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Questions posées par nos médecins-membres

Équipes

Quel est le degré de jugement qu'un résident est appelé à mettre en pratique lorsqu'il reçoit des instructions contradictoires?
Contexte
Je suis un R4. Le médecin traitant m'a demandé de donner congé à l'un de nos patients. Le directeur des soins infirmiers m'a cependant dit qu'il estimait que le patient n'était pas encore prêt pour quitter l'établissement. Il veut que je communique avec le médecin traitant. Je sais que le médecin sera mécontent et qu'il me dira de faire appel à mon jugement.

Réponse
Il n'est pas inhabituel dans de telles situations de se sentir piégé dans un conflit. En tant que R4, vous avez peut-être les connaissances requises pour évaluer le fondement des réserves de l'infirmier et vous pouvez évaluer le patient ainsi que la validité des préoccupations formulées à son égard. Vous pouvez alors décider s'il est approprié ou non de procéder avec le congé du patient et, compte tenu des renseignements fournis par l'infirmier, s'il faut modifier les instructions du congé et des soins de suivi. Toutefois, vous devriez consulter le médecin traitant si vous nourrissez des incertitudes.

Vous devez toujours agir dans l'intérêt du patient et des soins sécuritaires à lui prodiguer, et suivre les politiques de votre établissement et de votre programme. Vous pouvez alors décider de procéder au congé, annuler celui-ci ou consulter le médecin traitant. Il importe de documenter le fondement de toute décision.

À quel moment un résident devrait-il demander au médecin superviseur de l'aider dans les soins aux patients?
Contexte
Ma superviseure refuse de voir mes patients parce qu'elle estime que je suis entièrement capable de m'en occuper moi-même, en dépit de mes efforts pour lui demander de l'aide lorsque je pense ne pas avoir les compétences requises. Je pourrais me tourner vers des collègues plus expérimentés, mais cela risquerait de nuire à ma relation avec ma superviseure.

Réponse
Dans de telles circonstances, vous pouvez revoir la situation pour déterminer si vous possédez bien les connaissances et les compétences nécessaires pour vous occuper du patient sans l'aide de la superviseure. S'il vous manque des connaissances ou des compétences, vous pouvez alors expliquer vos limites à la superviseure. Si vous avez fait part de vos préoccupations à votre superviseure, que vous lui avez expliqué le raisonnement médical de votre demande d'aide, et qu'elle n'y répond pas, vous pourriez devoir obtenir de l'aide d'un collègue plus expérimenté - un résident, ou peut-être un autre consultant, ou même aborder ce problème avec le directeur du programme.

Il est courant dans le cadre des programmes de formation de consulter au téléphone les médecins superviseurs. Il revient au médecin superviseur de déterminer, en fonction des renseignements reçus au téléphone et des connaissances et compétences du résident, s'il doit examiner lui-même le patient.

Votre objectif ultime est de prodiguer des soins sécuritaires au patient. Votre obligation en tant que médecin est de prendre les mesures qui s'imposent pour atteindre cet objectif, même si cela risque d'aliéner votre superviseur. Il est essentiel de documenter soigneusement ce que vous avez effectué - en énonçant les faits, les renseignements donnés à chaque personne, les réponses et les conseils reçus, ainsi que le raisonnement étayant vos actions suivantes.

Puis-je être tenu responsable d'un préjudice causé par la faute professionnelle d'un résident ou d'un étudiant en médecine?
Contexte
L'un de mes résidents m'appelle souvent et semble réticent à suivre le traitement que je lui ai expliqué pour un patient. Je m'inquiète de la possibilité d'être poursuivi si les choses tournent mal et que le patient subisse un préjudice.

Réponse
Votre rôle à titre de superviseur exige que vous aidiez le résident à élaborer un processus lui permettant de prendre des décisions éclairées de façon indépendante pour qu'il acquière une plus grande autonomie en fonction de sa formation. Toutefois, la sécurité du patient constitue votre principale responsabilité à tous deux. Si le résident semble réticent à suivre votre approche thérapeutique, il serait utile de demander au résident d'expliquer les raisons pour lesquelles il n'est pas d'accord, de discuter de votre décision et d'examiner d'autres approches thérapeutiques possibles.

Vous pourriez être tenu responsable d'un préjudice causé par la faute professionnelle d'un résident si vous ne déléguez pas un acte ou si vous ne supervisez pas le résident de façon appropriée. Il est donc important de déterminer si le résident possède les compétences, les connaissances et l'expérience requises pour effectuer un acte, ainsi que le niveau de supervision dont il a besoin. Dans le cas d'une action en justice, vous devrez prouver que vous avez respecté une norme de pratique à laquelle on pourrait raisonnablement s'attendre d'un médecin normalement prudent dans des circonstances semblables, et le résident devra démontrer qu'il a de son côté respecté une norme appropriée à son niveau de formation.

