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Respect des limites


Rester du bon coté

La « pente dangereuse » (Page 1 de 2)


Couvreur travaillant sur un toitLe dépassement des limites ne nuit habituellement pas au patient. Toutefois, dépasser régulièrement les limites ou tolérer de plus en plus les transgressions mineures peut mener à une « pente dangereuse », voire à une grave transgression des limites.

La « pente dangereuse » peut se présenter de différentes façons. Réfléchissez aux situations suivantes et déterminez si le médecin ou le stagiaire est sur une pente dangereuse.

Interventions ou examens intimes

Cas : Conduite inappropriée pendant un examen
Femme se tenant la tête des deux mains

Contexte

Un omnipraticien doit, lors d'un rendez-vous d'urgence, examiner une jeune femme et lui fournir des conseils au sujet d'une grossesse non désirée.

Comme il est pressé, le médecin ne quitte pas la salle alors que la femme se dévêt. La clinique est à court de draps. Il donne donc à la patiente une petite serviette pour qu'elle puisse couvrir la partie inférieure de son abdomen.

Le médecin procède à un examen interne sans expliquer ce qu'il fait à la patiente. Il ne s'est pas assuré de la présence d'un tiers, et lorsqu'il quitte la salle d'examen, il laisse la porte ouverte alors que la patiente se revêt.

Résultat

La femme a porté plainte au Collège, indiquant qu'elle s'était sentie abusée sexuellement et qu'elle avait été traumatisée par l'expérience.

Pistes de réflexion

  • Quelles mauvaises décisions le médecin a-t-il prises?
  • Comment le comportement du médecin a-t-il pu avoir un impact sur la patiente?
  • En quoi cette expérience aura-t-elle des répercussions sur les futures relations qu'aura la patiente avec d'autres professionnels de la santé?

Leçons retenues

Il n'est pas rare que des médecins doivent répondre à des allégations les accusant d'avoir transgressé les limites en procédant à une intervention ou à un examen intime (comme les examens gynécologiques).
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Afin de réduire les malentendus liés aux interventions ou aux examens intimes, les médecins doivent :

  • renseigner adéquatement et clairement les patients sur l'intervention ou l'examen et fournir une justification;
  • obtenir le consentement éclairé du patient pour l'intervention ou l'examen en question;
  • donner suffisamment d'intimité au patient lorsqu'il se dévêt ou se revêt;
  • éviter d'altérer ou de retirer le vêtement d'un patient sans son consentement explicite;
  •  offrir au patient la présence d'un tiers durant les interventions ou les examens intimes;
  • documenter toutes les mesures prises pour réduire la gêne du patient vis-à-vis d'une intervention ou d'un examen.

Doubles relations – Professionnelle et sociale

Les médecins peuvent traiter des patients qui font partie de leur cercle social ou de leurs amis. Dans ces situations, les médecins doivent demeurer conscients des risques liés aux limites et, autant que possible, ne pas confondre leurs obligations personnelles et professionnelles. Plus la relation entre le médecin et son patient est étroite, plus le risque d'une transgression des limites perçue s'accroît.

Cas : Conseils de placements qui tournent au vinaigre
Tableau affichant les valeurs de la Bourse

Contexte

Un courtier en bourse rencontre son cardiologue pour le suivi d'une coronaropathie.

En jasant, le cardiologue demande au courtier de lui recommander des actions. Le courtier lui fait ses recommandations. En fin d'après-midi, après son quart de travail, le cardiologue achète ces actions d'un autre courtier.

Lors d'une visite subséquente, le cardiologue mentionne au patient qu'il a perdu de l'argent à cause de ces actions. Le courtier se sent mal à l'aise. Il se demande aussi si cette situation entraînera des répercussions sur la qualité des soins qu'il recevra.

Conséquences possibles pour le patient

  • Craignant qu'en riposte à ses piètres conseils, le cardiologue ne lui donne plus la même qualité de soins, le patient pourrait perdre confiance dans les conseils médicaux du médecin.
  • Le patient pourrait choisir d'aller consulter un autre médecin, devant se plier à des retards non souhaitables dans le cadre de son traitement.

Pistes de réflexion

  • Quelles autres conséquences pourraient être néfastes pour le patient, le médecin ou les deux?
  • Quelles autres questions pouvez-vous vous poser afin de déterminer si les limites de la relation médecin-patient deviennent floues?

Suggestions

Voici quelques questions que vous pouvez vous poser afin de déterminer si les limites deviennent floues :  
  • Est-ce que je cherche à obtenir des conseils à titre personnel durant l'entretien clinique?
  • Quelle sera la perception du patient?
  • De quel œil un observateur indépendant verrait-il une telle situation?
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Cas : Relations d'affaires avec des patients
Panneau dans un champ indiquant « À vendre »

Contexte

Lors d'une consultation de routine, un omnipraticien apprend que son patient, une personne âgée, souhaite vendre un terrain. C'est son patient depuis de nombreuses années et ils parlent souvent d'affaires ensemble.

Le médecin s'entend avec son patient pour lui acheter son terrain. Après l'inspection du terrain et des systèmes de traitement des eaux usées et d'approvisionnement en eau, l'avocat du médecin prépare une convention d'achat.

