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Médias sociaux


Partager de manière responsable

Constituer sa présence numérique

Votre présence ne se limite pas à votre personne. Comment est-ce que votre rôle en tant que médecin influe sur votre présence dans les médias sociaux? La société s'attend à ce que les médecins respectent les plus hautes normes en matière de professionnalisme. Ceci signifie que tout ce que vous publiez dans les médias sociaux, que ce soit dans la sphère personnelle ou la sphère professionnelle, comporte un risque de conséquences inattendues, tant pour vous-même que pour autrui.

Une image de l'effet domino démontre comment ce que vous publiez peut avoir un impact sur vos condisciples, la faculté de médecine, votre carrière, vos collègues, vos patients, votre employeur, voire votre profession.

Les médias sociaux offrent des possibilités et des solutions novatrices pour l'enseignement et la communication d'information. Toutefois, l'innovation n'est pas exempte de risques. En effet, les conséquences d'une conduite non professionnelle dans les médias sociaux sont souvent plus lourdes compte tenu de la portée (potentiel viral) et du caractère permanent (empreinte électronique ou numérique) de ce qui est publié. En effet, une fois que des commentaires, des images ou des vidéos sont publiés ou enregistrés, il est très difficile de les rétracter.

Identité numérique « volontaire » et « involontaire »

Vous portez la responsabilité de ce que vous publiez à titre personnel (votre identité numérique « volontaire »). Bien que vous ne puissiez complètement censurer ce qui a été publié par autrui à votre égard (votre identité numérique « involontaire »), vous pouvez toutefois surveiller régulièrement votre présence numérique. L'établissement dans les médias sociaux d'une identité professionnelle distincte de votre identité personnelle pourrait vous permettre de rediriger les utilisateurs vers votre profil professionnel dans la sphère publique. Vous pouvez aussi demander à vos amis de ne pas vous identifier dans les médias, par ex., dans des photos qui pourraient être perçues comme étant représentatives d'un comportement non professionnel.

Pseudonymes et faux-noms

Selon certains auteurs, les médecins peuvent se protéger dans les médias sociaux au moyen d'un faux-nom ou d'une adresse courriel pseudonymisée. Une telle mesure pourrait en effet minimiser l'accès à vos renseignements personnels dans les médias sociaux, mais ne vous donne toutefois pas carte blanche pour afficher un contenu non professionnel. En effet, il y aura toujours un risque d'être éventuellement identifié à titre d'auteur.

Médias sociaux : ce qui est conseillé

  • Utiliser les médias sociaux comme plateforme pour communiquer des informations et des ressources utiles
  • Maintenir des identités personnelle et professionnelle distinctes
  • Actualiser régulièrement vos paramètres de confidentialité
  • Limiter les distractions numériques lors de la prestation de soins cliniques.

Médias sociaux : ce qui est déconseillé

  • Porter atteinte à la vie privée des patients
  • Offrir des conseils médicaux personnalisés
  • Insulter ou dénigrer des collègues, des patients ou des établissements
  • Publier du contenu sans songer aux conséquences

Cas : Utilisation du téléphone intelligent au travail
Patiente âgée portant un masque à oxygène, couchée sur une civière

Contexte

Angela, une résidente de première année qui est de garde en chirurgie orthopédique, est appelée par téléavertisseur pour évaluer une patiente âgée présentant de la fièvre à la suite d'une arthroplastie de la hanche. La patiente n'a pas été évaluée depuis plusieurs heures et, à l'arrivée d'Angela, elle présente de l'hypotension et doit être transférée à l'unité des soins intensifs (USI).
Résidente qui consulte son téléphone intelligent

Plainte intrahospitalière

La famille dépose une plainte auprès de l'hôpital, alléguant que la mère n'a pas été évaluée assez promptement. Dans la lettre de plainte, la famille mentionne qu'Angela a été vue plusieurs fois en début de soirée, parlant de façon animée au téléphone, envoyant des textos, et semblant être indifférente à l'égard de ses responsabilités.

Résultat

Angela est tenue de rencontrer le directeur du programme d'études postdoctorales, et de rédiger un texte de réflexion sur la façon dont les distractions numériques auraient pu entraîner de résultats beaucoup plus graves pour la patiente. L'hôpital songe à élaborer, à l'intention de ses employés, une politique sur l'utilisation des téléphones intelligents.

Pistes de réflexion

À quelle fréquence consultez-vous des textos, courriels ou médias sociaux au cours d'une journée? Est-ce que la fréquence à laquelle vous utilisez votre téléphone intelligent risque de détourner votre attention de vos responsabilités?
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Cas : Bloguer au sujet des patients
Homme fâché devant son ordinateur

Contexte

Gérard, un urgentologue travaillant dans une petite ville, publie des commentaires sur sa page Facebook personnelle et sécurisée au sujet d'une journée de travail particulièrement éprouvante. Il se dit exaspéré par des « bons à rien pharmacodépendants » qui sont le « fléau de la société », qui monopolisent les ressources au détriment des autres patients ayant de « vrais besoins ».
Jeune couple choqué par ce qu'il voit sur un ordinateur portatif

Plainte auprès du Collège

Gérard reçoit de l'organisme provincial de réglementation (Collège) un avis d'une plainte déposée par le parent d'un patient qu'il a vu au service d'urgence le jour où il a publié ces commentaires dans Facebook. Cette personne signale que le commentaire lui a été transmis par un ami, un omnipraticien qui fait partie des contacts de Gérard dans Facebook.

Résultat

Le comité des plaintes trouve inquiétants les commentaires non professionnels de Gérard, et l'impact qu'ils risquent d'avoir sur la profession. Gérard reçoit une admonestation verbale et le Collège lui impose d'assister à un cours d'une journée sur le professionnalisme.

Pistes de réflexion

Les commentaires que vous publiez portent-ils atteinte à la vie privée d'autrui ou à vos obligations professionnelles? Est-ce que ces commentaires reflètent ce que vous auriez dit en personne à des patients ou à d'autres personnes? Quelle est la probabilité que vous considériez toujours les choses du même œil le lendemain, une fois vos commentaires lus par d'autres personnes?
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Pour en savoir plus sur les questions de respect de la vie privée dans les médias sociaux, consultez la section sur La communication électronique.