Si le résident pose des gestes dont il n'a pas discuté avec vous au préalable, ou qui vont à l'encontre du traitement que vous lui avez recommandé, il est important que vous documentiez, de façon neutre, les étapes prises pour surveiller et corriger la situation. Dans certains cas, vous voudrez peut-être obtenir des conseils auprès du directeur du programme.


Communication

Que devrais-je faire si un patient devient verbalement agressif envers moi ou envers les membres de mon personnel?
Contexte
Un patient s'est mis à crier contre mes employés. Les employés étaient à juste titre bouleversés, mais je ne sais pas ce que je peux faire à cet égard.

Réponse
Une bonne relation entre un médecin et son patient est fondée sur le respect mutuel et la compréhension. Cependant, vos employés et vous-mêmes n'êtes pas tenus d'endurer un comportement violent. Une politique clairement établie peut prévenir les comportements indésirables chez les patients et les membres du personnel.

Il est important de comprendre les faits. Prenez des mesures pour désamorcer les conflits et déterminez les raisons qui ont poussé le patient à se mal comporter. Dans un premier temps, les patients devraient recevoir une mise en garde verbale concernant tout comportement inapproprié. Si le comportement persiste, vous pouvez envoyer au patient une mise en garde par écrit en indiquant les conséquences éventuelles, telles que le fait que vous puissiez mettre fin à la relation thérapeutique.

Si le comportement violent persiste, vous pouvez être obligé de mettre fin à la relation médecin-patient conformément aux lignes directrices du Collège de votre province ou territoire. Une plainte d'abandon par le médecin peut néanmoins survenir en cas de renvoi précipité d'un patient.

Il est donc sage de documenter vos discussions et de garder une copie de toute correspondance pertinente.

Quelles sont mes obligations en matière de déclaration d'un problème de santé chez un patient?
Contexte
J'ai évalué un patient à l'urgence dernièrement. Le service des urgences a pour pratique d'envoyer à l'omnipraticien une copie du dossier du patient. J'ai diagnostiqué une infection transmise sexuellement et j'ai prodigué au patient le traitement approprié. J'ai également rempli le formulaire de déclaration au service de santé publique. Lorsque je remplissais le formulaire, le patient m'a déclaré qu'il ne voulait pas que son médecin soit informé de son problème de santé. Je ne savais pas comment répondre au patient, mais je lui ai dit que je devais faire une déclaration parce que c'était la norme de pratique.

Réponse
Le groupe de professionnels de la santé qui est chargé des soins d'un patient constitue ce que l'on appelle informellement le cercle de soins, et ce cercle inclut normalement l'omnipraticien d'un patient.

Si l'on présume avoir obtenu le consentement implicite du patient, il est souhaitable et habituel de faire part du résultat de la consultation à son omnipraticien. Les patients peuvent toutefois imposer des limites et des conditions quant aux personnes pouvant accéder à leurs renseignements personnels et pouvant les transmettre, même au sein du cercle de soins. Ils peuvent modifier ou retirer leur consentement en tout temps, et aussi souvent qu'ils le veulent, comme le permettent les dispositions sur le consentement dans la loi sur la protection des renseignements personnels. Vous pouvez expliquer au patient les avantages de la transmission de ses renseignements.

Lorsque la loi exige la déclaration d'une situation à l'agence de santé publique, la déclaration doit être effectuée, même en l'absence du consentement du patient. Cette obligation légale de déclarer une situation doit être divulguée au patient. La discussion avec le patient doit par ailleurs être consignée dans le dossier médical.

Quelles sont mes obligations en ce qui a trait à la protection des renseignements des patients entreposés sur des dispositifs portables de stockage des données?
Contexte
Je conserve les données sur mes patients dans ma tablette électronique, et lorsque je ferme la session pour la journée ou la fin de semaine, je transmets ces données par courriel au médecin qui est de garde. Lorsque c'est à mon tour d'être de garde, les autres médecins font de même pour moi. Ceci nous permet d'être à jour en ce qui a trait à tous les patients, sans que nous soyons obligés de nous réunir en personne. Je me demande si c'est raisonnable de procéder ainsi, car je m'inquiète de ce qui pourrait arriver si l'un de nous perdait sa tablette.