Avant la conclusion de la vente, le patient change son fusil d'épaule.

Le médecin entame des poursuites judiciaires afin de recouvrer les sommes dépensées en frais d'avocat et d'inspection. En raison de cette poursuite judiciaire, le médecin met fin à la relation médecin-patient, ce qui amène le patient à porter plainte auprès de l'organisme de réglementation médicale (Collège).
Organisme de réglementation :  Organisme chargé de réglementer une profession.

Organisme provincial ou territorial de réglementation de la pratique de la médecine (Collège)

Organisme qui réglemente la pratique de la médecine dans chaque province ou territoire, dans le but de s'assurer que les membres du public reçoivent des soins médicaux de qualité des médecins. Les responsabilités comprennent :

- la délivrance des permis d'exercice de la médecine;
- le maintien des normes de pratique;
- la poursuite d'enquêtes au sujet de plaintes visant des médecins;
- l'offre d'un enseignement correctif aux praticiens qui ont été tenus responsables.

Au Canada, la profession médicale s'autoréglemente. Chaque organisme ou ordre a élaboré un processus d'enquête et une structure de comités afin de prendre des décisions concernant diverses questions et plaintes.

Leçons retenues

  • Le Collège a statué que le médecin s'était conduit de façon non professionnelle.
  • Le médecin a par la suite abandonné la poursuite judiciaire et a écrit une lettre au patient pour lui présenter ses excuses.
  • Le Collège a approuvé la décision du médecin d'écrire une lettre d'excuses et a accepté son engagement à ne plus conclure de transactions avec ses patients.
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Cas : Devrais-je embaucher mon patient?
Gros plan d'un seau avec une femme se tenant debout à l'arrière

Contexte

Une jeune médecin commence à pratiquer après avoir terminé sa résidence. Elle vient aussi d'avoir son premier enfant. Elle trouve difficile de trouver toute l'énergie nécessaire à son travail, à sa famille et à l'entretien de son foyer.

Pendant une consultation, une patiente lui indique qu'elle est femme de ménage et qu'elle cherche du travail. La jeune médecin se dit que le hasard fait bien les choses et embauche sa patiente. La patiente est heureuse de pouvoir compter sur ce revenu.

Pistes de réflexion

  • Est-il approprié d'embaucher un patient?
  • Quelles pourraient être les répercussions sur la relation médecin-patient?
  • Pouvez-vous déterminer les risques médico-légaux que présente une telle situation?
  • En quoi l'embauche d'un patient vous expose-t-elle à faire l'objet d'une plainte déposée au Collège ou de poursuites judiciaires?

Leçons retenues

  • Les médecins devraient éviter d'entretenir des liens d'affaires avec des patients.
  • Au moins un Collège a indiqué que ces liens pouvaient mener à un incident d'inconduite professionnelle. Cet incident peut simplement être justifié par le déséquilibre du pouvoir qui existe entre le médecin et le patient.
  • Un patient pourrait se sentir obligé d'établir une relation d'affaires personnelle avec son médecin, craignant que s'il ne le refuse, la qualité des soins qu'il reçoit ou sa relation avec son médecin ne soient compromises.
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  • Soyez toujours conscient des limites de la relation thérapeutique.
  • Mêler votre vie personnelle à votre relation avec un patient accroît le risque de nuire à la qualité des soins médicaux et peut entraîner de graves conséquences.

Les patients demandent parfois à leur médecin d'accepter une procuration et d'agir en leur nom. Dans la plupart des cas, les médecins devraient respectueusement refuser ces demandes, surtout si un individu approprié peut raisonnablement accepter cette responsabilité.

Autodivulgation

Cas : Je vous comprends tellement
Patiente parlant avec une femme médecin

Contexte

Une stagiaire rencontre une patiente de 16 ans aux prises avec des céphalées persistantes. Lorsque la stagiaire demande à la patiente si elle vit beaucoup de stress dans son quotidien, la patiente lui confie que ses parents vivent présentement un divorce difficile.

La stagiaire raconte alors à la patiente sa propre expérience pénible de divorce : « C'est très difficile pour moi. Mon conjoint ne comprend pas à quel point les études en médecine sont difficiles. Parfois, je me demande si le jeu en vaut la chandelle. »

Pistes de réflexion

Est-ce que le commentaire de la stagiaire était approprié?
Comment pourrait se sentir la patiente après avoir entendu ce type de commentaire?

Leçons retenues

Il peut être approprié dans certaines circonstances de communiquer à vos patients des renseignements généraux limités à votre sujet (p. ex., votre équipe de sport favorite, le fait que vous ayez un animal de compagnie), mais il ne convient généralement pas de divulguer des renseignements personnels détaillés ou des détails intimes sur votre vie privée (p. ex., problèmes relationnels).
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Il est inacceptable qu'un médecin parle de sa vie sexuelle ou de ses rapports sexuels avec ses patients. Sans compter que la divulgation de renseignements personnels intimes peut mettre les patients mal à l'aise, elle peut les inciter à mal comprendre la nature de la relation et à la considérer comme une relation d'amitié plutôt qu'entièrement professionnelle.