-vous appel pour prendre en charge cette patiente?

Suggestions

Les patients très pieux peuvent pratiquer un jeûne complet prolongé (eau et nourriture). Bien que des exemptions soient généralement permises pour des raisons de santé, certains patients peuvent voir la prise de médicaments par voie orale ou même l'utilisation de gouttes oculaires comme un manquement à la règle du jeûne.

Votre objectif doit être de faire équipe avec la patiente pour vous assurer qu'elle comprend bien l'importance de la diète dans le traitement du diabète. Plutôt que de lui dire comment vous pensez qu'elle devrait agir, faites un effort raisonnable pour lui donner l'information dont elle a besoin pour faire un choix éclairé. Si elle choisit de jeûner quand même, respectez sa décision et prenez-la en charge le mieux possible. Par exemple, vous pouvez lui indiquer comment reconnaître les signes et symptômes d'une éventuelle complication et chercher à se faire soigner. Prenez note de tous les efforts entrepris et des motifs de vos décisions.

On ne peut pas se fier à un jeune enfant pour transmettre des informations importantes en matière de santé. Il convient d'envisager de recourir à un meilleur interprète.

Idéalement, cette personne devrait pouvoir agir à la fois comme interprète linguistique et médiateur culturel pour permettre une meilleure communication entre le médecin et la patiente.

Leçons retenues

Penser à faire appel à un autre parent pour les échanges verbaux concernant les soins à apporter à un patient.

Penser à demander l'aide d'un membre de confiance du clergé de la communauté de la patiente pour traduire et expliquer qui est exempté du jeûne.

Penser à orienter la patiente vers un médecin de la même religion que la patiente pour faciliter les discussions et pour fournir à celle-ci un deuxième avis sur le jeûne prévu.

Pistes de Réflexion

Que savez-vous de la pratique du jeûne et d'autres pratiques culturelles qui peuvent se répercuter sur les soins à apporter à un patient?

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