Réponse
Les transferts des soins devraient de préférence être effectués en personne, ce qui permet au médecin prenant la relève de discuter de l'information et de clarifier certains points. Le recours au courriel pour la transmission de données et d'identificateurs des patients peut constituer un problème. En effet, si le courriel n'est pas chiffré, il peut y avoir une atteinte à la protection des renseignements personnels.

Lorsqu'un dispositif électronique (tel qu'une tablette, un ordinateur portatif, un téléphone intelligent ou une clé USB) contenant des renseignements confidentiels sur les patients est perdu ou volé, il faut déterminer le genre de renseignements qui ont été perdus, si les renseignements étaient protégés par un mot de passe ou chiffrés et, si possible, le nombre et le nom des patients qui sont touchés.

Si les renseignements ne sont pas chiffrés, il peut être nécessaire d'informer les patients touchés par cette perte de renseignements. Vous devriez communiquer dès que possible avec l'ACPM pour obtenir des conseils.

Dans certaines provinces, le chiffrement des renseignements personnels sur la santé stockés sur des terminaux mobiles est obligatoire. Si le terminal perdu n'est pas chiffré, ceci peut donner lieu à une plainte déposée auprès du commissaire à la protection des renseignements personnels ou du Collège des médecins, et même à une action en justice.

Dois-je informer les services policiers lorsqu'un patient utilise des drogues illicites ou détourne des médicaments prescrits?
Réponse
Non. Les médecins n'ont aucune obligation déontologique ou légale de signaler l'emploi illicite ou le détournement de médicaments prescrits chez un patient, mais ils ont l'obligation de protéger la confidentialité des renseignements de leurs patients.

Si la source des informations est un tiers, vous pouvez discuter du problème avec le patient (si vous jugez qu'il est sécuritaire de le faire). Ceci vous permettra d'obtenir la version du patient et de déterminer si le lien de confiance est intact pour poursuivre la relation médecin-patient. Si vous pensez que la situation relève d'un problème de toxicomanie, vous pouvez la gérer comme il se doit et continuer de prodiguer de bons conseils médicaux à votre patient. Vous pouvez aussi consulter d'autres professionnels faisant partie du cercle de soins, tant que vous n'aurez pas reçu d'avis contraire du patient à cet effet.

Si vous savez que votre patient procède au détournement des médicaments que vous lui prescrivez, vous devriez réévaluer l'indication de ces médicaments et établir des règles (incluant, par exemple, un contrat sur l'emploi des narcotiques) pour toute ordonnance ultérieure. Si le patient continue d'avoir un comportement exploitant et n'adhère pas à son traitement, vous pouvez envisager de mettre fin à la relation médecin-patient, conformément aux lignes directrices du Collège.

Suis-je tenu, à la demande des autorités policières, d'effectuer un prélèvement sanguin pour vérifier le taux d'alcoolémie chez un conducteur soupçonné d'avoir pris le volant en état d'ébriété?
Réponse
Bien que, dans certaines situations, le Code criminel du Canada autorise les médecins à effectuer des prélèvements sanguins, les patients ne peuvent être obligés d'y consentir.

Vous pouvez obtenir un prélèvement sanguin avec le consentement du patient. Ce consentement doit être éclairé et accordé librement, et ne peut être donné que par un patient apte à comprendre les risques et les conséquences possibles de sa décision.

Un prélèvement sanguin peut toutefois être effectué pour permettre l'exécution d'un mandat ou respecter une ordonnance d'un tribunal, même en l'absence du consentement du patient. Avant de procéder à un tel acte médical, vous devez juger que la personne n'est pas en mesure de consentir au prélèvement sanguin et que l'intervention ne risque pas de mettre sa vie ou sa santé en danger.

Vous pouvez demander un prélèvement pour vérifier le taux d'alcoolémie pour des raisons médicales. Les résultats de l'alcoolémie ne peuvent toutefois être transmis aux services policiers sans le consentement préalable du patient ou sans une ordonnance du tribunal, vu que cela serait considéré comme une atteinte à la confidentialité.

Que devrais-je faire si un patient ne suit pas mes conseils?
Réponse
Un patient a le droit de rejeter vos conseils, et peut choisir de voir un autre professionnel de la santé. Parfois, une deuxième opinion peut renforcer la vôtre et satisfaire le patient. Un cas isolé de non-adhésion à un traitement ne justifie pas normalement que le médecin mette fin à sa relation avec le patient.

Il peut toutefois y avoir de graves conséquences sur la santé lorsqu'un patient ne suit pas vos conseils. Par conséquent, vous devez chercher à aider le patient à comprendre les risques et les avantages du traitement que vous recommandez, ainsi que les solutions de rechange raisonnables. Il peut être nécessaire de discuter plusieurs fois de l'importance du traitement recommandé. Il importe toujours de documenter ces discussions dans le dossier du patient.

S'il n'existe plus de lien de confiance dans la relation médecin-patient, et que ceci affecte les soins au patient, il est approprié de songer à mettre fin à la relation professionnelle. Avant de procéder, vous devez prendre connaissance des lignes directrices de votre Collège.

Qu'est-ce que l'on entend par « instructions au moment du congé » dans le contexte de la pratique en cabinet?
Contexte
Ma pratique en cabinet a récemment fait l'objet d'une inspection. L'évaluatrice m'a dit que les instructions que je donne au moment du congé sont inadéquates. Vu que j'exerce strictement en cabinet, qu'est-ce qu'elle veut dire par « instructions au moment du congé »?

Réponse
Les patients devraient recevoir des instructions leur permettant de reconnaître les signes et symptômes pouvant signaler qu'il est nécessaire d'obtenir d'autres soins médicaux et d'y réagir de façon appropriée une fois qu'ils ont quitté votre cabinet. Ces conseils sont connus sous l'appellation d'« instructions au moment du congé ».

Les « instructions au moment du congé » peuvent inclure une ordonnance, la recommandation d'un suivi ou d'examens, des conseils quant aux raisons possibles de revenir consulter, des renseignements sur les effets indésirables possibles et sur l'importance de suivre les traitements et les recommandations.

Si le patient téléphone ultérieurement pour poser une question, les notes bien consignées à son dossier médical aideront vos employés à lui rafraîchir la mémoire. Une bonne documentation permet également à un autre médecin d'avoir les renseignements nécessaires pour assurer un suivi approprié. Il peut être utile de passer en revue un document précisant les instructions à suivre avant que le patient ne quitte le cabinet. Ce document ne devrait toutefois pas remplacer une discussion avec le patient ou son représentant.

Quelles sont mes obligations en matière de signalement si j'apprends qu'un enfant qui est mon patient participe à des activités sexuelles?
Contexte
Une de mes patientes, âgée de 14 ans, a des relations sexuelles avec son ami de 21 ans. Dois-je signaler cette situation aux autorités policières?

Réponse
Selon le Code criminel du Canada, les relations sexuelles entre une jeune de
14 ans et une personne de 21 ans constituent une infraction criminelle.

Les médecins ne sont toutefois pas tenus de signaler les infractions sexuelles criminelles aux autorités policières. Si la patiente est une mineure mature (ou est âgée de 14 ans ou plus au Québec) jugée apte à consentir à un traitement, son consentement est requis avant que des renseignements ne soient communiqués aux autorités policières ou à ses parents.

Chaque province et territoire a une loi qui impose aux médecins le devoir de signaler à une agence de protection de l'enfance s'ils ont des motifs raisonnables de croire qu'un enfant (âgé de moins de 16 à 19 ans, selon la province ou le territoire) a besoin d'être protégé contre l'exploitation sexuelle. Les médecins doivent se demander s'ils ont des raisons de croire que l'enfant a besoin d'être protégé, en fonction de la relation sexuelle ainsi que d'autres facteurs, tels que des problèmes sociaux ou familiaux.

Voici d'autres points à considérer en fonction de l'article 150.1 du Code criminel.

  • L'âge de consentement à une activité sexuelle sans aucune forme d'exploitation est de 16 ans.
  • Les jeunes de 14 ou 15 ans peuvent consentir à des relations sexuelles avec une personne étant moins de cinq ans leur aîné.
  • Les jeunes de 12 ou 13 ans peuvent consentir à des relations sexuelles avec une personne étant moins de deux ans leur aîné.
  • Les enfants de moins de 12 ans sont toujours jugés inaptes à consentir à quelque activité sexuelle que ce soit avec toute personne, quel que soit l'âge de celle-ci.
  • L'âge de consentement à des activités sexuelles lorsqu'il existe une forme d'exploitation (p. ex., prostitution) est de 18 ans.

Vous êtes encouragé à communiquer avec l'ACPM pour obtenir des conseils si vous avez des doutes quant à vos obligations.

Comment puis-je parler aux patients des risques des médicaments sans leur faire tellement peur qu'ils refusent d'adhérer au traitement?
Réponse
Les médecins sont tenus de communiquer à leurs patients des renseignements que toute personne raisonnable dans des circonstances semblables voudrait savoir pour prendre une décision éclairée sur un traitement qui lui est proposé. Compte tenu de ces renseignements et de toute discussion subséquente, le patient peut alors accorder un consentement éclairé.

Les renseignements concernant un traitement ou un plan de suivi proposé devraient généralement inclure les données suivantes :

  • le diagnostic ou le diagnostic différentiel
  • la nature du traitement proposé
  • les avantages et les effets secondaires possibles
  • les solutions de rechange raisonnables au traitement, y compris l'absence de traitement
  • les risques importants qu'une personne raisonnable, dans une situation semblable à celle du patient, voudrait connaître
  • les risques rares de nature grave (comme le décès ou la paralysie)
  • les risques particuliers pour un patient donné, par exemple lorsqu'il y a un problème de santé préexistant

Il faut utiliser un langage clair lors de la discussion avec le patient, et éviter d'employer du jargon. Les médecins ont l'obligation de prendre des mesures raisonnables pour s'assurer que le patient comprend les renseignements fournis et pour répondre aux questions qu'il pourrait avoir.

La discussion entourant le consentement et le formulaire de consentement signé (s'il y a lieu) doivent être documentés dans le dossier médical. Si un résultat défavorable survient et qu'il est allégué que vous n'avez pas informé le patient d'un risque ou d'un effet secondaire particulier, il est important de pouvoir vous défendre en vous appuyant sur ce que vous avez documenté au dossier quant à la teneur de la discussion entourant le consentement.


Gestion des risques

Qui devrait être responsable d'assurer le suivi des examens demandés au service des urgences?
Réponse
Les médecins sont responsables d'assurer le suivi des examens qu'ils ont prescrits. Le médecin ayant demandé un examen devrait s'assurer que des mesures sont en place à l'hôpital pour que les résultats d'examens de laboratoire soient lus et qu'un suivi soit effectué.

Avant la fin de votre quart de travail, vous devriez informer votre remplaçant des tests qui doivent être effectués et des raisons pour lesquelles vous les avez demandés. Si les résultats (tels que des imageries provenant de l'extérieur) ne sont pas attendus avant quelque temps, vous devriez prendre des dispositions pour qu'un autre médecin puisse les recevoir en votre absence et informer le patient du suivi nécessaire.

Que devrais-je faire s'il n'est pas possible de joindre un patient pour effectuer un suivi?
Réponse
Les médecins ont l'obligation professionnelle d'assurer le suivi de tous les examens qu'ils prescrivent et doivent faire preuve de diligence raisonnable lorsqu'ils communiquent les résultats aux patients. Il est conseillé de mettre régulièrement les coordonnées du patient à jour pour vous assurer de leur exactitude. Les aspects de la confidentialité doivent être pris en considération.

Le nombre d'essais pour joindre un patient dépend des circonstances cliniques. Par exemple, une hyperkaliémie importante requiert un suivi et un traitement dans les plus brefs délais, alors qu'une légère hyponatrémie peut être de nature moins urgente. S'il n'est pas possible de joindre le patient au téléphone, il faut trouver d'autres moyens pour communiquer avec lui, par exemple, par la poste, par une communication sans fil, ou par l'intermédiaire d'un proche parent, d'un ami ou de l'employeur du patient. Si le problème risque de mettre la vie du patient en danger, il est possible de demander l'aide des services sociaux ou des autorités policières.

Pour respecter la confidentialité du patient, le message doit être clair sur la nécessité et le mécanisme d'un suivi, mais ne doit pas faire état des détails d'ordre médical.

Si un résultat indésirable survient, il peut être allégué que le médecin n'a pas fait suffisamment d'efforts pour assurer un suivi. Une bonne documentation au dossier médical peut prouver que vous avez fait des efforts raisonnables pour joindre le patient.


Événements indésirables

Devrais-je faire part aux patients de mon opinion quant aux soins qui leur ont été prodigués par d'autres médecins?
Contexte
Des patients me demandent parfois mon opinion quant aux soins qui leur ont été prodigués par d'autres médecins, et je ne suis pas sûr de la façon dont je devrais leur répondre.

Réponse
De nombreuses plaintes injustifiées ou actions en justice découlent de malentendus entourant des commentaires émis par des gens qui ne connaissent qu'une seule partie d'une situation.

Il n'est pas dans l'intérêt des patients que vous leur fassiez part de votre opinion sur la base de renseignements incomplets ou de suppositions. Ne vous empressez pas à porter un jugement ou des accusations. Avant d'émettre des commentaires sur les soins prodigués par d'autres médecins, demandez-vous si vous avez suffisamment connaissance des faits pour déterminer si les soins étaient raisonnables au moment où ils ont été prodigués. Même si vous avez connaissance des faits, n'oubliez pas de garder l'esprit ouvert et de reconnaître qu'il peut souvent y avoir plus d'une façon de traiter un problème médical.

Une conversation respectueuse avec le médecin traitant peut vous aider à clarifier la situation. Dans la plupart des cas, le médecin traitant devrait être celui qui discute de la qualité des soins directement avec le patient et qui divulgue tout événement indésirable. Parfois, il peut être nécessaire que vous communiquiez avec votre organisme de santé pour obtenir de l'aide.

Dois-je informer les patients lorsque quelque chose tourne mal?
Réponse
Les médecins ont une obligation déontologique, professionnelle et légale de divulguer tout événement indésirable. Même en l'absence de préjudice, par exemple dans le cas d'une échappée belle, il peut être obligatoire d'informer le patient.

Si le patient devait entendre parler de la situation d'une autre personne, cela pourrait l'affecter négativement et nuire de façon irréparable à votre relation avec lui.

Les discussions sur la divulgation doivent être documentées dans le dossier médical et l'information divulguée doit être communiquée à tous les membres de l'équipe soignante. Dans certains cas, il peut y avoir une obligation de signaler un événement indésirable ou une échappée belle.

Lorsque plusieurs médecins sont impliqués dans un événement indésirable, lequel devrait être responsable de le divulguer?
Contexte
Un rapport de radiographie pour un de mes patients révèle un résultat inattendu. J'appelle le patient pour qu'il vienne me voir, je l'informe du résultat et je le réexamine. Je ne découvre rien d'anormal et je communique avec le radiologiste. Le radiologiste me dit qu'il n'y a effectivement aucune anomalie, mais qu'un résident junior avait lu la radiographie et que le radiologiste n'avait pas passé son rapport en revue avant de le transmettre. Mon patient souffre d'un certain niveau d'anxiété depuis mon appel téléphonique. Je considère qu'il s'agit là d'un événement indésirable. Qui devrait être responsable de le divulguer au patient : serait-ce moi, le radiologiste ou le résident en radiologie?

Réponse
Dans de telles situations, c'est souvent l'omnipraticien qui amorce la discussion sur la divulgation compte tenu de la relation établie avec le patient. Si certaines questions demeurent sans réponse, il peut être nécessaire de faire participer le radiologiste à des rencontres subséquentes. Les résidents sont encouragés à assister aux discussions de divulgation, mais ne seraient typiquement pas ceux qui les dirigeraient.

Une discussion de divulgation devrait être tenue aussitôt que possible, une fois qu'un événement indésirable a été reconnu. Il importe d'identifier promptement le médecin qui sera responsable de communiquer avec le patient.


Professionnalisme

Puis-je prodiguer des traitements ou prescrire des médicaments à des membres de ma famille?
Contexte
Ma fille semble avoir une angine streptococcique. J'aimerais lui prescrire un antibiotique.

Réponse
Dans une telle situation, le lien affectif dans la relation parent-enfant risque de porter atteinte au bon jugement du médecin, sans que celui-ci en soit conscient. Pour cette raison, les médecins ne devraient généralement pas prodiguer de soins médicaux aux membres de leur famille immédiate.

Le Code de déontologie de l'AMC recommande aux médecins de « Limiter les traitements administrés aux membres de votre famille immédiate ou à vous-même aux services mineurs ou d'urgence, et uniquement lorsqu'un autre médecin n'est pas facilement disponible; ces traitements devraient être gratuits. » Le traitement des membres de sa famille, même occasionnel, pose problème parce que :

  • il est plus difficile d'être objectif
  • les services de soins deviennent souvent divisés (entre vous et le médecin de famille du patient, par exemple)
  • la confidentialité des renseignements risque d'être compromise
  • la tenue des dossiers médicaux est souvent inadéquate
  • le précédent peut créer des attentes chez d'autres membres de la famille.
Avant de prendre une décision, familiarisez-vous avec la politique de l'organisme de réglementation de la médecine (Collège) en ce qui a trait au traitement de membres de la famille. Vous pourrez ainsi éviter des situations délicates en communiquant clairement que vous avez comme politique de ne pas traiter les membres de votre famille, mais que vous pouvez les diriger vers un autre médecin.
Quels sont les aspects à considérer lorsque l'on traite un autre médecin?
Contexte
L'un des médecins de ma localité m'a demandé de l'accepter comme patiente, mais je ne suis pas convaincu que je devrais accepter.

Réponse
Il n'est pas inhabituel pour un médecin amené à traiter un collègue de formuler des hypothèses erronées, telles que :
  • les patients médecins connaissent les risques et les avantages des traitements; il est donc possible d'abréger ou d'éliminer la discussion entourant le consentement
  • les patients médecins peuvent assumer leurs propres soins
  • les patients médecins reconnaissent les complications et consultent eux-mêmes de façon appropriée
  • les patients médecins possèdent les mêmes connaissances des pathologies que vous-même
  • un nombre inférieur, ou supérieur, de demandes de consultations et d'investigations est requis pour les patients médecins par rapport aux autres patients
  • il est possible d'omettre certaines informations dans le dossier médical d'un médecin pour respecter le lien de confiance professionnelle
  • les dossiers médicaux ne sont pas toujours nécessaires

Il est recommandé de traiter un patient médecin comme vous le feriez pour tout autre patient. Selon l'étroitesse des liens que vous entretenez avec le médecin, il peut être nécessaire de faire preuve d'une plus grande vigilance que d'habitude à l'égard des limites à respecter.

Vous pouvez être tenu sur le plan déontologique ou légal de signaler l'état de santé (p. ex., incapacité mentale ou physique ou maladie infectieuse), ou le comportement d'un médecin (p. ex., inconduite sexuelle avec un ou une patient(e)). Il est important de connaître la politique de l'organisme de réglementation de la médecine (Collège) en ce qui a trait aux obligations de signalement de collègues médecins.

Existe-t-il une obligation de signaler un résident qui conduit en état d'ébriété?
Contexte
Je suis allée à une soirée tout récemment. Un résident d'un autre service était de toute évidence en état d'ébriété. À la fin de la soirée, il a décidé de prendre le volant pour rentrer chez lui malgré l'insistance de ses amis qui voulaient le raccompagner. Je me demande depuis ce que je devrais faire. teams.2.resource2.title=Les questions de délégation et de supervision liées aux étudiants en médecine et aux résidents

Réponse
Vous n'avez aucune obligation légale de signaler cette situation à la police ou au directeur du programme de résidence. Toutefois, si vous pensiez que le résident pouvait compromettre sa sécurité ou celle d'autrui sur la route, vous auriez pu appeler un taxi ou intervenir physiquement. Comme vous ne saviez pas s'il s'agissait d'un incident isolé, vous n'étiez pas en mesure d'évaluer si les habitudes de consommation de ce résident pouvaient affecter sa capacité à s'acquitter de ses obligations médicales. Étant donné que vous ne pouvez pas vous prononcer sur l'existence d'un risque de sécurité pour les patients, il n'est probablement pas approprié de faire rapport au directeur du programme des résidents.

Selon la relation professionnelle que vous entretenez avec ce résident, vous pouvez discuter avec lui de façon informelle de la situation et vous informer davantage de ses habitudes de consommation et des risques de préjudices qu'elles pourraient entraîner. Vous pouvez lui offrir du soutien et suggérer des ressources pour l'aider à changer ses habitudes.

Dois-je signaler un médecin qui est en état d'ébriété?
Réponse
Un seul épisode d'affaiblissement des facultés dans le cadre d'une situation non clinique qui ne représente pas un risque immédiat pour la sécurité des patients ne justifie probablement pas un signalement. Comme première étape, vous pourriez exprimer votre inquiétude directement auprès du médecin. Si vous pensez toutefois que les patients sont à risque, vous devriez immédiatement prendre des mesures pour les protéger en avisant le superviseur du médecin (p.ex., le chef du service).

Dans une situation grave, où les patients peuvent être à risque, vous devriez vérifier si vous avez une obligation déontologique ou légale de signaler votre collègue au Collège ou à l'établissement de santé. Vous devriez examiner la politique du Collège à l'égard de vos obligations de signalement et communiquer avec l'ACPM pour obtenir des conseils.

Le signalement d'un collègue peut avoir de graves conséquences professionnelles pour les deux médecins. Une telle situation peut aussi être stressante. Il est donc important de documenter le raisonnement étayant votre décision de signaler le médecin, ainsi que les mesures que vous avez prises en ce sens. Ce document devrait être conservé en sécurité.

Parfois, les habitudes de consommation d'un médecin, en ce qui concerne l'alcool par exemple, peuvent masquer un problème de santé mentale plus grave. Il peut être nécessaire que le médecin traitant de ce collègue ait une discussion avec lui, voire intervienne, ou encore lui demande d'aller consulter auprès du programme d'aide aux médecins.

Comment devrais-je répondre aux demandes de conseils médicaux dans le cadre d'une activité sociale?
Contexte
On me demande souvent des conseils médicaux lors de soirées ou d'autres activités sociales, et je ne suis pas sûre de la façon dont je devrais répondre.

Réponse
Lors de ces activités sociales, il est peu probable que vous disposiez de renseignements médicaux suffisants pour pouvoir prodiguer des conseils professionnels à la personne qui vous en fait la demande. Un médecin qui donne des conseils peut être tenu de respecter une norme de pratique pertinente.

Vous pouvez expliquer poliment à la personne qui vous questionne que, dans les circonstances, vous n'êtes pas en mesure de prodiguer des conseils médicaux, en soulignant l'importance pour elle d'obtenir des soins auprès de son omnipraticien ou d'un spécialiste qui aurait accès à ses antécédents médicaux. Il peut être utile d'expliquer les raisons déontologiques et juridiques pour lesquelles votre recommandation représente la meilleure ligne de conduite. Dans une situation où les symptômes semblent graves, il peut être approprié de lui recommander de se rendre rapidement à l'urgence ou dans une clinique. Dans une situation d'urgence, vous pourriez agir à titre de bon samaritain et poser les actes justifiés par les circonstances.

Comment dois-je communiquer le fait que je ne prescris pas d'opioïdes dans ma clinique?
Contexte
Mon patient insiste pour que je lui prescrive des narcotiques. Puis-je afficher un avis indiquant que je ne prescris pas d'opioïdes dans ma clinique?

Réponse
Les organismes de réglementation de la médecine (Collèges) ont des politiques et des lignes directrices cliniques sur la prescription des opioïdes, et ont clairement établi que les patients souffrant de douleur chronique ne peuvent se faire refuser par la pratique d'un médecin pour cette raison. Les médecins qui ne se sentent pas à l'aise à l'idée de traiter des patients souffrant de douleur chronique doivent trouver des ressources appropriées pour aider ces patients à obtenir des soins. Les médecins qui ne se sentent pas qualifiés pour traiter un patient en particulier devraient adresser ce patient à un autre médecin.

Une affiche précisant que vous ne prescrivez pas d'opioïdes risque d'être interprétée comme un refus d'apporter un soulagement nécessaire à certains patients. Vous devriez considérer au cas par cas la pertinence de prescrire des opioïdes pour les douleurs chroniques bénignes, tout en veillant à respecter les lignes directrices du Collège. Vous n'êtes toutefois pas obligé d'offrir des examens ou des traitements que vous jugez inappropriés compte tenu du problème du patient.

Si vous prescrivez des opioïdes, il est prudent de communiquer avec les autres professionnels du cercle de soins et de demeurer vigilant quant aux tendances d'utilisation suspecte, aux comportements toxicophiles et au vol de blocs d'ordonnances dans votre cabinet. Toutes ces situations pourraient constituer des indices de fraude en matière d'ordonnances.

La documentation diligente des indications du traitement et de la discussion entourant le consentement est importante pour pouvoir vous défendre en cas de problèmes médico-légaux liés à la prescription d'opioïdes.

Puis-je intervenir dans le traitement de membres de ma famille et, si oui, devrais-je en informer leur médecin?
Contexte
Ma mère fait de l'hypertension artérielle. Le tensiomètre qu'elle utilise à la maison n'indique aucune amélioration apportée par les médicaments prescrits par son médecin. Je pense qu'il faudrait changer ses médicaments pour quelque chose de plus puissant, mais je ne suis pas sûre de devoir en informer son médecin au préalable.

Réponse
Dans une telle situation, il serait souhaitable que vous fassiez part de vos observations au médecin de votre mère et que vous discutiez avec lui des recommandations de traitement.

La plupart des organismes de réglementation de la médecine (Collèges) ont établi des politiques qui déconseillent aux médecins de traiter les membres de leur propre famille ou de leur prescrire des médicaments, sauf dans les cas de problèmes mineurs ou dans des circonstances d'urgence. Le Code de déontologie de l'AMC recommande de « Limiter les traitements administrés aux membres de votre famille immédiate ou à vous-même aux services mineurs ou d'urgence, et uniquement lorsqu'un autre médecin n'est pas facilement disponible. »

Les médecins qui envisagent de traiter un membre de leur famille ou un ami devraient se demander si leur relation avec cette personne risque d'affecter leur capacité à prodiguer des soins appropriés. Si oui, il serait prudent de recommander cette personne à un autre médecin. Si vous choisissez de prodiguer un traitement vous-même, les soins et les raisons pour lesquelles vous les avez prodigués devraient être documentés.